L'année suivante est mémorable par un de ces événements, dont
l'histoire a pris soin de conserver tous les détails pour l'instruction
des princes et des peuples. C'est la sédition d'Antioche. On connaît
les causes qui la firent naître, la manière dont elle s'alluma, les
excès auxquels elle se porta, les effets qu'elle produisit, la conduite
des magistrats dans la punition, et celle de Théodose dans le pardon
des coupables. Valentinien était consul pour la quatrième fois avec
l'historien Eutrope, lorsqu'une première étincelle de sédition éclata
dans Alexandrie. Le peuple assemblé au théâtre se souleva contre les
magistrats: on les accabla d'injures, sans épargner la personne même
des empereurs; on porta l'audace jusqu'à demander Maxime pour maître:
on l'appelait à grand cris; on souhaitait qu'il voulût accepter la
souveraineté de l'Égypte. Cette émeute excitée en un moment, passa
aussi rapidement qu'un orage. Rien n'était plus ordinaire au peuple
d'Alexandrie: rarement cette multitude légère et turbulente se voyait
réunie dans le théâtre sans insulter les magistrats. La chose était
tellement passée en coutume, que le gouvernement n'y faisait nulle
attention.
[Note latérale: XVII.
Nouvel impôt.
Liban. or. 21, t. 2, p. 526.
Idat. fast.
Marcel. Chr.
Pagi ad Baron.