Entrevue avec Ney.--Encore Camilla.
Il n'y avait pas trente-six heures que j'avais chargé D. L*** de ma
lettre au maréchal Ney, quand je vis arriver mon adroit messager vers le
soir, haletant, tout ému, me criant dès la porte de mon appartement:
«Vite un schall, un chapeau, je vais vous conduire vers lui.» Il n'avait
pas achevé cette douce quoique brusque allocution, que déjà j'étais sur
l'escalier.
D. L***, vous lirez ces _Mémoires_, vous savez tout ce que j'ai droit de
vous reprocher; vous n'avez point oublié votre lâche menace à l'époque
où, toujours du parti vainqueur, vous osâtes menacer ma liberté, me
faire un crime des sentimens dont seul vous connaissiez toute la force.
Abus de confiance, calomnie, sourde persécution, sordide intérêt, je
pourrais avec tant de remords vous accabler de votre opulence et de
votre réputation; rassurez-vous. Du 12 juin au 7 décembre de 1815, le
souvenir le plus déchirant vous a donné un droit immortel à ma
reconnaissance, un droit qui vous répond de mon silence. Pour prix de ce
dernier dévouement, D. L***, ces initiales que vous seul connaissez, ce
chiffre mystérieux de vos fautes, ne vous désignent à personne, et
jamais votre nom ne sortira ni de ma plume ni de mes lèvres. Vivez en
paix!
Nous nous rendîmes en peu d'instans rue de Richelieu; le cabriolet entra
dans la cour. J'aperçus Ney à une croisée, pâle, défait: Je repoussai D.
L***; je franchis l'escalier, et je me trouve sur le coeur du maréchal:
il m'y pressa long-temps. «Ma pauvre amie! grand Dieu! comment avez-vous
pu échapper à cette abominable journée du 18?» Nous étions dans une
chambre où il y avait un très beau portrait en pied de l'Empereur. Ney
le fixa avec un regard qui peignit à la fois de l'admiration et de la
douleur. Nous restâmes plus d'une heure ensemble dans cet entretien
déchirant. Ney se laissait aller à plusieurs reprises à son emportement,
en rappelant les détails du désastre de Waterloo. «Nous étions
vainqueurs, disait-il; les dispositions étaient admirables de la part de
l'Empereur; nos soldats ne furent jamais animés de plus d'ardeur; les
malheureux chantaient, criaient, ne cherchaient qu'à garantir leurs
armes. Ah! ne pas vaincre avec de pareils hommes!»
J'entretins le maréchal d'une séance de la Chambre des Pairs dont
j'avais entendu parler d'une manière contradictoire, et sa gloire
m'était si chère, que j'avais besoin d'entendre de sa bouche le récit de
cette séance qui avait pu être si diversement interprétée.
«La franchise est un besoin de mon caractère. Comme je ne tromperais
jamais un ami, je ne saurais tromper mon pays. Il faut dire la vérité
aux peuples, toute la vérité, surtout dans les circonstances grandes et
difficiles. Tenez, lisez cette lettre au duc d'Otrante, elle vous
donnera toutes les explications possibles. Gardez cette copie, j'en
ferai faire une autre; je désire surtout, à cet égard, la plus entière
publicité.» Voici cette précieuse lettre; elle met en effet dans tout
son jour l'ame et la conduite du maréchal.
LETTRE DE M. LE MARÉCHAL PRINCE DE LA MOSKOWA À S. EXC. M. LE DUC
D'OTRANTE.
«MONSIEUR LE DUC,
«Les bruits les plus diffamans et les plus mensongers se répandent,
depuis quelques jours, dans le public, sur la conduite que j'ai
tenue dans cette courte et malheureuse campagne; les journaux les
répètent et semblent accréditer la plus odieuse calomnie. Après
avoir combattu pendant vingt-cinq ans, et versé mon sang pour la
gloire et l'indépendance de ma patrie, c'est moi que l'on ose
accuser de trahison; c'est moi que l'on signale au peuple, à
l'armée même, comme l'auteur du désastre qu'elle vient d'essuyer!
