Mos. Chor. l. 3, c. 41.]]

--[Théodose recouvrit dans la même année le pouvoir que ses

prédécesseurs avaient eu en Arménie. Il s'était empressé d'accueillir

la prière que Manuel lui avait adressée en mourant[592], et il avait

accordé sa protection aux deux fils du roi Para, dans le temps même où

les ambassadeurs persans qui étaient à Constantinople, le pressaient

de conclure une paix durable entre les deux empires. Les Perses

cherchaient alors à profiter de la mort de Manuel, et ils faisaient

quelques entreprises sur les frontières de l'Arménie, pour tâcher

de reconquérir ce royaume ou au moins pour le faire rentrer dans

leur alliance. La démarche de Théodose ne fut pas propre à amener

la conclusion des négociations. L'empereur crut qu'en laissant les

deux frères sur le trône, il aurait une garantie plus forte de leur

fidélité; il pensait qu'ils ne pourraient songer tous deux à la fois

à se soustraire de son obéissance. Il garda cependant près de lui

comme ôtage la reine leur mère, et il envoya en Arménie une armée

commandée par des officiers d'une fidélité éprouvée; leur présence

était nécessaire, car les seigneurs arméniens soutenaient contre les

Perses une guerre sérieuse, qui cessa ou qui se ralentit lorsqu'on

apprit l'arrivée des troupes impériales. Le trône d'Arménie ne fut pas

long-temps partagé; Valarsace mourut au bout d'un an, laissant à son

frère la totalité d'un empire, dont la moitié était déja pour lui

un fardeau trop pesant. Arsace perdit aussi son épouse Vartandokht,

fille de son tuteur; et il ne tarda pas d'épouser la fille de Babik,

prince de Siounie[593], qui était mort dans la bataille où l'apostat

Méroujan avait perdu la vie. Cet état de choses se maintint pendant

quelques années, mais la jeunesse, la faiblesse et l'inexpérience

d'Arsace amenèrent bientôt, comme on le verra en son lieu, la ruine de

l'Arménie.--S.-M.]

[Note 592: Voyez ci-dev., § 24, p. 274. La régence de Manuel, qui

fut de sept années selon le témoignage formel de Faustus de Byzance,

auteur contemporain, a été entièrement passée sous silence par Moïse

de Khoren, dans son Histoire d'Arménie. Cette omission jette une

grande obscurité dans la narration de cet écrivain, et trouble toute

sa chronologie, qui ne peut plus s'accorder avec les annales de

l'empire.--S.-M.]

[Note 593: Voyez ci-dev. p. 162, liv. XX, § 47. et p. 272, l. XXII,

§ 22.--S.-M.]

[Note latérale: XXIX.

Mort de Prétextatus.

Symm. l. 1. ep. 40, 47; l. 2, ep. 36; l. 10, ep. 23, 24, 25, 34 et 37.

Macrob. sat. l. 1, c. 1, 2, 6, 7, 17.

Socr. l. 5, c. 11.

Soz. l. 7, c. 13.

Hieron. ep. 23, t. 1, p. 124.

Grut. inscr. p. 309; nº 2, 3 et 4, p. 310, nº 1; p. 486, nº 3, et p.

1102, nº 2.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 214 / 388 题