Théodose ne se reposait pas tellement sur le zèle et la vigilance
d'Arsène, qu'il ne prît lui-même toutes les occasions d'inspirer à son
fils les vertus nécessaires aux princes. Il l'accoutumait de bonne
heure aux actions de bonté et de clémence. On conduisait un jour à la
mort des criminels qui avaient outragé par leurs discours la majesté
impériale. Flaccilla, toujours prompte à secourir les malheureux, en
donna avis à son mari. Il se plaignit qu'on ne l'eût pas averti avant
la condamnation, pour leur épargner même la vue du supplice, et leur
envoya sur-le-champ leur grâce, après l'avoir fait signer par Arcadius.
Théodose dont le caractère avait beaucoup de rapport à celui de Titus,
lui ressemblait surtout par le mépris qu'il faisait des injures.
Rassuré par sa propre conscience, il n'en croyait pas mériter de
véritables, et il avait l'âme trop élevée pour s'abaisser à écouter
celles qui n'avaient aucun fondement. Il déclara quelques années après
à tout l'empire ce sentiment généreux, par une loi dans laquelle il
défend aux juges de punir les paroles qui n'attaquent que sa personne:
_Car_, dit-il, _si elles procèdent de légèreté, elles sont méprisables;
si elles viennent de folie, elles ne méritent que notre pitié; si elles
sont produites par le dessein de nous faire outrage, nous devons les
pardonner_. En conséquence, il lie les mains aux magistrats sur cet
article, et leur ordonne de lui renvoyer la connaissance de ce crime,
afin qu'il puisse juger par la qualité des personnes, si le délit
mérite d'être éclairci ou d'être oublié.
[Note latérale: XI.
Barbares vaincus en Orient.
Pacat. paneg. § 22.
Procop. bel. Pers. l. 1, c. 3.
Till. Théod. art. 14.