«Forcé de rompre le silence, car s'il est toujours pénible de
parler de soi, c'est surtout lorsque l'on a à repousser la
calomnie, je m'adresse à vous, Monsieur le duc, comme président du
gouvernement provisoire, pour vous tracer un exposé fidèle de ce
dont j'ai été témoin.
«Le 11 juin, je reçus l'ordre du ministre de la guerre de me rendre
au quartier impérial; je n'avais aucun commandement, ni aucunes
données sur la composition et la force de l'armée; l'Empereur ni le
ministre ne m'avaient rien dit précédemment qui pût même me faire
pressentir que je dusse être employé dans cette campagne: j'étais
conséquemment pris au dépourvu, sans chevaux, sans équipages, sans
argent, et je fus obligé d'en emprunter pour me rendre à ma
destination. Arrivé le 12 à Laon, le 13 à Avesnes, et le 14 à
Beaumont, j'achetai, dans cette dernière ville, de M. le maréchal
duc de Trévise, deux chevaux, avec lesquels je me rendis, le 15, à
Charleroi, accompagné de mon premier aide de camp, le seul officier
que j'eusse auprès de moi. J'y arrivai au moment où l'ennemi,
attaqué par nos troupes légères, se repliait sur Fleurus et
Gosselies.
«L'Empereur m'ordonna aussitôt d'aller me mettre à la tête des
premier et deuxième corps d'infanterie, commandés par les
lieutenans généraux d'Erlon et Reille, de la division de cavalerie
légère du lieutenant général Piré; d'une division de cavalerie
légère de la garde, sous les ordres des lieutenans généraux
Lefebvre-Desnouettes et Colbert; et de deux divisions de cavalerie
du comte de Valmy: ce qui formait huit divisions d'infanterie, et
quatre de cavalerie. Avec ces troupes, dont cependant je n'avais
encore qu'une partie sous la main, je poussai l'ennemi, et je
l'obligeai d'évacuer Gosselies, Frasnes, Mellet et Heppignies: là
elles prirent position le soir, à l'exception du premier corps qui
était encore à Marchiennes, et qui ne me rejoignit que le
lendemain.
«Le 16, je reçus l'ordre d'attaquer les Anglais dans leur position
des Quatre-Bras; nous marchâmes à l'ennemi avec un enthousiasme
difficile à dépeindre: rien ne résistait à notre impétuosité. La
bataille devint générale, et la victoire n'était pas douteuse,
lorsqu'au moment où j'allais faire avancer le premier corps
d'infanterie, qui jusque là avait été laissé par moi en réserve à
Frasnes, j'appris que l'Empereur en avait disposé sans m'en
prévenir, ainsi que la division Girard du deuxième corps, pour les
diriger sur Saint-Amand, et appuyer son aile gauche qui était
fortement engagée contre les Prussiens. Le coup que me porta cette
nouvelle fut terrible; n'ayant plus sous mes ordres que trois
divisions, au lieu de huit sur lesquelles je comptais, je fus
obligé de laisser échapper la victoire, et malgré tous mes efforts,
malgré la bravoure et le dévouement de mes troupes, je ne pus
parvenir dès lors qu'à me maintenir dans ma position jusqu'à la fin
de la journée. Vers les neuf heures du soir, le premier corps me
fut renvoyé par l'Empereur, auquel il n'avait été d'aucune utilité;
ainsi vingt-cinq à trente mille hommes ont été pour ainsi dire
paralysés, et se sont promenés pendant toute la bataille, l'arme au
bras, de la gauche à la droite, et de la droite à la gauche, sans
tirer un seul coup de fusil.
«Il m'est impossible de ne pas suspendre un instant ces détails,
pour vous faire remarquer, Monsieur le duc, toutes les conséquences
de ce faux mouvement, et en général, des mauvaises dispositions
prises pendant cette journée.
