LA GANGUE

I

Il y a quelques années, vers les derniers jours d’octobre, je m’arrêtai

dans une des villes d’eaux les plus fréquentées de France... Je ne sais

plus pour quelle raison, peut-être pour satisfaire la vaine curiosité de

revoir dans une mélancolie d’automne, avec ses grands parcs muets et

déserts, cette ville que j’avais connue, deux mois auparavant, pimpante,

parée, orgueilleuse de ses cinquante mille hôtes, dans toute la

coquetterie de sa belle saison et la magnificence d’un soleil d’août qui

emplissait l’atmosphère de griserie.

C’est un sentiment d’une poésie douce et amollissante que la mélancolie,

cette reconnaissance du cœur pour tout ce que le passé y a laissé de

souvenirs discrets ou délicats. L’âme s’y abandonne volontiers et la

recherche aussi parfois, quand elle désire réveiller sans brusquerie une

sensibilité paresseuse.

Mais, dès mon arrivée, ce fut un spectacle de désolation qui me frappa.

Les avenues, naguère éclatantes de vie, de lumière et de toutes les

musiques des Tziganes, s’allongeaient maintenant, silencieuses et

mornes, comme accablées par la fatigue des lendemains de fête, sous un

ciel grisâtre, d’où tombaient sans cesse, par milliers, avec

l’hésitation des oiseaux blessés, des feuilles éperdues que le vent, çà

et là, balayait parmi des tourbillons de poussière. Entre les hauts

platanes, énormes et déjà presque dépouillés, erraient, promenant leur

lente veulerie, quelques rares baigneurs, les retardataires de la

saison, figures molles et jaunes, où suintait cet ennui résigné des

désœuvrés de province.

Sur le parc, un hôtel restait encore ouvert. J’y entrai pour déjeuner,

décidé à repartir par le premier train, tant me pénétrait cette

tristesse de ville abandonnée. Je pris place à la table d’hôte, où

siégeaient déjà une dizaine de bourgeois, incolores et graves, dont un

commis voyageur bellâtre, rasé de près.

Tous ces gens-là, même le commis voyageur, ne disaient mot, paraissaient

glacés. Les dames touchaient à peine aux plats. Il y avait une gêne

évidente, une répugnance que je cherchais à m’expliquer, quand, soudain,

mon regard s’arrêta sur mon voisin de droite, qui s’était, avec

intention sans doute, placé un peu à l’écart, à l’extrémité de la table,

laissant ainsi plus d’espace entre nous qu’entre les autres convives.

C’était un être d’une laideur atroce, stupéfiante, telle qu’à première

vue, j’en éprouvai un frisson d’effroi.

La face, sans nez, sans barbe, sans sourcils, présentait une chose

informe, déconcertante, un amas de chairs torturées, ravagées,

labourées, une sorte d’épouvantable plaie cicatrisée.

Cependant, sur cette chose funèbre, rayonnaient, comme une aurore qui se

dégage des ténèbres, deux grands yeux splendides, splendides par leur

lumière et plus encore par la qualité et par la profondeur de leur

expression. Car on eût dit qu’ils exprimaient tout le drame des passions

silencieuses, des désirs qu’on n’avoue pas, des ardeurs réprimées, des

tendresses inassouvies, tout le tourment d’une âme véhémente et ignorée,

toute la douleur d’être et d’avoir été, en même temps qu’une acceptation

définitive de la fatalité, une tristesse si vaste et pourtant si douce

qu’elle en atténuait l’horreur de cette face tragique.

Il baissait la tête, s’effaçait le plus qu’il pouvait, conscient de la

répulsion qu’il inspirait, et mangeait sans bruit, vite, comme s’il

avait eu hâte d’en finir, d’échapper à une ambiance hostile, au malaise

intolérable dont sa présence était cause et qu’on sentait chez tous,

bien que personne ne parût prendre garde à lui.

