Les ordonnances de Théodose s'accordaient mieux avec la pureté de sa
foi. Il n'avait pas porté les derniers coups à l'idolâtrie; et dans
chaque province subsistait encore un pontife supérieur, qui était
chargé de la police de toute la religion païenne. Ce titre, regardé
comme très-honorable, était conféré aux personnes les plus distinguées
de l'ordre municipal: on le donnait quelquefois à des chrétiens
malgré eux; d'autres, moins scrupuleux que Gratien, allaient jusqu'à
le rechercher. L'ambition, qui sait plier la conscience au gré de
ses désirs, leur persuadait que cette dignité n'exigeant aucun acte
particulier d'idolâtrie, n'était pas incompatible avec leur religion.
Théodose, mieux instruit des obligations du christianisme, ne voulut
pas à la vérité abolir cette fonction; l'ordre public la rendait
nécessaire tant que le paganisme subsisterait, mais il défendit aux
païens d'y contraindre les chrétiens, et à ceux-ci de l'accepter[628].
[Note 628: Ce fut en vertu d'une loi rendue à Constantinople, le 16
juin de l'an 386.--S.-M.]
[Note latérale: IX.
Guerre des Gruthonges.
Claud. in 4º Cons. Honor. v. 254 et seq.
Symm. l. 3, ep. 74 et seq.
Zos. l. 4, c. 38, 39 et 40.
Idat. fast. et Chron.