«Par quelle fatalité, par exemple, l'Empereur, au lieu de porter
toutes ses forces contre lord Wellington, qui aurait été attaqué à
l'improviste et ne se trouvait point en mesure, a-t-il regardé
cette attaque comme secondaire? Comment l'Empereur, après le
passage de la Sambre, a-t-il pu concevoir la possibilité de donner
deux batailles le même jour? C'est cependant ce qui vient de se
passer contre des forces doubles des nôtres, et c'est ce que les
militaires qui l'ont vu ont encore peine à comprendre.
«Au lieu de cela, s'il avait laissé un corps d'observation pour
contenir les Prussiens, et marché avec ses plus fortes masses pour
m'appuyer, l'armée anglaise était indubitablement détruite entre
les Quatre-Bras et Genappe; et cette position, qui séparait les
deux armées alliées, une fois en notre pouvoir, donnait à
l'Empereur la facilité de déborder la droite des Prussiens, et de
les écraser à leur tour. L'opinion générale en France, et surtout
dans l'armée, était que l'Empereur ne voulait s'attacher qu'à
détruire d'abord l'armée anglaise, et les circonstances étaient
bien favorables pour cela: mais les destins en ont ordonné
autrement.
«Le 17, l'armée marcha dans la direction de Mont-Saint-Jean.
«Le 18, la bataille commença vers une heure, et quoique le bulletin
qui en donne le récit ne fasse aucune mention de moi, je n'ai pas
besoin d'affirmer que j'y étais présent.
«M. le lieutenant général comte Drouot a déjà parlé de cette
bataille dans la Chambre des Pairs: sa narration est exacte, à
l'exception toutefois de quelques faits importans qu'il a tus ou
qu'il a ignorés, et que je dois faire connaître. Vers sept heures
du soir, après le plus affreux carnage que j'aie jamais vu, le
général Labédoyère vint me dire, de la part de l'Empereur, que M.
le maréchal Grouchy arrivait à notre droite, et attaquait la gauche
des Anglais et Prussiens réunis; cet officier général, en
parcourant la ligne, répandit cette nouvelle parmi les soldats,
dont le courage et le dévouement étaient toujours les mêmes, et qui
en donnèrent de nouvelles preuves en ce moment, malgré la fatigue
dont ils étaient exténués; cependant, quel fut mon étonnement, je
dois dire mon indignation, quand j'appris, quelques instans après,
que non seulement M. le maréchal Grouchy n'était point arrivé à
notre appui, comme on venait de l'assurer à toute l'armée, mais que
quarante à cinquante mille Prussiens attaquaient notre extrême
droite et la forçaient à se replier! Soit que l'Empereur se fût
trompé sur le moment où M. le maréchal Grouchy pouvait le soutenir,
soit que la marche de ce maréchal eût été plus retardée qu'on
l'avait présumé par les efforts de l'ennemi, le fait est qu'au
moment où l'on annonçait son arrivée, il n'était encore qu'à Wavres
sur la Dyle: c'était pour nous comme s'il se fût trouvé à cent
lieues de notre champ de bataille.
«Peu de temps après, je vis arriver quatre régimens de la moyenne
garde, conduits par l'Empereur en personne, qui voulait, avec ces
troupes, renouveler l'attaque et enfoncer le centre de l'ennemi; il
m'ordonna de marcher à leur tête avec le général Friant; généraux,
officiers, soldats, tous montrèrent la plus grande intrépidité;
mais ce corps de troupes était trop faible pour pouvoir résister
long-temps aux forces que l'ennemi lui opposait, et il fallut
bientôt renoncer à l'espoir que cette attaque avait donné pendant
quelques instans. Le général Friant a été frappé d'une balle à côté
de moi; moi-même j'ai eu mon cheval tué, et j'ai été renversé sous
lui. Les braves qui reviendront de cette terrible affaire me
rendront, j'espère, la justice de dire qu'ils m'ont vu à pied,
l'épée à la main, pendant toute la soirée, et que je n'ai quitté
cette scène de carnage que l'un des derniers, et au moment où la
retraite a été forcée.