Pour moi, après le premier moment de stupeur, je commençai à me troubler

devant cet homme, devant cette existence, comme devant quelque chose

d’inconnu et de mystérieux.

D’abord, quel âge pouvait-il avoir?... En vérité, il semblait impossible

de mettre un âge quelconque sur ce visage creusé de larges sillons et

qui n’avait plus rien d’humain, où tous les traits avaient été comme

emportés par le soc d’une charrue, où les lèvres mêmes ne dessinaient

plus qu’une barre d’ombre violacée. Seuls, les cheveux blonds, très

fins, et l’intensité du regard permettaient de supposer que c’était un

homme encore jeune, de trente à quarante ans peut-être.

J’observai ses mains, car rien ne révèle autant un homme que les mains.

Un instant, ces mains me hantèrent. Elles étaient belles, soignées et

délicates, comme ces mains de femme, aux jointures frêles, aux longs

doigts minces, qui indiquent une distinction de race et où l’on rêve de

poser ses lèvres... Je constatai aussi que la mise était correcte,

irréprochable, sinon élégante et recherchée.

Je me sentais agité d’un sentiment complexe, confus, indéfinissable, où

il y avait à la fois de l’effroi, de la curiosité, presque de la

sympathie. Dans cette face sinistre, je ne voyais plus que les yeux, si

beaux de tout le désespoir qu’ils exprimaient et qui semblaient demander

grâce, s’excuser d’un malheur prodigieux, permanent, irréparable, le

malheur d’être laid, d’être horrible.

L’épouvante dont j’avais frémi tout d’abord faisait place insensiblement

à la pitié. J’osais maintenant regarder ce monstre, ou plutôt je ne

voyais plus que l’âme qui s’y cachait, c’est-à-dire tout le drame, toute

la souffrance contenus dans cette violente iniquité de la nature, dans

cette atroce ironie du destin qui, sous ce masque affreux, faisait

saigner le cœur d’un homme.

Brusquement, avant que le repas fût achevé, il se leva et disparut, sans

bruit, à la dérobée.

Ce fut, parmi les convives, comme un soulagement instantané. Des

poitrines se dégonflèrent, le silence aussitôt fut rompu, des voix

glapirent dans un concert de plaintes et de récriminations.

--Il était temps! soupira une dame toute suffoquée... Je n’en ai pas

déjeuné, ça m’a coupé l’appétit.

--C’est comme moi, dit une autre, je n’ai pas touché à un plat.

--C’est trop fort, s’exclama un bourgeois furieux, qu’on permette à ce

monstre de s’asseoir à la table d’hôte! S’il doit rester ici, je quitte

l’hôtel, je m’en vais dès ce soir.

--C’est à faire frémir, déclara le commis voyageur... Supposez qu’une

femme dans une position intéressante voie ça...

--J’en suis toute bouleversée, fit une voix douce et fraîche, et j’ai

peur d’en rêver, cette nuit... Oh! je suis bien de votre avis, monsieur,

il devrait être défendu à cet homme-là de paraître en société. On

devrait l’enfermer.

C’était une jolie femme qui parlait ainsi, si jolie et si blonde que je

ne fus point choqué de ces dures paroles, car tel est l’empire de la

beauté que nous pardonnons à la nature, quand elle pousse l’ironie

jusqu’à parer d’un masque charmant l’injustice, la cruauté ou la

sottise.

--Mon Dieu! reprit une matrone tétonneuse et empesée, se peut-il qu’il

existe des laideurs pareilles?... Ce n’est pas sa faute, le malheureux

est à plaindre, mais enfin...

--Moi, à sa place, je n’hésiterais pas, je me tuerais, déclara

héroïquement un bourgeois énorme et diabétique dont la face poupine,

écarlate et luisante, semblait suer du sucre.

