CHAPITRE CLVIII.

Entrevue avec Ney.--Encore Camilla.

Il n'y avait pas trente-six heures que j'avais chargé D. L*** de ma

lettre au maréchal Ney, quand je vis arriver mon adroit messager vers le

soir, haletant, tout ému, me criant dès la porte de mon appartement:

«Vite un schall, un chapeau, je vais vous conduire vers lui.» Il n'avait

pas achevé cette douce quoique brusque allocution, que déjà j'étais sur

l'escalier.

D. L***, vous lirez ces _Mémoires_, vous savez tout ce que j'ai droit de

vous reprocher; vous n'avez point oublié votre lâche menace à l'époque

où, toujours du parti vainqueur, vous osâtes menacer ma liberté, me

faire un crime des sentimens dont seul vous connaissiez toute la force.

Abus de confiance, calomnie, sourde persécution, sordide intérêt, je

pourrais avec tant de remords vous accabler de votre opulence et de

votre réputation; rassurez-vous. Du 12 juin au 7 décembre de 1815, le

souvenir le plus déchirant vous a donné un droit immortel à ma

reconnaissance, un droit qui vous répond de mon silence. Pour prix de ce

dernier dévouement, D. L***, ces initiales que vous seul connaissez, ce

chiffre mystérieux de vos fautes, ne vous désignent à personne, et

jamais votre nom ne sortira ni de ma plume ni de mes lèvres. Vivez en

paix!

Nous nous rendîmes en peu d'instans rue de Richelieu; le cabriolet entra

dans la cour. J'aperçus Ney à une croisée, pâle, défait: Je repoussai D.

L***; je franchis l'escalier, et je me trouve sur le coeur du maréchal:

il m'y pressa long-temps. «Ma pauvre amie! grand Dieu! comment avez-vous

pu échapper à cette abominable journée du 18?» Nous étions dans une

chambre où il y avait un très beau portrait en pied de l'Empereur. Ney

le fixa avec un regard qui peignit à la fois de l'admiration et de la

douleur. Nous restâmes plus d'une heure ensemble dans cet entretien

déchirant. Ney se laissait aller à plusieurs reprises à son emportement,

en rappelant les détails du désastre de Waterloo. «Nous étions

vainqueurs, disait-il; les dispositions étaient admirables de la part de

l'Empereur; nos soldats ne furent jamais animés de plus d'ardeur; les

malheureux chantaient, criaient, ne cherchaient qu'à garantir leurs

armes. Ah! ne pas vaincre avec de pareils hommes!»

J'entretins le maréchal d'une séance de la Chambre des Pairs dont

j'avais entendu parler d'une manière contradictoire, et sa gloire

m'était si chère, que j'avais besoin d'entendre de sa bouche le récit de

cette séance qui avait pu être si diversement interprétée.

«La franchise est un besoin de mon caractère. Comme je ne tromperais

jamais un ami, je ne saurais tromper mon pays. Il faut dire la vérité

aux peuples, toute la vérité, surtout dans les circonstances grandes et

difficiles. Tenez, lisez cette lettre au duc d'Otrante, elle vous

donnera toutes les explications possibles. Gardez cette copie, j'en

ferai faire une autre; je désire surtout, à cet égard, la plus entière

publicité.» Voici cette précieuse lettre; elle met en effet dans tout

son jour l'ame et la conduite du maréchal.

LETTRE DE M. LE MARÉCHAL PRINCE DE LA MOSKOWA À S. EXC. M. LE DUC

D'OTRANTE.

«MONSIEUR LE DUC,

«Les bruits les plus diffamans et les plus mensongers se répandent,

depuis quelques jours, dans le public, sur la conduite que j'ai

tenue dans cette courte et malheureuse campagne; les journaux les

répètent et semblent accréditer la plus odieuse calomnie. Après

avoir combattu pendant vingt-cinq ans, et versé mon sang pour la

gloire et l'indépendance de ma patrie, c'est moi que l'on ose

accuser de trahison; c'est moi que l'on signale au peuple, à

l'armée même, comme l'auteur du désastre qu'elle vient d'essuyer!