«Cependant les Prussiens continuaient leur mouvement offensif, et
notre droite pliait sensiblement: les Anglais marchèrent à leur
tour en avant. Il nous restait encore quatre carrés de la vieille
garde, placés avantageusement pour protéger la retraite; ces braves
grenadiers, l'élite de l'armée, forcés de se reployer
successivement, n'ont cédé le terrain que pied à pied, jusqu'à ce
qu'enfin, accablés par le nombre, ils ont été presque entièrement
détruits. Dès lors, le mouvement rétrograde fut prononcé, et
l'armée ne forma plus qu'une colonne confuse; il n'y a cependant
jamais eu de déroute ni de cri _sauve qui peut_, ainsi qu'on en a
osé calomnier l'armée dans le bulletin. Pour moi, constamment à
l'arrière-garde, que je suivis à pied, ayant eu tous mes chevaux
tués, exténué de fatigue, couvert de contusions, et ne me sentant
plus la force de marcher, je dois la vie à un caporal de la garde
qui me soutint dans ma marche, et ne m'abandonna point pendant
cette retraite. Vers onze heures du soir, je trouvai le lieutenant
général Lefebvre-Desnouettes, et l'un de ses officiers, le major
Schmidt, eut la générosité de me donner le seul cheval qui lui
restât. C'est ainsi que j'arrivai à Marchienne-au-Pont, à quatre
heures du matin, seul, ignorant ce qu'était devenu l'Empereur, que,
quelque temps avant la fin de la bataille, j'avais entièrement
perdu de vue, et que je pouvais croire pris ou tué. Le général
Pamphile Lacroix, chef de l'état-major du deuxième corps, que je
trouvai dans cette ville, m'ayant dit que l'Empereur était à
Charleroi, je dus supposer que S. M. allait se mettre à la tête du
corps de M. le maréchal Grouchy, pour couvrir la Sambre, et
faciliter aux troupes les moyens de rallier vers Avesnes, et, dans
cette persuasion, je me rendis à Beaumont; mais des partis de
cavalerie nous suivant de très près, et ayant déjà intercepté les
routes de Maubeuge et de Philippeville, je reconnus qu'il était de
toute impossibilité d'arrêter un seul soldat sur ce point, et de
s'opposer aux progrès d'un ennemi victorieux. Je continuai ma
marche sur Avesnes, où je ne pus obtenir aucun renseignement sur ce
qu'était devenu l'Empereur.
«Dans cet état de choses, n'ayant de nouvelles ni de S. M. ni du
major général, le désordre croissant à chaque instant, et, à
l'exception des débris de quelques régimens de la garde et de la
ligne, chacun s'en allant de son côté, je pris la détermination de
me rendre sur-le-champ à Paris, par Saint-Quentin, pour faire
connaître le plus promptement possible au ministre de la guerre la
véritable situation des affaires, afin qu'il pût au moins envoyer
au devant de l'armée quelques troupes nouvelles, et prendre
rapidement les mesures que nécessitaient les circonstances. À mon
arrivée au Bourget, à trois lieues de Paris, j'appris que
l'Empereur y avait passé le matin à neuf heures.
«Voilà, Monsieur le duc, le récit exact de cette funeste campagne.
