Till. vie de S. Damase, art. 12.]

La faveur que Théodose accordait à saint Grégoire et l'affection

des catholiques ne mettaient ce prélat à couvert ni des attentats

des hérétiques, ni des sourdes intrigues de Maxime. Cet hypocrite

n'ayant pu séduire l'empereur, était retourné à Alexandrie. Loin de

s'y tenir en repos, il força Pierre, évêque de cette ville, prélat

bien intentionné, mais faible et timide, de lui donner des lettres de

communion et de le reconnaître pour légitime évêque de Constantinople.

Il menaçait de le déposséder lui-même. Le préfet d'Égypte craignant les

suites d'une audace si déterminée, l'obligea de sortir de la province.

Mais Maxime, muni du témoignage de Pierre, passa en Italie et vint

à bout d'en imposer à tout l'Occident. Damase était lui-même alors

vivement attaqué par les calomnies de l'anti-pape Ursinus, qui, relégué

à Cologne, tâchait inutilement de s'accréditer auprès de Gratien.

Le pape ne fut pas instruit par son propre exemple; il ne fit pas

réflexion que la révolte de Maxime contre ce saint prélat ressemblait

à celle d'Ursinus contre lui-même. Il se laissa tromper, et mit les

évêques d'Occident dans les intérêts de l'imposteur. Grégoire avait

encore d'autres assauts à soutenir dans Constantinople. Les hérétiques

se vengeaient sur lui de leur disgrace; ils avaient porté la hardiesse

jusqu'à lui jeter des pierres pendant qu'il prêchait au peuple dans

l'église des Saints-Apôtres. Sa pauvreté évangélique, la simplicité de

ses habits, son visage mortifié et atténué par les jeûnes, son corps

courbé d'austérités et de vieillesse, son extérieur peu avantageux,

opposé au faste et à la magnificence des autres évêques, le rendaient

un objet de mépris. Comme s'il eût été lui-même d'intelligence avec

ses ennemis, il ne songeait qu'à quitter le siége épiscopal. Son

dessein fut découvert: les catholiques alarmés s'assemblent aussitôt;

on le supplie de ne pas abandonner son peuple; on le force d'en donner

sa parole. Il promet de demeurer jusqu'à l'arrivée des prélats qui

devaient incessamment tenir un concile à Constantinople, et qu'il

espérait engager à nommer un autre évêque.

[Note latérale: XXIII.

Concile de C. P. où S. Grégoire est confirmé dans l'épiscopat.

Greg. Naz. carm. de vita sua, t. 2, p. 30 et seq.

Socr. l. 5, c. 8.

Theod. l. 5, c. 8.

Prosp. chr.

Marcel. chr.

Chron. Alex. p. 304.

Zon. l. 13 t. 2, p. 36.

Pagi ad Baron.

Hermant, vie de S. Grég. l. 9, c. 18.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 157 / 388 题