Reines. insc. cl. 20, nº 432.]

L'année suivante se passa toute entière sans élection de nouveaux

consuls. Elle n'est désignée dans les fastes que par ces termes: _Après

le troisième consulat de Gratien, ayant pour collègue Equitius._

Il vaut mieux dire qu'on en ignore la raison, que de l'attribuer

aux occupations de Valentinien qui se préparait à tirer vengeance

des Quades et des Sarmates. Le printemps étant déjà avancé[117], le

prince partit de Trèves. Il marchait en diligence vers la Pannonie,

lorsqu'il rencontra des députés des Sarmates, qui, se prosternant à

ses pieds, le supplièrent d'épargner leur nation, lui protestant qu'il

ne la trouverait ni coupable ni complice des excès dont il avait à

se plaindre. Il leur répondit _qu'il s'éclaircirait de la vérité des

faits sur les lieux mêmes, et que les infracteurs des traités ne lui

échapperaient pas_. Il arriva bientôt à Carnuntum, ville de la haute

Pannonie, alors déserte et presque ruinée, mais située avantageusement

pour arrêter les incursions des Barbares[118]. On croit que c'est

aujourd'hui Pétronel sur le Danube, entre Vienne et Hainbourg[119]. Il

y demeura trois mois[120] à réparer les dommages que la province avait

soufferts, et à faire les dispositions nécessaires pour aller attaquer

les ennemis dans leur pays. On attendait de sa sévérité naturelle qu'il

informât de la trahison faite à Gabinius, et de la perfidie ou de la

lâcheté des officiers chargés de garder la frontière, qui avaient

ouvert aux Barbares l'entrée de la province. Mais selon sa coutume

de traiter avec dureté les soldats, et de pardonner tout à leurs

commandants, il ne fit aucune recherche sur ces deux objets.

[Note 117: _Pubescente jam vere_, dit Ammien Marcellin, l. 30, c.

5. Valentinien était encore à Trèves, le 9 avril.--S.-M.]

[Note 118: _Carnuntum, Illyriorum oppidum, desertum quidem nunc

et squalens, sed ductori exercitûs perquam opportunum, ubi fors

copiam dedisset aut ratio, â statione proxime reprimebat barbaricos

adpetitus._ Amm. Marc. l. 30, c. 5.--S.-M.]

[Note 119: D'Anville pense (Géogr. abrég. t. 1, p. 155) qu'elle

pourrait bien être Altenbourg, situé sur un bras du Danube, entre Raab

et Presbourg.--S.-M.]

[Note 120: On voit par une loi de Valentinien adressée à Laodicéus,

gouverneur de Sardaigne, qu'il se trouvait dans cette ville le 12

août.--S.-M.]

[Note latérale: XXX.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 52 / 388 题