159. UN JUGEMENT ÉQUITABLE

Un émigré français, se voyant obligé de passer l'hiver dans un

village de Westphalie, voulut acheter du bois, dont il avait grand

besoin. Il en voit passer sur une charrette, et il le marchande.

Le voiturier, s'apercevant qu'il a affaire à un étranger, lui

demande trois louis de ce qui vaut tout au plus huit francs. Le

marché conclu, le voiturier se rend au cabaret pour y déjeuner, et

se vante d'avoir trompé l'étranger, disant que son bois était à lui

et qu'il avait le droit de le vendre le prix qu'il voulait, sans

que personne y trouvât[1] à redire. Le déjeuner fini, le voiturier

demande ce qu'il doit. "Trois louis, répond l'aubergiste.--Comment!

trois louis un si maigre repas?--Oui, c'est mon bien; je suis libre

d'en demander le prix que je veux. Si vous n'êtes pas content,

allons chez le bourgmestre." Cette proposition est acceptée. Ils

exposent leur cause devant le magistrat. Celui-ci, rendant son

jugement sur les réclamations du voiturier, prononça en faveur

de l'aubergiste. Il se fit remettre les trois louis, donna huit

francs au voiturier pour prix de son bois, obligea celui-ci à

payer deux francs à l'aubergiste, et il confia le reste à ce

dernier qui courut le porter au Français.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Écrivez cette histoire.

French Conversation and Composition · 第 263 / 270 题