«Forcé de rompre le silence, car s'il est toujours pénible de

parler de soi, c'est surtout lorsque l'on a à repousser la

calomnie, je m'adresse à vous, Monsieur le duc, comme président du

gouvernement provisoire, pour vous tracer un exposé fidèle de ce

dont j'ai été témoin.

«Le 11 juin, je reçus l'ordre du ministre de la guerre de me rendre

au quartier impérial; je n'avais aucun commandement, ni aucunes

données sur la composition et la force de l'armée; l'Empereur ni le

ministre ne m'avaient rien dit précédemment qui pût même me faire

pressentir que je dusse être employé dans cette campagne: j'étais

conséquemment pris au dépourvu, sans chevaux, sans équipages, sans

argent, et je fus obligé d'en emprunter pour me rendre à ma

destination. Arrivé le 12 à Laon, le 13 à Avesnes, et le 14 à

Beaumont, j'achetai, dans cette dernière ville, de M. le maréchal

duc de Trévise, deux chevaux, avec lesquels je me rendis, le 15, à

Charleroi, accompagné de mon premier aide de camp, le seul officier

que j'eusse auprès de moi. J'y arrivai au moment où l'ennemi,

attaqué par nos troupes légères, se repliait sur Fleurus et

Gosselies.

«L'Empereur m'ordonna aussitôt d'aller me mettre à la tête des

premier et deuxième corps d'infanterie, commandés par les

lieutenans généraux d'Erlon et Reille, de la division de cavalerie

légère du lieutenant général Piré; d'une division de cavalerie

légère de la garde, sous les ordres des lieutenans généraux

Lefebvre-Desnouettes et Colbert; et de deux divisions de cavalerie

du comte de Valmy: ce qui formait huit divisions d'infanterie, et

quatre de cavalerie. Avec ces troupes, dont cependant je n'avais

encore qu'une partie sous la main, je poussai l'ennemi, et je

l'obligeai d'évacuer Gosselies, Frasnes, Mellet et Heppignies: là

elles prirent position le soir, à l'exception du premier corps qui

était encore à Marchiennes, et qui ne me rejoignit que le

lendemain.

«Le 16, je reçus l'ordre d'attaquer les Anglais dans leur position

des Quatre-Bras; nous marchâmes à l'ennemi avec un enthousiasme

difficile à dépeindre: rien ne résistait à notre impétuosité. La

bataille devint générale, et la victoire n'était pas douteuse,

lorsqu'au moment où j'allais faire avancer le premier corps

d'infanterie, qui jusque là avait été laissé par moi en réserve à

Frasnes, j'appris que l'Empereur en avait disposé sans m'en

prévenir, ainsi que la division Girard du deuxième corps, pour les

diriger sur Saint-Amand, et appuyer son aile gauche qui était

fortement engagée contre les Prussiens. Le coup que me porta cette

nouvelle fut terrible; n'ayant plus sous mes ordres que trois

divisions, au lieu de huit sur lesquelles je comptais, je fus

obligé de laisser échapper la victoire, et malgré tous mes efforts,

malgré la bravoure et le dévouement de mes troupes, je ne pus

parvenir dès lors qu'à me maintenir dans ma position jusqu'à la fin

de la journée. Vers les neuf heures du soir, le premier corps me

fut renvoyé par l'Empereur, auquel il n'avait été d'aucune utilité;

ainsi vingt-cinq à trente mille hommes ont été pour ainsi dire

paralysés, et se sont promenés pendant toute la bataille, l'arme au

bras, de la gauche à la droite, et de la droite à la gauche, sans

tirer un seul coup de fusil.

«Il m'est impossible de ne pas suspendre un instant ces détails,

pour vous faire remarquer, Monsieur le duc, toutes les conséquences

de ce faux mouvement, et en général, des mauvaises dispositions

prises pendant cette journée.