Un monsieur solennel, inspirant le respect par ces profondeurs et ces

sévérités d’expression qui caractérisent souvent la physionomie d’un

imbécile, s’éleva à des considérations sociales:

--Dans l’antiquité, dit-il, les Spartiates, plus sages que nous, et plus

humains, détruisaient, dès leur naissance, les enfants difformes, mal

venus. Aussi n’avaient-ils que de beaux hommes, de superbes guerriers,

tandis que, dans nos sociétés modernes, on rencontre partout des

rachitiques, des scrofuleux, des infirmes qui ne trouvent plus de place

dans nos hôpitaux encombrés et qui deviennent des non-valeurs sociales,

des misérables condamnés à toujours souffrir, sans que la charité

publique puisse les secourir...

--Sans doute, interrompit carrément le commis-voyageur, mais en

attendant, je vais tancer d’importance la patronne.

--Rassurez-vous, monsieur, intervint tout à coup celle-ci... Vous ne le

verrez plus, il quitte l’hôtel aujourd’hui même... Je suis désolée,

ajouta-t-elle, mais vous comprenez, il nous est difficile de refuser

quelqu’un qui paye comme tout le monde.

--Et il a bien aussi le droit de vivre, observai-je.

Ce fut un silence stupéfait, où il y avait un peu de dignité froissée,

quelque chose d’analogue à ce sentiment de révolte qui redresse les

imbéciles, quand on leur raconte que l’homme descend du singe. Il

semblait que tous ces bourgeois se sentaient outragés dans leur

humanité, humiliés qu’un tel monstre fût un homme comme eux, leur égal

selon les lois, leur frère selon leur religion.

--Non, ce n’est pas un homme, protesta quelqu’un, c’est une erreur, une

aberration de la nature.

Je n’étais pas d’humeur à discuter. J’allai faire un tour dans le parc,

en attendant mon train... Le ciel s’était découvert. Un soleil

d’automne, filtrant à travers les branches, s’épandait çà et là en

nappes pâles sur le sol jonché de feuilles mortes.

Derrière un bosquet, j’entendis de jeunes rires. Je m’approchai.

C’était une maman, une blonde maman de vingt ans à peine, dont toute la

jeunesse épanouie exhalait une grâce adorable, et qui courait après un

bébé, pas plus haut qu’une botte.--Je t’attrape! criait-elle, je

t’attrape!... Près de là, sur un banc, un homme, jeune aussi, suivait

des yeux la partie de cache-cache avec un sourire de tendresse et de

bonté qui disait la joie sereine d’un amour exempt d’inquiétude. A un

moment, le bébé vint se blottir sur ses genoux; il lui passa la main

dans les cheveux, d’un geste lent et délicat, tandis que son regard ravi

se tournait vers la jeune femme, essoufflée et charmante. Il émanait de

ces trois êtres une atmosphère de douceur réchauffante, ce je ne sais

quoi de divin qu’emportent continuellement avec eux et que répandent à

l’entour ceux qui aiment...

J’allais pourtant me retirer, sentant ma présence indiscrète, lorsque,

en levant les yeux, je fus saisi d’apercevoir à quelque distance,

dissimulée parmi des arbres, la face horrible de mon voisin de table

d’hôte.

Que faisait-il là?... Il demeurait immobile, effacé, sans un souffle,

comme s’il avait craint d’être découvert, de déranger ce bonheur entrevu

ainsi que dans un songe merveilleux et dont le spectacle semblait le

retenir, le subjuguer, l’emplir d’une émotion étrange, extraordinaire,

car tel était en ce moment l’éclat de son regard qu’on l’eût dit

surnaturel. Un ravissement l’illuminait comme d’une aurore intérieure.

Quelles pensées l’obsédaient, à cette heure? Peut-être ces choses qu’il

voyait, qu’il devinait, l’amour, la jeunesse, la grâce,

réveillaient-elles en lui des sentiments longtemps refoulés, des désirs

éperdus, des chimères évanouies, un idéal lointain. Peut-être était-il

possédé de quelque rêve éblouissant, d’une illusion prodigieuse, aussi

troublante qu’une hallucination. Peut-être éprouvait-il une volupté

infinie à s’imaginer, un instant, le bonheur qu’il aurait eu, s’il avait

été cet homme, jeune et beau, qui caressait cet enfant, qui souriait à

cette femme charmante et d’un sourire qui révélait tant de douceur, de

tendresse et tant de clarté intérieure.

