Till. Arian. art. 136 et vie de S. Melèce, art 14.]

Après avoir dépouillé les ariens des églises de Constantinople,

il déclara par une loi datée du 10 janvier[436], sous le consulat

d'Euchérius et de Syagrius, qu'il ne serait permis à nulle secte

hérétique, et nommément aux Photiniens, aux Ariens, aux Eunomiens, de

tenir leurs assemblées dans l'enceinte d'aucune ville; qu'on n'aurait

nul égard aux rescrits impériaux qu'ils pourraient surprendre en leur

faveur; que la foi de Nicée serait seule publiquement professée; que

les évêques orthodoxes seraient dans toute l'étendue de l'empire remis

en possession des églises, et que si les hérétiques formaient quelque

entreprise séditieuse pour s'y maintenir, ils seraient eux-mêmes

chassés des villes sans espérance de retour. Cette loi ne leur ôtait

que les églises des villes. On voit en effet que dans ce même temps

les Ariens obtinrent hors de Constantinople, l'église de Saint-Mocius,

qui tombait en ruine: ils la réparèrent; elle tomba sept ans après,

lorsqu'ils y étaient assemblés, et en écrasa un grand nombre. Elle ne

fut rebâtie que sous Justinien. Sapor, un des plus illustres généraux

de Théodose, fut chargé de faire exécuter cette loi dans toutes les

provinces. Il n'eut pas de peine à y rétablir la paix, excepté dans

Antioche. Il en chassa Vitalis, évêque des Apollinaristes, qui avaient

formé une secte séparée en 376; mais le peuple catholique était

lui-même divisé entre deux évêques orthodoxes, Paulin et Mélétius.

Celui-ci, pour rétablir la concorde, offrait de partager l'épiscopat

avec Paulin, à condition qu'on ne nommerait point de successeur à

celui des deux qui mourrait le premier. Sur le refus que fit Paulin

d'accepter une proposition si raisonnable, Sapor donna les églises à

Mélétius, et n'en laissa qu'une seule à Paulin pour y célébrer les

mystères avec ses partisans qu'on appelait Eustathiens. Ce triomphe de

la foi, si long-temps opprimée, combla de joie les fidèles; et dans

la suite plusieurs conciles en témoignèrent à Théodose une pieuse

reconnaissance.

[Note 436: Cette loi fut rendue à Constantinople.--S.-M.]

[Note latérale: XX.

Théodose se concilie l'amour des peuples.

Themist. or. 15, p. 192; 16, p. 212; 17, p. 216 et 221; 19, p. 227.

Cod. Th. l. 9, tit. 42, leg. 8, et 9; l. 10, tit. 24, leg. 2, et 3; l.

13, tit. 11. leg. 1, 2, 3 et 4.]

L'Arianisme abattu n'osait faire éclater son ressentiment. Les vertus

de Théodose rendaient impuissante la malignité naturelle à l'hérésie.

Il était irréprochable; ses sujets l'aimaient avec tendresse; et jamais

prince ne fut plus propre à régner sur les esprits, à la faveur de

ce doux empire qu'il sut s'établir dans le cœur de ses peuples. La

douceur de ses regards, celle de sa voix, la sérénité qui brillait sur

son visage, tempéraient en lui l'autorité souveraine. Grand observateur

des lois, il savait cependant en adoucir la rigueur. Dans les trois

premières années de son règne, il ne condamna personne à la mort. Il ne

fit usage de son pouvoir que pour rappeler les exilés, faire grace aux

coupables dont l'impunité ne tirait pas à conséquence, relever par ses

libéralités les familles ruinées, remettre ce qui restait à payer des

anciennes impositions. Il ne punissait pas les enfants des fautes de

leurs pères par la confiscation de leurs biens: mais il ne pardonnait

pas les fraudes qui tendaient à frustrer le prince des contributions

légitimes: également attentif à arrêter deux excès, d'enrichir son

trésor par des exactions odieuses, et de le laisser appauvrir par

négligence. Ses sujets le regardaient comme leur père; ils entraient

avec confiance dans son palais comme dans un asyle sacré. Ses ennemis

mêmes, qui auparavant ne se fiant pas aux traités, ne se croyaient

point en sûreté à la table des empereurs, venaient sans défiance se

jeter entre ses bras; et ceux qu'on n'avait pu vaincre par les armes,

se rendaient volontairement à sa bonne foi.

[Note latérale: XXI.

Athanaric vient à C. P.

Zos. l. 4, c. 34.

Themist. or. 15, p. 190-192.

Socr. l. 5, c. 10.

Idat. fast. et chron.

Prosp. chr.

Marcel. chr.

Oros. l. 7, c. 34.

Jornand. de reb. Get. c. 28.

Isidor. Chr. Goth.

Amm. l. 27, c. 5.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 155 / 388 题