«Par quelle fatalité, par exemple, l'Empereur, au lieu de porter

toutes ses forces contre lord Wellington, qui aurait été attaqué à

l'improviste et ne se trouvait point en mesure, a-t-il regardé

cette attaque comme secondaire? Comment l'Empereur, après le

passage de la Sambre, a-t-il pu concevoir la possibilité de donner

deux batailles le même jour? C'est cependant ce qui vient de se

passer contre des forces doubles des nôtres, et c'est ce que les

militaires qui l'ont vu ont encore peine à comprendre.

«Au lieu de cela, s'il avait laissé un corps d'observation pour

contenir les Prussiens, et marché avec ses plus fortes masses pour

m'appuyer, l'armée anglaise était indubitablement détruite entre

les Quatre-Bras et Genappe; et cette position, qui séparait les

deux armées alliées, une fois en notre pouvoir, donnait à

l'Empereur la facilité de déborder la droite des Prussiens, et de

les écraser à leur tour. L'opinion générale en France, et surtout

dans l'armée, était que l'Empereur ne voulait s'attacher qu'à

détruire d'abord l'armée anglaise, et les circonstances étaient

bien favorables pour cela: mais les destins en ont ordonné

autrement.

«Le 17, l'armée marcha dans la direction de Mont-Saint-Jean.

«Le 18, la bataille commença vers une heure, et quoique le bulletin

qui en donne le récit ne fasse aucune mention de moi, je n'ai pas

besoin d'affirmer que j'y étais présent.

«M. le lieutenant général comte Drouot a déjà parlé de cette

bataille dans la Chambre des Pairs: sa narration est exacte, à

l'exception toutefois de quelques faits importans qu'il a tus ou

qu'il a ignorés, et que je dois faire connaître. Vers sept heures

du soir, après le plus affreux carnage que j'aie jamais vu, le

général Labédoyère vint me dire, de la part de l'Empereur, que M.

le maréchal Grouchy arrivait à notre droite, et attaquait la gauche

des Anglais et Prussiens réunis; cet officier général, en

parcourant la ligne, répandit cette nouvelle parmi les soldats,

dont le courage et le dévouement étaient toujours les mêmes, et qui

en donnèrent de nouvelles preuves en ce moment, malgré la fatigue

dont ils étaient exténués; cependant, quel fut mon étonnement, je

dois dire mon indignation, quand j'appris, quelques instans après,

que non seulement M. le maréchal Grouchy n'était point arrivé à

notre appui, comme on venait de l'assurer à toute l'armée, mais que

quarante à cinquante mille Prussiens attaquaient notre extrême

droite et la forçaient à se replier! Soit que l'Empereur se fût

trompé sur le moment où M. le maréchal Grouchy pouvait le soutenir,

soit que la marche de ce maréchal eût été plus retardée qu'on

l'avait présumé par les efforts de l'ennemi, le fait est qu'au

moment où l'on annonçait son arrivée, il n'était encore qu'à Wavres

sur la Dyle: c'était pour nous comme s'il se fût trouvé à cent

lieues de notre champ de bataille.

«Peu de temps après, je vis arriver quatre régimens de la moyenne

garde, conduits par l'Empereur en personne, qui voulait, avec ces

troupes, renouveler l'attaque et enfoncer le centre de l'ennemi; il

m'ordonna de marcher à leur tête avec le général Friant; généraux,

officiers, soldats, tous montrèrent la plus grande intrépidité;

mais ce corps de troupes était trop faible pour pouvoir résister

long-temps aux forces que l'ennemi lui opposait, et il fallut

bientôt renoncer à l'espoir que cette attaque avait donné pendant

quelques instans. Le général Friant a été frappé d'une balle à côté

de moi; moi-même j'ai eu mon cheval tué, et j'ai été renversé sous

lui. Les braves qui reviendront de cette terrible affaire me

rendront, j'espère, la justice de dire qu'ils m'ont vu à pied,

l'épée à la main, pendant toute la soirée, et que je n'ai quitté

cette scène de carnage que l'un des derniers, et au moment où la

retraite a été forcée.

