Nous causâmes ainsi en descendant le mont Colombier, jusqu'à l'heure où
la première ombre de la nuit se rembrunissait sur les chaumières de
Virieu-le-Grand. Un souper nous attendait chez M. Jenin, servi par ses
fils et ses filles. Mais la lassitude et le sommeil fermaient nos
paupières et étouffaient nos entretiens. Une paille fraîche nous reçut
dans la grange, et nous saluâmes d'un cordial adieu, au lever du jour,
l'hospitalière demeure où nous avions été si bien accueillis.
Nous reprîmes, après un frugal repas, la route de Belley, ne cessant de
parler à nos compagnons de cette découverte d'une littérature nouvelle
et selon nous supérieure à tout ce que nous avions lu jusque-là,
contenue dans quelques pages de l'oncle de notre ami, et nous nous
promîmes d'en rechercher partout d'autres pages.
L'occasion s'en fit attendre longtemps.