La faveur que Théodose accordait à saint Grégoire et l'affection
des catholiques ne mettaient ce prélat à couvert ni des attentats
des hérétiques, ni des sourdes intrigues de Maxime. Cet hypocrite
n'ayant pu séduire l'empereur, était retourné à Alexandrie. Loin de
s'y tenir en repos, il força Pierre, évêque de cette ville, prélat
bien intentionné, mais faible et timide, de lui donner des lettres de
communion et de le reconnaître pour légitime évêque de Constantinople.
Il menaçait de le déposséder lui-même. Le préfet d'Égypte craignant les
suites d'une audace si déterminée, l'obligea de sortir de la province.
Mais Maxime, muni du témoignage de Pierre, passa en Italie et vint
à bout d'en imposer à tout l'Occident. Damase était lui-même alors
vivement attaqué par les calomnies de l'anti-pape Ursinus, qui, relégué
à Cologne, tâchait inutilement de s'accréditer auprès de Gratien.
Le pape ne fut pas instruit par son propre exemple; il ne fit pas
réflexion que la révolte de Maxime contre ce saint prélat ressemblait
à celle d'Ursinus contre lui-même. Il se laissa tromper, et mit les
évêques d'Occident dans les intérêts de l'imposteur. Grégoire avait
encore d'autres assauts à soutenir dans Constantinople. Les hérétiques
se vengeaient sur lui de leur disgrace; ils avaient porté la hardiesse
jusqu'à lui jeter des pierres pendant qu'il prêchait au peuple dans
l'église des Saints-Apôtres. Sa pauvreté évangélique, la simplicité de
ses habits, son visage mortifié et atténué par les jeûnes, son corps
courbé d'austérités et de vieillesse, son extérieur peu avantageux,
opposé au faste et à la magnificence des autres évêques, le rendaient
un objet de mépris. Comme s'il eût été lui-même d'intelligence avec
ses ennemis, il ne songeait qu'à quitter le siége épiscopal. Son
dessein fut découvert: les catholiques alarmés s'assemblent aussitôt;
on le supplie de ne pas abandonner son peuple; on le force d'en donner
sa parole. Il promet de demeurer jusqu'à l'arrivée des prélats qui
devaient incessamment tenir un concile à Constantinople, et qu'il
espérait engager à nommer un autre évêque.
[Note latérale: XXIII.
Concile de C. P. où S. Grégoire est confirmé dans l'épiscopat.
Greg. Naz. carm. de vita sua, t. 2, p. 30 et seq.
Socr. l. 5, c. 8.
Theod. l. 5, c. 8.
Prosp. chr.
Marcel. chr.
Chron. Alex. p. 304.
Zon. l. 13 t. 2, p. 36.
Pagi ad Baron.
Hermant, vie de S. Grég. l. 9, c. 18.