«Maintenant, je le demande à ceux qui ont survécu à cette belle et
nombreuse armée: de quelle manière pourrait-on m'accuser du
désastre dont elle vient d'être victime, et dont nos fastes
militaires n'offrent point d'exemple? J'ai, dit-on, trahi la
patrie, moi qui, pour la servir, ai toujours montré un zèle que
peut-être j'ai poussé trop loin, et qui a pu m'égarer; mais cette
calomnie n'est et ne peut être appuyée d'aucun fait, d'aucune
circonstance, d'aucune présomption. D'où peuvent cependant provenir
ces bruits odieux qui se sont répandus tout à coup avec une
effrayante rapidité? Si, dans les recherches que je pourrais faire
à cet égard, je ne craignais presque autant de découvrir que
d'ignorer la vérité, je dirais que tout me porte à croire que j'ai
été indignement trompé, et qu'on cherche à envelopper du voile de
la trahison les fautes et les extravagances de cette campagne,
fautes qu'on s'est bien gardé d'avouer dans les bulletins qui ont
paru, et contre lesquelles je me suis inutilement élevé avec cet
accent de la vérité que je viens encore de faire entendre dans la
Chambre des Pairs.
«J'attends de la justice de V. Ex., et de son obligeance pour moi,
qu'elle voudra bien faire insérer cette lettre dans les journaux,
et lui donner la plus grande publicité.
«Je renouvelle à V. Ex., etc.
«Le maréchal prince de la Moskowa,
«_Signé_ NEY.»
Paris, le 26 juin 1815.
Tout ce qu'un coeur passionné peut inventer de consolations, je les mis
en usage pour le calmer. Il ne redoutait rien pour lui, ni les autres
généraux; mais il était hors de lui à l'idée que les alliés allaient
peser sur la France et y dicter des lois. Je ne lui fis aucune question.
J'écoutais avec avidité cette voix chérie. Je n'ai jamais compris la
maxime de la Rochefoucault qui dit: «qu'il y a, dans les chagrins de nos
meilleurs amis, toujours quelque chose qui flatte notre amour-propre;»
mais je sentis que dans les peines d'un homme aimé il peut y avoir
quelque chose qui flatte notre coeur. Je n'étais pas rassurée et
confiante comme Ney; je prévoyais des persécutions, un exil, peut-être,
et je me disais: Riche de sa seule gloire, n'emportant de trésors dans
son exil que ses lauriers et le nom de cent combats soutenus pour sa
patrie dans les rangs français, je pourrai le suivre, le servir,
l'entourer de soins, et trouver dans le plus grand sacrifice le plus
noble prix d'un amour si tendre. C'est dans cette entrevue, que nous ne
prévîmes pas être presque la dernière, que nous eûmes un moment de
pénible attendrissement. Je lui racontai en peu de mots ma rencontre
avec Camilla. «La pauvre infortunée, elle a été en Espagne, me
disait-il; que n'a-t-elle pas souffert pour suivre son amant! Foy la
connaît, il a souvent engagé son amant à la renvoyer dans sa patrie
jusqu'à la paix. Au premier mot elle menaçait de se brûler la cervelle à
la tête du régiment.
«--Elle l'aurait fait! répondis-je; elle a tout quitté pour lui, n'a
vécu que pour l'aimer, et il était libre.» Ney voulut me donner deux
billets de banque, sous prétexte des besoins supposés de Camilla. Je
refusai, me faisant, certes, bien plus riche que je ne l'étais; mais
n'avais-je pas la terrible crainte que bientôt peut-être il ne lui
resterait de fortune que son nom. Il me fit promettre de me calmer,
d'attendre tranquillement les événemens.
«Et s'ils devenaient, funestes, me dit-il, je compte sur vos sermens,
Ida. Vous êtes résolue, courageuse, et je sens qu'en recevoir une preuve
dans un moment décisif me serait toujours une grande consolation.
«--Mon Dieu! lui répondis-je, auriez-vous quelque chose à craindre?
«--Comme les autres, ni plus ni moins. Si la politique demande des
victimes, alors...
«--Mais pourquoi attendre la politique? partez.
«--Pas encore; mais si je vois que cela tourne trop mal, je m'expatrie,
ne fût-ce que pour éviter l'horreur de l'étranger foulant aux pieds nos
provinces. Et si cela arrivait, Ida, alors...
«--Alors je vivrais pour vous servir, vous consoler partout où mon
constant dévouement pourrait alléger les injustices du sort qui vous
aurait frappé.»