Théodose étant arrivé à Constantinople le 10 de novembre, s'appliqua
plus que jamais à rendre ses sujets heureux. Accessible aux plus
petits, affable, libéral, il prévenait même les demandes. Il
travaillait à éteindre les hérésies, mais avec un esprit de modération,
ménageant la personne des hérétiques, en même temps qu'il proscrivait
leurs erreurs. Aussi religieux que ferme et prudent, il honorait sans
faiblesse les ministres sacrés; il distinguait leurs passions de leur
caractère, il les écoutait sans se laisser conduire aveuglément. Il
fit bâtir des églises, il en embellit d'autres; et partout brillait
sa magnificence. Ce fut alors qu'il décora la principale porte de
Constantinople, qui fut pour cette raison appelée depuis ce temps la
porte dorée. Il en fit un arc de triomphe et un monument de sa victoire
sur Maxime. Cette porte, située au midi, donnait entrée dans la grande
rue qui traversait toute la ville jusqu'au Bosphore. Ce fut par là que
les empereurs firent dans la suite leur entrée solennelle. On plaça
au-dessus la statue de Théodose, une victoire et une croix. La porte
fut ornée de colonnes et revêtue de marbre: c'était des bas-reliefs
antiques, où les travaux d'Hercule et d'autres sujets de la fable
étaient traités avec beaucoup d'art. Pierre Gilles, savant voyageur du
seizième siècle, en admirait encore les précieux restes, qui s'étaient
conservés malgré la barbarie des Turcs, destructeurs des anciens
monuments.
[Note latérale: L.
Église de S. Jean-Baptiste.
Soz. l. 7, c. 21 et 24.
Prosp. chr.
Chron. Alex. p. 305.
Ducange, Constant. l. 4, p. 100.