«Cependant les Prussiens continuaient leur mouvement offensif, et

notre droite pliait sensiblement: les Anglais marchèrent à leur

tour en avant. Il nous restait encore quatre carrés de la vieille

garde, placés avantageusement pour protéger la retraite; ces braves

grenadiers, l'élite de l'armée, forcés de se reployer

successivement, n'ont cédé le terrain que pied à pied, jusqu'à ce

qu'enfin, accablés par le nombre, ils ont été presque entièrement

détruits. Dès lors, le mouvement rétrograde fut prononcé, et

l'armée ne forma plus qu'une colonne confuse; il n'y a cependant

jamais eu de déroute ni de cri _sauve qui peut_, ainsi qu'on en a

osé calomnier l'armée dans le bulletin. Pour moi, constamment à

l'arrière-garde, que je suivis à pied, ayant eu tous mes chevaux

tués, exténué de fatigue, couvert de contusions, et ne me sentant

plus la force de marcher, je dois la vie à un caporal de la garde

qui me soutint dans ma marche, et ne m'abandonna point pendant

cette retraite. Vers onze heures du soir, je trouvai le lieutenant

général Lefebvre-Desnouettes, et l'un de ses officiers, le major

Schmidt, eut la générosité de me donner le seul cheval qui lui

restât. C'est ainsi que j'arrivai à Marchienne-au-Pont, à quatre

heures du matin, seul, ignorant ce qu'était devenu l'Empereur, que,

quelque temps avant la fin de la bataille, j'avais entièrement

perdu de vue, et que je pouvais croire pris ou tué. Le général

Pamphile Lacroix, chef de l'état-major du deuxième corps, que je

trouvai dans cette ville, m'ayant dit que l'Empereur était à

Charleroi, je dus supposer que S. M. allait se mettre à la tête du

corps de M. le maréchal Grouchy, pour couvrir la Sambre, et

faciliter aux troupes les moyens de rallier vers Avesnes, et, dans

cette persuasion, je me rendis à Beaumont; mais des partis de

cavalerie nous suivant de très près, et ayant déjà intercepté les

routes de Maubeuge et de Philippeville, je reconnus qu'il était de

toute impossibilité d'arrêter un seul soldat sur ce point, et de

s'opposer aux progrès d'un ennemi victorieux. Je continuai ma

marche sur Avesnes, où je ne pus obtenir aucun renseignement sur ce

qu'était devenu l'Empereur.

«Dans cet état de choses, n'ayant de nouvelles ni de S. M. ni du

major général, le désordre croissant à chaque instant, et, à

l'exception des débris de quelques régimens de la garde et de la

ligne, chacun s'en allant de son côté, je pris la détermination de

me rendre sur-le-champ à Paris, par Saint-Quentin, pour faire

connaître le plus promptement possible au ministre de la guerre la

véritable situation des affaires, afin qu'il pût au moins envoyer

au devant de l'armée quelques troupes nouvelles, et prendre

rapidement les mesures que nécessitaient les circonstances. À mon

arrivée au Bourget, à trois lieues de Paris, j'appris que

l'Empereur y avait passé le matin à neuf heures.

«Voilà, Monsieur le duc, le récit exact de cette funeste campagne.

«Maintenant, je le demande à ceux qui ont survécu à cette belle et

nombreuse armée: de quelle manière pourrait-on m'accuser du

désastre dont elle vient d'être victime, et dont nos fastes

militaires n'offrent point d'exemple? J'ai, dit-on, trahi la

patrie, moi qui, pour la servir, ai toujours montré un zèle que

peut-être j'ai poussé trop loin, et qui a pu m'égarer; mais cette

calomnie n'est et ne peut être appuyée d'aucun fait, d'aucune

circonstance, d'aucune présomption. D'où peuvent cependant provenir

ces bruits odieux qui se sont répandus tout à coup avec une

effrayante rapidité? Si, dans les recherches que je pourrais faire

à cet égard, je ne craignais presque autant de découvrir que

d'ignorer la vérité, je dirais que tout me porte à croire que j'ai

été indignement trompé, et qu'on cherche à envelopper du voile de

la trahison les fautes et les extravagances de cette campagne,

fautes qu'on s'est bien gardé d'avouer dans les bulletins qui ont

paru, et contre lesquelles je me suis inutilement élevé avec cet

accent de la vérité que je viens encore de faire entendre dans la

Chambre des Pairs.

