Hier. ep. 123, t. 1, p. 901.]

Peu de temps après l'arrivée des ambassadeurs de Perse, le 9 septembre,

il naquit un second fils à Théodose. L'empereur le nomma Honorius[583],

en mémoire de son frère, qu'il avait tendrement aimé. Il lui donna,

dès sa naissance, le titre de Nobilissime, et le désigna consul

pour l'année 386. Il n'y avait eu jusqu'alors que quatre préteurs à

Constantinople: Théodose en doubla le nombre[584]; mais il ordonna

en même temps que deux préteurs ensemble ne feraient, pour les jeux

publics, que la même dépense, à laquelle un seul individu avait été

auparavant obligé. Les magistrats se ruinaient souvent, soit par les

largesses qu'il était d'usage de faire, et qu'ils portaient à l'excès;

soit par la magnificence dont ils se piquaient dans les spectacles

qu'il donnaient au peuple; l'empereur mit un frein à une vanité si

nuisible aux familles, en réglant ces dépenses[585]. Valentinien venait

d'en faire autant pour l'Occident; et les deux princes avaient, par ces

lois, répondu aux désirs des deux sénats de Rome et de Constantinople,

qui gémissant de ces abus auxquels leurs membres étaient forcés de

s'assujettir, en avaient proposé la réforme; mais comme les plus sages

réglements deviennent trop souvent inutiles par les dispenses que la

faveur obtient pour y contrevenir, Théodose déclara par une loi[586],

que quiconque demanderait au prince un rescrit pour avoir la liberté

de violer un décret du sénat, serait noté d'infamie et puni par la

confiscation du tiers de son patrimoine. Il étendit sa générosité

jusque sur l'empire d'Occident. Il honorait Symmaque et le comblait de

présents. Il fit conduire à Rome des chevaux et des éléphants pour les

jeux du cirque. Le blé d'Afrique, n'ayant pu arriver à cause des vents

contraires, Rome était menacée de la famine, lorsqu'elle reçut avec

une joie incroyable un grand convoi de blé que Théodose y envoyait de

Macédoine. Le sénat lui marqua sa reconnaissance de tant de bienfaits,

par une statue équestre qu'il fit dresser en l'honneur de Théodose le

père. Rome, qui depuis long-temps avait perdu l'habitude de voir des

triomphes, en vit un vers ce temps-là d'une espèce toute nouvelle, et

aussi frivole que Rome elle-même l'était devenue en comparaison de ce

qu'elle avait été autrefois. Un homme du peuple ayant déjà enterré

vingt femmes, en épousa une qui avait rendu le même office à vingt-deux

maris. On attendait avec impatience la fin de ce nouveau mariage, comme

on attend l'issue d'un combat entre deux athlètes célèbres; enfin, la

femme mourut, et le mari, la couronne sur la tête et une palme à la

main, ainsi qu'un vainqueur, conduisit la pompe funèbre, au milieu des

acclamations d'une populace innombrable. Saint Jérôme rapporte ce fait,

dont il fut témoin oculaire.

[Note 583:

.................... Nec carior olim

Mutua Ledœos devinxit cura Laconas.

Addidit et proprio germana vocabula nato;

Quaque datur, fratris speciem sibi reddit adempti.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 210 / 388 题