Depuis le commencement de la guerre russo-japonaise, nous avons publié
de nombreuses gravures initiant nos lecteurs au fonctionnement des
ambulances nippones dans les diverses phases d'une bataille. On sait que
l'organisation de ce service a provoqué l'admiration de tous les
officiers européens.
[Illustration: LA CROIX-ROUGE AU JAPON.--Princesses japonaises apprenant
à panser les blessés.]
Au Japon même, on a surtout remarqué le rôle des femmes. Toutes se sont
affiliées à la Croix-Rouge et, non contentes de travailler pour les
soldats tombés en Mandchourie, les plus grandes dames ont tenu, comme
leurs soeurs des autres pays en pareille circonstance, à soigner
elles-mêmes les blessés des deux nations qui avaient été ramenés dans
l'empire du mikado. En Russie, d'ailleurs, on avait constaté le même
élan et, au début des hostilités, nous avons montré l'impératrice
présidant elle-même l'ouvroir des dames de Saint-Pétersbourg.
La gravure que nous donnons aujourd'hui traduit, avec une éloquente et
gracieuse simplicité, cet état d'âme des nobles japonaises. Dans un coin
de parc, les princesses Nashimoto et Yorihito ont fait apporter un
mannequin spécialement construit pour cet usage. Sous les yeux de la
baronne Sannomiya, Anglaise d'origine, directrice de la Croix-Rouge,
guidées par un vénérable docteur de leur pays, elles apprennent à panser
les blessures que font les balles et les shrapnells. Et la grâce du
tableau forme un contraste saisissant avec les scènes de tuerie qu'il
évoque.
[Illustration: Les dvorniks (concierges) lisant le journal devant leur
porte.]
[Illustration: Les izvosztchiks (cochers de fiacre) le lisant sur leur
siège.]
[Illustration: Vendeur de journaux devant un tramway.]
[Illustration: Sur les bancs des promenades publiques.]
ASPECT DE MOSCOU, LE 19 AOUT, JOUR DE LA PUBLICATION DE L'OUKASE CRÉANT
UNE ASSEMBLÉE NATIONALE
DEUX GRANDS ÉVÉNEMENTS EN RUSSIE: L'ASSEMBLÉE NATIONALE ET LA PAIX AVEC
LE JAPON
[Illustration: LA LECTURE DES JOURNAUX DANS LE PEUPLE _Photographie
prise à Moscou, sur un marché aux fruits, par notre correspondant._]
Nous avons montré plus haut quelle impression avait produite, à Moscou,
la publication du manifeste impérial annonçant l'institution d'une
assemblée nationale, avec quel empressement on s'était jeté sur les
feuilles où était reproduit ce document historique, et quel spectacle,
assez inusité, avait offert toute une journée l'ancienne capitale des
tsars, avec cette multitude de gens pressés de lire la proclamation
impériale depuis si longtemps attendue. A quelques jours de là, un autre
événement, non moins grand, non moins désiré, la conclusion de la paix
avec le Japon, allait donner aux journaux russes l'occasion d'un gros
tirage,--fait rare dans leurs annales. Et l'on put revoir, au seuil des
maisons, aux carrefours, dans les petits marchés que tiennent, de place
en place, les marchands ambulants, les mêmes scènes se reproduire, et
les «lettrés» déchiffrant pour leurs camarades ignorants les gazettes,
et leur apprenant, d'une Voix souvent mal assurée, l'émouvante nouvelle
après laquelle soupirait depuis des mois la Russie entière.
[Illustration: L'éclipse à 1 h. 9 (ciel couvert).]
[Illustration: L'éclipse à 1 h. 15 (ciel dégagé).]
[Illustration: Boulevard des Italiens, sur un toit: le photographe
Gerschell prenant les deux images de l'éclipse.]
[Illustration: Observation du phénomène réfléchi dans un seau.]
[Illustration: Les agents en observation.]
[Illustration: A travers son parapluie.]
Les photographies scientifiques prises par les astronomes en Espagne ou
en Tunisie, dans les régions de l'éclipse totale, n'ont pu nous parvenir
encore. Mais nous pouvons du moins enregistrer, dès cette semaine, le
succès de curiosité qu'a obtenu à Paris même l'éclipse partielle, dont
toute la France a dû se contenter. C'était à l'heure du déjeuner, et les
quartiers ouvriers, avec le va-et-vient qui les anime à ce moment, comme
les boulevards et les rues du centre, où les flâneurs semblaient s'être
donné rendez-vous avec les employés et les «midinettes» échappées de
leurs, ateliers, ont présenté le spectacle le plus original. Les nuages
s'étant écartés à la minute voulue, vers une heure, chacun cherchait à
voir de son mieux le phénomène à sa façon, d'après les recettes de son
journal, qui à travers de vieux clichés photographiques ou des verres
fumés à la flamme d'une bougie et qui noircissaient les doigts, qui par
des trous d'épingle percés au fond de son chapeau ou au travers d'une
feuille de carton, tel fantaisiste ingénieux enfin à travers l'étoffe
mince de son parapluie. Dans les restaurants soudain vidés, les tables
demeuraient désertes. Mille petites scènes amusantes s'offraient, le
long du trottoir, à l'observateur. Ce sont quelques-unes d'entre elles
que _L'Illustration_, grâce à l'ubiquité et à la rapidité de ses
services photographiques, peut offrir ici à ses lecteurs.
[Illustration: Contre la balustrade du Métro, place de l'Opéra.]
[Illustration: Les balcons de la mode, rue de la Paix.]
[Illustration: Par un trou de son chapeau.]
[Illustration: Les midinettes, rue de la Paix.]
[Illustration: Un observateur attentif.]
[Illustration: L'ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 30 AOUT, A PARIS.]
[Illustration: M. Alexandre Bérard, sous-secrétaire d'État, dans son
cabinet de travail, avec M. Pierre Jouhannaud, son chef de cabinet.]