Zon. l. 13, t. 2, p. 33.]

La révolte de Firmus ne causait à Valentinien que de légères

inquiétudes; il se reposait de la conservation de l'Afrique sur la

capacité de Théodose. Mais son frère Valens vivait dans de perpétuelles

alarmes: naturellement cruel et avare, il avait jusqu'alors forcé son

caractère; enflé des médiocres avantages qu'il venait de remporter

sur les Perses, il crut n'avoir plus besoin de se contraindre; ses

courtisans avides, qu'il avait su retenir aussi-bien que ses vices,

commencèrent à abuser de leur faveur pour ruiner les familles les

plus opulentes. Ce prince environné de flatteurs qui fermaient tout

accès aux plaintes et aux remontrances, plus obstiné dans sa colère

lorsqu'elle était moins raisonnable, crédule aux rapports secrets,

incapable par paresse d'examiner la vérité, et par orgueil de la

reconnaître, ne lançait plus que des arrêts d'exil et de confiscation.

Il se faisait un mérite d'être implacable, et il répétait souvent que

_quiconque s'apaise aisément s'écarte aisément de la justice_. Plus de

distinction entre l'innocent et le coupable; c'était par la sentence de

condamnation que les objets de sa colère apprenaient qu'ils étaient

soupçonnés[1]; ils passaient en un instant, comme dans un songe, de

l'opulence à la mendicité. Le trésor du prince engloutissait toutes les

fortunes, pour les verser ensuite sur ses favoris; et ses largesses

ne le rendaient pas moins odieux que ses rapines. Tant d'injustices

excitèrent la haine; et la haine publique produisit les attentats. Il

se formait sans cesse des conspirations contre Valens: un jour qu'il

dormait tranquillement après son dîner, dans un de ses jardins entre

Antioche et Séleucie, un de ses gardes, nommé Salluste, fut sur le

point de le tuer; et ce prince ne fut sauvé de ce péril et de plusieurs

autres, que par les décrets de la Providence qui l'avait condamné à

périr de la main des Goths.

[Note 1: _Inexpiabile illud erat, quod regaliter turgidus,

pari eodemque jure, nihil inter se distantibus meritis, nocentes

innocentesque malignâ insectatione volucriter perurgebat: ut dum adhuc

dubitaretur de crimine, imperatore non dubitante de pæna, damnatos se

quidam priùs discerent quam suspectos._ Amm. Marc. l. 29, c. 1.--S.-M.]

[Note latérale: II.

Devins consultés pour savoir quel sera son successeur.

Amm. l. 29, c. 1 et 2.

Liban. or. 26, t. 2, p. 602.

Zos. l. 4, c. 13-15.

Greg. Naz. ep. 137, 138, t. 1, p. 864 et 865.

Chrysost. ad vid. Jun. t. 1. p. 343 et 344, et orat. 3 cont.

Anom. p. 470.

Socr. l. 4, c. 19.

Soz. l. 6, c. 35.

Philost. l. 9, c. 15.

Zon. l. 13, t. 2, p. 32.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 23 / 388 题