De la deffense que monseigneur le duc de Normendie fist au prévost des
marchans et à autres qui usurpoient la puissance de gouverner le royaume
de France.
Après avint, environ la my-aoust, que monseigneur le duc de Normendie
dist au prévost des marchans, à Charles Toussac[60], à Jehan de l'Isle
et à Gille Marcel qui estoient principaux gouverneurs de la ville de
Paris, que il vouloit, dès or en avant, gouverner et ne vouloit plus
avoir curateurs; et leur deffendit qu'il ne se meslassent plus du
gouvernement du royaume que il avoient entrepris par telle manière que
on obéissoit plus à eux que à monseigneur le duc. Et dès lors chevaucha
ledit monseigneur le duc de Normendie par aucunes des bonnes villes et
leur fist requeste, en sa personne, de avoir aide d'eux comme de autres
choses. Et du fait de sa monnoie leur parla, lequel luy avoit esté
empeschié si comme dessus est dit, dont les dessus dis gouverneurs des
trois estas furent moult dolens. Et s'en ala ledit evesque de Laon en
son eveschié, car il véoit bien que il avoit tout honny.
[60] _Toussac_. Et non pas _Consac_, comme l'écrivent tous nos
historiens modernes.