Le pont, d'apparence fort peu chinoise, que représentent nos gravures a
été lancé dernièrement sur le fleuve Jaune. Le chemin de fer de Péking à
Hankow se trouve ainsi terminé, et ses 250 derniers kilomètres seront
livrés à l'exploitation à la fin de septembre, complétant une ligne de
1.250 kilomètres, soit, à peu près, la distance de Paris à Gênes.
Ce pont mesure une longueur totale de 3.010 mètres. Il comprend 50
travées de 31 mètres et 52 travées de 21 mètres. Les fondations des
piles sont faites en pieux à vis enfoncés, en moyenne, de 16 mètres dans
le sable. (Le pieu à vis est un tube métallique extérieurement muni
d'ailettes que l'on enfonce par rotation dans les terrains sablonneux où
son emploi est préféré à celui de l'antique pilotis enfoncé par
battage.) La fourniture métallique a été partagée entre l'industrie
française et l'industrie belge. Les chantiers, éclairés à l'électricité,
étaient en activité jour et nuit.
La «FLÈCHE DE LARD» DE DUMNOW.
Voici, certes, l'une des fêtes locales les plus curieuses qui existent
en Angleterre: à Dumnow, un usage, d'une très ancienne origine, veut
que, chaque année, l'on décerne la «flèche de lard» à ceux des ménages
concurrents qui n'ont jamais eu de dispute depuis le mariage et qui,
depuis un an et un jour, n'ont pas pensé de mal l'un de l'autre.
Le jugement qui prononce sur les mérites des candidats est rendu, dans
une cour d'amour, par un juge en robe rouge, assisté de six jeunes gens
et de six jeunes filles, après plaidoiries contradictoires de l'avocat
des candidats et de l'avocat du lard. Le mois dernier, la cour de Dumnow
a décerné deux flèches, la première au pasteur Jenkins et à Mrs. Jenkins;
la seconde aux époux Noakes, de Ludlow.
Détail curieux: le révérend Jenkins, l'un des heureux bénéficiaires de
la «flèche de lard», était végétarien.