Till. Théod. art. 65 et note 46.]

Il y avait, à quelques lieues de Chalcédoine, dans un bourg nommé

Cosilas, une relique célèbre qu'on croyait être le chef de saint

Jean-Baptiste. Elle y avait été transférée du temps de Valens, qui

voulait la faire apporter à Constantinople. Mais on raconte que les

mules qui traînaient le chariot, avaient refusé d'aller plus loin,

quelque effort qu'on employât pour les faire avancer jusqu'au rivage

du Bosphore. Théodose s'étant transporté en personne sur le lieu,

ne voulut pas user d'autorité pour enlever ce pieux trésor; il eut

beaucoup de peine à l'obtenir par prières de ceux qui le gardaient; et

sans éprouver d'autres difficultés, l'ayant enveloppé de sa pourpre,

il le porta lui-même à Chalcédoine, où il le laissa en dépôt jusqu'à ce

qu'il eût fait bâtir en l'honneur du saint Précurseur, une magnifique

église à Constantinople dans le faubourg de l'Hebdome. Rufin fut chargé

de la construction de cet édifice, et dès qu'il fut achevé, Théodose y

exposa cette sainte relique à la vénération des fidèles. Selon Ducange,

c'est le même chef de saint Jean qu'on révère aujourd'hui dans l'église

cathédrale d'Amiens, où il fut transféré de Constantinople en 1206. M.

de Tillemont apporte plusieurs raisons pour prouver que c'est le chef

d'un autre saint, et non celui de saint Jean-Baptiste.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 376 / 388 题