Les vainqueurs, après avoir détruit et enseveli dans les eaux l'armée
ennemie, passent à l'autre rive, ils s'emparent des bagages, et mettent
aux fers les femmes, les enfants, et tous ceux qui n'avaient pas trouvé
place dans les canots. Théodose qui, sur le premier avis de Promotus,
était parti de Constantinople, arrive en ce moment. Il vient trop
tard pour vaincre, mais assez tôt pour sauver les vaincus. Il juge de
l'importance de la victoire par la quantité de butin et par le nombre
des prisonniers. Il leur fait rendre la liberté et leurs dépouilles;
il y ajoute même des libéralités; et par cette généreuse clémence, il
les change en sujets affectionnés. Il reçoit dans ses troupes ceux
qui sont en état de porter les armes, et donne aux autres des terres
à cultiver[635]. Il laisse Promotus dans la Thrace pour garder la
frontière.
[Note 635: Il paraît, d'après des vers de Claudien (_in Eutrop._
l. 2, v. 153 et seq.) cités ci-devant pag. 320, not. 3, que les
établissements qu'on leur donna étaient situés dans la Phrygie.--S.-M.]
[Note latérale: XII.