«J'attends de la justice de V. Ex., et de son obligeance pour moi,

qu'elle voudra bien faire insérer cette lettre dans les journaux,

et lui donner la plus grande publicité.

«Je renouvelle à V. Ex., etc.

«Le maréchal prince de la Moskowa,

«_Signé_ NEY.»

Paris, le 26 juin 1815.

Tout ce qu'un coeur passionné peut inventer de consolations, je les mis

en usage pour le calmer. Il ne redoutait rien pour lui, ni les autres

généraux; mais il était hors de lui à l'idée que les alliés allaient

peser sur la France et y dicter des lois. Je ne lui fis aucune question.

J'écoutais avec avidité cette voix chérie. Je n'ai jamais compris la

maxime de la Rochefoucault qui dit: «qu'il y a, dans les chagrins de nos

meilleurs amis, toujours quelque chose qui flatte notre amour-propre;»

mais je sentis que dans les peines d'un homme aimé il peut y avoir

quelque chose qui flatte notre coeur. Je n'étais pas rassurée et

confiante comme Ney; je prévoyais des persécutions, un exil, peut-être,

et je me disais: Riche de sa seule gloire, n'emportant de trésors dans

son exil que ses lauriers et le nom de cent combats soutenus pour sa

patrie dans les rangs français, je pourrai le suivre, le servir,

l'entourer de soins, et trouver dans le plus grand sacrifice le plus

noble prix d'un amour si tendre. C'est dans cette entrevue, que nous ne

prévîmes pas être presque la dernière, que nous eûmes un moment de

pénible attendrissement. Je lui racontai en peu de mots ma rencontre

avec Camilla. «La pauvre infortunée, elle a été en Espagne, me

disait-il; que n'a-t-elle pas souffert pour suivre son amant! Foy la

connaît, il a souvent engagé son amant à la renvoyer dans sa patrie

jusqu'à la paix. Au premier mot elle menaçait de se brûler la cervelle à

la tête du régiment.

«--Elle l'aurait fait! répondis-je; elle a tout quitté pour lui, n'a

vécu que pour l'aimer, et il était libre.» Ney voulut me donner deux

billets de banque, sous prétexte des besoins supposés de Camilla. Je

refusai, me faisant, certes, bien plus riche que je ne l'étais; mais

n'avais-je pas la terrible crainte que bientôt peut-être il ne lui

resterait de fortune que son nom. Il me fit promettre de me calmer,

d'attendre tranquillement les événemens.

«Et s'ils devenaient, funestes, me dit-il, je compte sur vos sermens,

Ida. Vous êtes résolue, courageuse, et je sens qu'en recevoir une preuve

dans un moment décisif me serait toujours une grande consolation.

«--Mon Dieu! lui répondis-je, auriez-vous quelque chose à craindre?

«--Comme les autres, ni plus ni moins. Si la politique demande des

victimes, alors...

«--Mais pourquoi attendre la politique? partez.

«--Pas encore; mais si je vois que cela tourne trop mal, je m'expatrie,

ne fût-ce que pour éviter l'horreur de l'étranger foulant aux pieds nos

provinces. Et si cela arrivait, Ida, alors...

«--Alors je vivrais pour vous servir, vous consoler partout où mon

constant dévouement pourrait alléger les injustices du sort qui vous

aurait frappé.»

Mémoires d'une contemporaine. Tome 6 Souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat, de l'Empire, etc... · 第 21 / 35 题