SAUVAIRE JOURDAN, _capitaine de frégate de réserve._

[Illustration: Messoudieh. Barbarossa. Torghout. L'escadre turque

rentrant dans les Dardanelles après le combat du 18 janvier. _Phot.

Roubin._]

[Illustration: LE BOMBARDEMENT D'ANDRINOPLE.--Le gros canon de siège de

la batterie Athanassof qui, le premier, a rouvert le feu contre la

ville, après la rupture de l'armistice.-_Phot. G. Woltz._]

C'est contre Andrinople, si énergiquement défendue par ce héros: Chukri

pacha, que, depuis la reprise des hostilités, s'est porté le plus rude

effort bulgare. Les assiégeants avaient profité de l'armistice pour

accroître la force défensive de leurs tranchées et disposer à loisir

leur matériel de bombardement. Notre photographie, prise aux derniers

instants de l'armistice, montre le plus gros canon du siège, appartenant

à la batterie du capitaine Athanassof, qui a reçu l'ordre de tirer le

premier sur la ville, ce qui fut fait dès l'expiration des délais prévus

pour la rupture effective de l'armistice.

Les Turcs, nous écrit-on des lignes assiégeantes, ont jeté une quantité

de projectiles dans la direction de cette redoutable batterie sans la

découvrir et sans l'atteindre. Le feu, des deux côtés, a été des plus

violents pendant plusieurs jours sans aboutir néanmoins à d'autres

résultats, semble-t-il, que d'affoler, dans la vaillante ville, la

population non combattante au milieu de laquelle éclataient les obus.

Cette situation, d'ailleurs, a provoqué une particulière émotion en

Europe où l'on s'est ému du sort des neutres, et la France a pris

l'initiative d'intervenir énergiquement en leur faveur à Constantinople

et à Sofia. Après beaucoup d'hésitation, les autorités militaires

bulgares ont accepté de laisser sortir de la ville les colonies

étrangères. Mais le gouverne ment turc, tout en acceptant de veiller au

salut des neutres, s'est opposé à ce que ces derniers se rendissent dans

les lignes bulgares et a proposé de fixer une zone où les étrangers

pourront être protégés contre le bombardement. Il est d'ailleurs permis

d'espérer que les tentatives actuellement faites pour trouver une

nouvelle base de négociations pacifiques ne tarderont pas à aboutir.

[Illustration: I.--Les effectifs mobilisables]

L'Illustration, No. 3652, 22 Février 1913 · 第 27 / 50 题