CXV.

Coment monseigneur le régent parla bien en parlement pour le roy de

Navarre, et de la response que fist maistre Jehan des Mares contre

pluseurs traitres.

Le samedi, vint-quatriesme jour du moys d'aoust, ledit régent s'en

retourna de Pontoise à Paris, et ledit roy s'en ala à Meulent. Et

deurent estre à Paris ensemble, le dimenche premier jour de septembre

ensuivant, pour ordener du fait de la guerre; pour ce que l'en disoit

que le navire du roy anglois estoit tout prest, et que celuy roy devoit

passer brievement à grant ost pour venir en France. Et jasoit ce que

ledit régent eust jà partout envoié lettres au royaume, contenant le

traictié de la paix de luy et du roy de Navarre, par lesquelles il se

pénoit, tant comme il povoit, de recommander ledit roy et de le mettre

en la grace du peuple, toutesvoies ne le vouloit-il ou n'osa faire venir

à Paris, jusques à ce que il eust parlé au peuple sur ce. Et pour ce

fist une grande assemblée en la chambre de parlement, et là récita au

peuple le traictié dudit roy, et leur dist de sa bouche qu'il ne vouloit

point faire venir ledit roy de Navarre à Paris sé ce n'estoit de leur

bon gré, et que il ne vouldroit point que l'en féist né déist audit roy

né à ses gens aucunes choses qui leur déust déplaire.

Et lors, un advocat de parlement appellé maistre Jehan des Mares, pour

et au nom du prévost des marchans et de ladite ville, respondi en

substance que le peuple de Paris estoit joieux et lie de la bonne paix

dessusdite, et leur plaisoit bien que il féist venir à Paris ledit roy

toutesfois que il luy plairoit: mais les bonnes gens de Paris

supplioient audit régent que il ne voulsist souffrir que aucuns

traistres venissent à Paris que ledit maistre Jehan nomma lors. Et dist

au régent que sé il venoient à Paris, que il tenoit fermement que le

peuple ne les y pourroit souffrir. Et estoient ceux dont les noms

s'ensuivent: maistre Robert le Coq évesque de Laon, maistre Michiel

Casse chancelier de l'églyse de Noyon, Jehan de Sainte-Aude, Pierre de

la Courtneuve, Vincent du Valrichier, Pierre des Barres, Gieffroi le

Flament du porche St-Jaques et aucuns autres.

Lequel régent respondi que ce n'estoit point son entencion né sa volenté

que lesdis traistres venissent à Paris; et jasoit ce que ledit roy luy

eust fait requeste pour les dessus nommés, afin que il leur pardonnast

tout, toutesvoies ne luy avoit-il voulu accorder né pensoit à faire.

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 128 / 339 题