Il y a quelques mois, notre confrère le _Matin_ entretenait ses lecteurs
d'un nouveau système de portage aux colonies. Il s'agissait de
pousse-pousse monoroue conduits par deux hommes qui en maintenaient en
même temps l'équilibre. Et il était question également d'un truc
indéversable à une seule roue, à traction humaine, pouvant porter les
bagages des coloniaux en tournée.
Mais voici que, dans le même ordre d'idées, un nouvel appareil réalise
un progrès encore sur les systèmes précédents. La photographie que nous
reproduisons représente un véhicule à une seule roue et son mode
d'attelage, avec un harnais spécial, qui peut servir à tous les animaux
tracteurs, cheval, mulet, bouf porteur ou âne. La «broussette» ou
voiture de brousse--imaginée par M. G. Brousseau, administrateur de lre
classe à Madagascar--peut porter jusqu'à 1.000 kilos. Elle se compose,
comme on peut le voir, de caissons en tôle situés au-dessous de l'axe de
la roue et de brancards plats et rigides, d'une forme spéciale,
s'appuyant sur un bât de 0 m. 90 de largeur. Ce dispositif permet
d'équilibrer la charge comme dans un bateau.
[Illustration: Un vapeur de 6.000 tonneaux, ensablé depuis sept ans, à
30 mètres du rivage, sur une côte déserte du Guatemala.--_Phot. Hauff._]
Conduit par deux hommes et un boeuf, ce nouvel appareil de portage peut
faire le travail de 40 porteurs. Les caissons en tôle étant étanches, il
peut traverser les rivières par ses propres moyens, avec une certaine
charge. On voit les avantages, et surtout l'économie énorme qu'est
susceptible de réaliser son emploi dans les régions de nos colonies où
n'existent encore que des sentiers muletiers. Ajoutons que l'inventeur
n'entend tirer aucun profit personnel des garanties que lui assurent ses
brevets et qu'il est surtout soucieux de mettre à la disposition de
l'administration coloniale, des colons et des indigènes, un appareil de
transport appelé à rendre les plus appréciables services.