LES BACTÉRIES DE L'OEUF.

On a longtemps considéré que l'oeuf, protégé par sa coquille, doit

nécessairement échapper à l'invasion des micro organismes. Cette opinion

a été combattue par des observateurs qui s'appellent Zimmermann, Poppe,

et, chez nous, Chrétien. Il semble cependant qu'elle corresponde à la

réalité. M. Otto Maurer, directeur de la station expérimentale du

Kansas, vient, en effet, d'établir, par toute une série d'observations

patientes ayant porté sur plus de 6.000 oeufs, que la coquille et

surtout la mince pellicule continue qui la tapisse à l'intérieur

opposent un obstacle infranchissable à la propagation des germes venus

du dehors. Par contre, M. Maurer a mis en évidence les dangers

d'infection qui menacent ces conserves de jaune et de blanc séparés,

dont la préparation porte, en Amérique seulement, sur plus de 400.000

oeufs par jour, et auxquelles l'industrie assure des débouchés

considérables: s'il est vrai que certains microbes, le _B. subtilis_, le

_B. anthracis_, le _Proteus Zeukeri_ notamment, sont rapidement détruits

quand ils sont mis en contact avec la substance propre d'un oeuf frais,

la plupart des autres y vivent et y prolifèrent très bien. On peut même

admettre que toute conserve d'oeuf qui ne présente aucun signe manifeste

de décomposition commençante est dépourvue de nocivité, et inversement.

C'est dire que l'industrie spéciale qui s'occupe de la conservation des

oeufs «séparés» doit effectuer toutes ses manipulations avec la plus

rigoureuse propreté, et qu'il importe de nettoyer très soigneusement les

coquilles des oeufs mis en oeuvre par elle pour éviter la propagation au

blanc et au jaune des germes qui les souillent à l'extérieur. M. Otto

Maurer vient de montrer, en outre, qu'en soumettant les oeufs pendant

deux heures à une température de 70°, de manière à les dessécher

légèrement, on réduit considérablement les chances de leur infection,

sans modifier en rien ni leur composition chimique ni leur goût, et par

conséquent sans diminuer leurs qualités commerciales.

[Illustration: LE VOYAGE D'UNE LOCOMOTIVE, DANS L'ESPACE.--Une machine

de 20 tonnes passée par des câbles transbordeurs, d'une rive à l'autre,

au-dessus de la Grande-Rivière (Nouveau-Mexique). _Communiqué par le_

Scientific American.]

Depuis longtemps déjà on utilise les transbordeurs aériens pour mettre

en communication les deux versants d'une vallée. Entre deux pylônes

d'une portée souvent considérable sont tendus des câbles sur lesquels

roulent des chariots électriques où pendent des wagonnets chargés

d'objets divers: minerais, matériaux de construction, vivres, etc.

Certains transbordeurs sont même affectés au transport des voyageurs. En

voyant notre photographie, il est permis de se demander où s'arrêtera

l'audace des ingénieurs dans les emplois de ce genre de locomotion. La

machine qu'on aperçoit suspendue dans le cagnon de la Grande-Rivière

(Nouveau-Mexique) pèse 20 tonnes; les chariots qui la supportent à 100

mètres au-dessus de l'eau circulent sur des câbles amarrés à des pylônes

distants de près de 400 mètres. Il a suffi de presser sur un bouton

électrique pour envoyer cette énorme masse d'une rive à l'autre du

torrent que n'enjambe aucun pont assez solide, et la grandeur du paysage

accentue ici l'impression de force et de puissance que donne cette

manifestation du génie humain.

[Illustration: LES OPINIONS DE «MARS», par Henriot.]

Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont

pas été fournis.

L'Illustration, No. 3689, 8 Novembre 1913 · 第 35 / 35 题