Il y avait, à quelques lieues de Chalcédoine, dans un bourg nommé
Cosilas, une relique célèbre qu'on croyait être le chef de saint
Jean-Baptiste. Elle y avait été transférée du temps de Valens, qui
voulait la faire apporter à Constantinople. Mais on raconte que les
mules qui traînaient le chariot, avaient refusé d'aller plus loin,
quelque effort qu'on employât pour les faire avancer jusqu'au rivage
du Bosphore. Théodose s'étant transporté en personne sur le lieu,
ne voulut pas user d'autorité pour enlever ce pieux trésor; il eut
beaucoup de peine à l'obtenir par prières de ceux qui le gardaient; et
sans éprouver d'autres difficultés, l'ayant enveloppé de sa pourpre,
il le porta lui-même à Chalcédoine, où il le laissa en dépôt jusqu'à ce
qu'il eût fait bâtir en l'honneur du saint Précurseur, une magnifique
église à Constantinople dans le faubourg de l'Hebdome. Rufin fut chargé
de la construction de cet édifice, et dès qu'il fut achevé, Théodose y
exposa cette sainte relique à la vénération des fidèles. Selon Ducange,
c'est le même chef de saint Jean qu'on révère aujourd'hui dans l'église
cathédrale d'Amiens, où il fut transféré de Constantinople en 1206. M.
de Tillemont apporte plusieurs raisons pour prouver que c'est le chef
d'un autre saint, et non celui de saint Jean-Baptiste.