XLIII.

De l'assemblée qui fu à Bruges pour traictier de la paix entre les deux

roys.

En celuy an mil trois cens septante-quatre dessusdit, furent envoiés de

par le pape l'arcevesque de Ravenne et l'evesque de Carpentras, pour

traictier de paix entre lesdis roys. Et en celuy an en karesme

assemblèrent à Bruges devant lesdis messages du pape les gens desdis

roys; c'est assavoir: pour le roy de France, le duc de Bourgoigne son

frère, l'evesque d'Amiens et pluseurs autres clers et chevaliers; et

pour le roy d'Angleterre, le duc de Lenclastre son fils, l'evesque de

Londres et pluseurs autres clers et chevaliers. Et quant il orent esté

par aucun temps en ladite ville de Bruges, aucuns de ceux du conseil du

roy de France retournèrent à Paris pour luy rapporter aucunes choses

parlées par les parties à Bruges sur lesdis traictiés. Et entre les

autres choses rapportèrent que lesdis Anglois requerroient à grant

instance avoir les ressors et souverainetés des terres que il devroient

avoir par ledit traictié. Si assembla le roy de France grant conseil,

tant des seigneurs de son sanc, comme prélas, nobles, clers, maistres en

théologie et en décrés, et grant nombre d'autres sages qui, tous d'un

accort après ce que tout leur ot esté dit et exposé, distrent au roy

qu'il ne povoit né devoit laissier aucune chose de ses ressors et

souverainetés; et sé il le faisoit, ce seroit contre son serement et son

honneur, et au détriment de son ame pour pluseurs causes et raisons que

il luy distrent lors. Et ainsi fu respondu à ses gens qui estoient venus

de Bruges par devers luy.

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 216 / 339 题