LES ASSASSINS DU COMMANDANT DE CUVERVILLE.

Le mystère qui enveloppait la mort du malheureux commandant de

Cuverville, notre attaché naval à l'ambassade de Saint-Pétersbourg,

envoyé à Port-Arthur pour y suivre les opérations de guerre, s'est

éclairci à la suite de l'arrestation de trois de ses assassins.

On se rappelle que le commandant de Cuverville avait quitté, le 17 août

1904, la place assiégée, en compagnie de l'attaché naval allemand, M. de

Gilgenheim, et d'un officier lusse. Ils s'étaient embarqués à la baie du

Pigeon à destination de Tché-Fou, sur une jonque chinoise qui battait

pavillon français. Jamais ils n'arrivèrent au port, et toutes les

recherches faites pour les retrouver, aussi bien par la marine allemande

que par la marine française, demeurèrent infructueuses. En janvier

suivant seulement, les autorités chinoises signalèrent qu'elles avaient

mis la main sur la jonque que montaient les disparus. Elles firent

arrêter le patron de cette embarcation et deux des hommes de l'équipage;

deux autres ont jusqu'ici échappé à toutes les poursuites. Emprisonnés

d'abord à Tché-Fou, puis à Fu-San-Chien, le centre judiciaire auquel

ressortit Tché-Fou, le patron Yuc-Chich-Yen et les deux matelots

Chang-Yen-Ga et Li-Chang-Fat, savamment bâtonnés et torturés, ont fini

par confesser leur crime: les trois officiers furent tués à coups de

hache pendant leur sommeil et leurs cadavres jetés à la mer. Après quoi,

on se partagea ce qu'ils avaient. Quelques-uns de leurs bijoux ont été

retrouvés. Mais l'enquête se poursuit encore, les trois assassins

n'avouant la vérité que par bribes. Et puis, des accusations graves ont

été portées contre les Japonais. On s'efforce de faire sur ce point la

lumière.

L'Illustration, No. 3262, 2 Septembre 1905 · 第 14 / 26 题