Deux volumes in-folio, vélin, à deux colonnes; XVe siècle; reliés en
veau marbré, à l'aigle françoise sur les plats.
Exemplaire horriblement mutilé. Tous les ornemens en ont été coupés.
D'après une note attachée dans le premier volume, on voit que le célèbre
antiquaire d'Agincourt l'avoit présenté au mois d'avril 1774 au prince
de Soubise: la révolution françoise en fit la propriété de la nation.
Mais si d'Agincourt attachoit à son présent quelque prix, c'étoit sans
doute en raison des miniatures qui l'ornoient. Les auroit-il lui-même
arrachées avant de se défaire des volumes? On aura grand' peine à le
croire; et certes tel qu'il est aujourd'hui, le présent n'étoit plus
digne d'un personnage tel que le prince de Soubise. La mutilation aura
donc plutôt eu lieu dans l'intervalle écoulé entre la saisie des objets
trouvés à l'hôtel de Soubise et le dépôt de ce volume dans la
bibliothèque nationale.
La transcription commence par une table générale de toutes les
chroniques. Puis à la suite de cette table:
«Cy commence le prologue de lauteur qui a translate les Croniques de
France.
»Cils qui ceste euvre commence. A tous ceulx qui ceste histoire liront
salut en nostre Seigneur. Pour ce que pluseurs se doubtoient de la
genealogie des Roys de France duquel original et de quelle lignee ilz
sont descendus emprist ceste euvre a faire par le commandement de tel
homme quil ne povoit ne ne devoit refuser. Mais pour ce que sa lecture
et la simplesce de son engin ne souffisoit mie a traictier dune si
haulte histoire, etc.»
Fin: «Et y morut grant foison de leur gens et de leur chevaux, et sen
alerent aucuns et emmenerent grant foison de biens.»
Le chapitre du comte de Champagne donne la leçon de _Gatebrule_.