God. ad Cod. Theod. l. 8, tit. 5. leg. 33.]

Valentinien, après avoir ravagé quelques cantons de l'Allemagne,

bâtissait sur le Rhin un fort, que les habitants appelèrent ensuite

_Robur_[113], et dont le terrain est aujourd'hui renfermé dans la

ville de Bâle. Dès qu'il apprit, par une lettre de Probus, l'invasion

des Quades en Illyrie, il dépêcha le secrétaire Paternianus pour

s'instruire de tout sur les lieux; et en ayant reçu des nouvelles

certaines, il voulait aller sur-le-champ châtier l'audace de

ces Barbares. Comme on était à la fin de l'automne[114], on lui

représenta qu'on ne trouverait ni vivres, ni fourrages, et que les

princes allemans, et surtout Macrianus, le plus redoutable de tous,

profiteraient de son éloignement pour attaquer la Gaule. Il se rendit

à ces raisons, et résolut d'attendre le printemps. Mais afin de ne

laisser derrière lui aucun sujet d'inquiétude, il voulut s'assurer de

Macrianus par un traité de paix, et l'invita à une entrevue près de

Mayence [_Mogontiacum_]. Le roi alleman, glorieux de se voir recherché,

se rendit au bord du Rhin, et parut dans une contenance fière à la

tête de ses bataillons, qui faisaient retentir leurs boucliers, en

les frappant de leurs épées. L'empereur en cette occasion sacrifia

au désir de la paix la prééminence de la majesté impériale: il

rassembla un grand nombre de bateaux, et traversant le fleuve avec

ses soldats rangés sous leurs enseignes, il s'approcha de Macrianus

qui l'attendait sur l'autre bord. Lorsqu'ils furent à portée de

s'entendre, et que les Barbares eurent fait silence, les deux princes

entrèrent en conférence. Ils convinrent des articles de la paix, et la

confirmèrent par leur serment. Macrianus, jusqu'alors si inquiet et si

turbulent, devint de ce moment un allié fidèle, et ne cessa jusqu'à sa

mort de donner des preuves de son attachement aux Romains. Quelques

années après, s'étant engagé trop avant dans le pays des Francs qu'il

ravageait, il fut surpris et tué dans une embuscade que lui dressa

Mellobaudès[115], prince guerrier, qui régnait alors sur cette nation.

Après la conclusion du traité, Valentinien se retira à Trèves, où il

passa l'hiver[116].

[Note 113: _Prope Basiliam, quod appellant accolæ Robur._ Amm.

Marcel. l. 30, c. 3. Sans Ammien Marcellin, on ignorerait la position

de ce fort, qui est encore connu par une loi que Valentinien y

rendit le 15 juillet 374; sans doute à l'époque où il était occupé

de sa fondation. On peut voir dans l'_Alsatia illustrata_ du savant

Schoepflin, p. 181, les raisons qu'il a de mettre ce château sur une

partie de l'emplacement occupé actuellement par la ville de Bâle, qui

en était séparée autrefois par le ruisseau appelé _Birsius_, au point

où il se jette dans le Rhin.--S.-M.]

[Note 114: _Abeunte autumno_, dit Ammien Marcellin, l. 30, c.

3.--S.-M.]

[Note 115: _Periit in Francia postea._ Amm. Marc. l. 30, c.

3.--S.-M.]

[Note 116: Il était déja dans cette ville, le 3 décembre de l'an

374.--S.-M.]

[Note latérale: XXVI.

Débordement du Tibre.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 47 / 388 题