L'année suivante commença avec le sixième consulat de Valens, et le
second du jeune Valentinien. Les inquiétudes que tant de désastres
causaient à Valens, rendirent le calme à l'Église Catholique. La
persécution cessa dans tout l'Orient. On dit même que ce prince se
repentit des maux dont il avait affligé les orthodoxes, et qu'il
rappela les évêques et les prêtres exilés[309]. Pierre rentra dans
Alexandrie avec des lettres du pape Damase qui confirmait son élection;
et le peuple chassa Lucius, qui se retira à Constantinople. Plusieurs
autres prélats revinrent dans leurs églises; soit par un ordre exprès
de l'empereur, soit qu'occupé de soins plus pressants, il eût perdu
de vue les intérêts de l'arianisme. Ce prince reconnaissait alors
son imprudence. Il s'était flatté que les Goths seraient la garde
perpétuelle de l'empire, et qu'il n'aurait plus besoin de troupes
romaines. En conséquence il avait congédié la plupart des vétérans,
et taxé les villes et les villages à une somme d'argent, au lieu des
soldats qu'ils devaient fournir. Trompé dans ces vaines espérances, il
se vit obligé de lever à la hâte de nouvelles troupes, et se disposa à
partir d'Antioche.
[Note 309: _Valens egressus de Antiochia: cum ultima infelicis
belli sorte traheretur, sera peccati maximi pœnitentia stimulatus,
episcopos cæterosque sanctos revocari de exiliis imperavit._ Oros. l.
7. c. 33.--S.-M.]
[Note latérale: XVII.
Irruption des Allemans dans la Gaule.