Un volume in-4º maximo, vélin, à deux colonnes, miniatures et initiales;
première partie du XIVe siècle; relié en maroquin rouge.
Cette leçon est, après celle de Sainte-Geneviève, la plus ancienne que
je connoisse. Elle poursuit le récit historique jusqu'à l'année 1330,
mais il faut distinguer dans la composition générale deux parties: la
première s'arrête à la mort de Philippe-Auguste et présente le texte
définitif des _Chroniques de Saint-Denis_; la seconde n'offre plus que
des matériaux historiques empruntés surtout aux continuateurs de Nangis,
matériaux employés plus tard avec réflexion par le rédacteur définitif
des _Chroniques de Saint-Denis_, et qu'après lui j'ai pu souvent
consulter avec fruit pour compléter ou éclaircir le récit. La solution
de continuité que l'on trouve ici après la mort de Philippe-Auguste est
d'ailleurs une nouvelle preuve du grand espace de temps écoulé entre la
rédaction de ce dernier règne et celui du règne de saint Louis. Il est
en effet vraisemblable qu'en l'année 1318, époque de la transcription de
presque tout ce volume, la vie de saint Louis n'étoit pas encore
rédigée, telle qu'elle a été faite pour les _Chroniques de Saint-Denis_.
Mais comme cette question doit être approfondie dans une dissertation
spéciale, il nous suffira de remarquer ici que le nº 218 est en général
transcrit avec le plus grand soin, et qu'il offre même pour le récit
antérieur à Louis VIII un grand nombre de variantes dont j'ai fait mon
profit. Les premières lignes du volume sont une longue rubrique que nous
allons transcrire:
«Ci commencent les Croniques des roys de France, depuis le temps des
premiers roys qui y furent jusques au temps du roy Phelippe qui fu fils
Phelippe le Biaux et frere le roy Looys. Lesquelles Pierres Honnorez du
Neufchastel en Normendie fist escrire et ordener en la maniere que elles
sont selonc l'ordenance des Croniques de Saint-Denis a mestre Thommas de
Maubeuge, demorant en rue Nostre-Dame-de-Paris. Lan de grace Nostre
Seingneur mil CCC et XVIII. Et contiennent trois generacions. Dont la
premiere si est du roy Merove comment que il y eust bien autres roys
devant lui. La seconde du roy Pepin. La tierce de Hue Capet. Et pour ce
que trop fort chose seroit a trouver briefment les hystoires et les
autres choses qui y sont contenues cest livre est ordene selonc les
trois generacions par nombre. Et qui voudra lire ci apres il sera
enseingnie et avisie de trover par le nombre ce que il demandera qui ou
livre sera contenu.»
Suit alors la table jusqu'aux premières années de _Phelippe-le-Biau_,
fol. 127 du Manuscrit. A partir de là, les feuillets ne sont plus
nombrés en rouge par le scribe primitif. Cependant comme le point
d'écriture ne change pas dans les pages suivantes, il est à croire que
le même scribe aura poursuivi la transcription jusqu'au feuillet 148 Rº,
c'est-à-dire jusqu'à la fin de l'année 1316. Les derniers mots de
l'ancienne écriture répondent dans notre édition au 4e alinéa du
huitième et dernier chapitre de Louis Hutin. Les voici:
«Et en y cest an aussi el mois de septembre Robert dArtois fiex Phelippe
dArtois qui fu fiex Robert le conte dArtois. Qui morut a Courteray en
Flandres. Entra a tout grant et noble chevalerie de chevaliers ensemble
alies en la cyte dArras. A li usurpant et prenant aussi comme par
violence la conte dArtois ou prejudice de la contesse dArtois fille le
dessus dit Robert conte dArtois.»
Le reste, jusqu'au folio 161 et dernier, est d'une écriture postérieure
à la rubrique du commencement. Le récit se poursuit ainsi jusqu'à
l'année 1329, et le dernier alinéa se rapporte au neuvième chapitre de
Phelippe de Valois dans notre édition. Le voici:
«En cel temps et un enffant à Pauponne en leveschie de Paris dentour
.VII. ans et dirent pluseurs simples gens que come par miracle il
garissoit de diverses maladies et disoit aus malades mangies des pocs en
non de sante ou metes. 1. pou feluiel sus vostre mal et par ce faire
disoient les simples gens que il garissoient. Dont assez tost levesque
de Paris envoia querre icel enffant et son pere et sot par verite que ce
nestoit que simplesce et ignorance et que du fait quant a miracles riens
ni avoit. Et ainssin renvoia lenffant et deffendi par son eveschie que
nuls ja plus nalast en tel esperance de garir. Et ainssi celle folle
renommee de cel enffant cessa.»