Soudain, la jeune femme jeta un cri terrifié:

--Oh! quelle horreur!

En même temps, elle eut un geste, comme pour repousser une vision

d’épouvante, et détourna la tête.

Son mari s’approcha avec sollicitude.

--Qu’est-ce donc, ma chérie? demanda-t-il.

--Là! fit-elle... cet homme... Oh! c’est affreux! je n’ose pas regarder!

Il chercha un instant des yeux. Puis, brusquement, son visage devint

dur, s’empourpra de colère.

--Attends, je vais le chasser.

Il s’avança, menaçant... Mais la vision d’épouvante s’était enfuie.

--Il n’est plus là, dit-il... Allons, remets-toi.

Elle restait pâle, tremblante. Le bébé se pendait à ses jupes, en

bégayant:

--Maman, j’ai peur... j’ai peur...

--Ne crains rien, mon chéri, dit-elle enfin, il est parti, il ne

reviendra pas...

--Si tu es sage, ajouta le père.

* * * * *

Je m’éloignai... Il y avait environ, de là, dix minutes de marche pour

se rendre à la gare, située tout au bout d’une longue avenue qui

s’ouvrait sur le parc. Chemin faisant, je pensais à ce malheureux, j’y

pensais malgré moi. C’était une obsession pénible, presque suffocante.

J’étais hanté de ce visage monstrueux, de ce regard de détresse, si

troublant par tout ce qu’il disait et plus encore par tout ce qu’il ne

pouvait pas dire, par tout ce qu’il contenait enfin d’insondable et

d’incommensurable. Pour la première fois, je réfléchissais profondément

à cette odieuse et stupide contradiction de la nature qui avait fait

cette laideur inhumaine avec un cœur humain. Et je m’étonnais aussi de

n’avoir pas vu dans ces yeux-là des lueurs farouches de haine et de

révolte. Il me semblait que ce maudit, sans cesse repoussé, objet

d’effroi et de dégoût, victime d’une iniquité désespérante, aurait dû

haïr tout ce qui était jeune et beau, tout ce qui exhalait l’amour, la

fraîcheur, la joie de vivre, lui qui n’avait jamais été aimé, lui qui

n’avait jamais été heureux et qui ne pouvait l’être.

Comme je m’engageais dans l’avenue, je le vis, de nouveau:

Il était debout, contre un arbre... Oh! ces yeux!... C’était un

spectacle dont le souvenir m’émeut encore... De grosses larmes

emplissaient maintenant leurs prunelles fixes, à demi sanglantes, sans

vouloir couler. Aucun pli de sa face, cependant, ne bougeait; il restait

calme, grave. Quelque chose indiquait que ces larmes étaient rares,

comme les larmes de ceux qui sont accoutumés à souffrir... Elles

s’arrêtèrent longtemps, puis finirent par se détacher des paupières et

roulèrent, silencieuses, lentes, dans le lacis de rides qui labouraient

les joues, tandis que le visage gardait toujours son étrange

impassibilité.

Sans doute ne m’aperçut-il pas, car il était comme un homme qui se croit

seul, qui ne se sent pas observé... Mais un bruit de feuilles mortes

craquant sous des pas le fit tressaillir; il se remit en marche, vers la

gare, en suivant un sentier parallèle à l’avenue.

* * * * *

Il prit, comme moi, un billet de première pour Paris. Cela et d’autres

indices me laissaient supposer qu’il était riche, ou du moins dans

l’aisance. D’ailleurs, on ne concevait pas qu’il eût pu vivre pauvre;

intolérable eût été la misère s’associant à une telle disgrâce physique.

Cependant, malgré la fortune qu’il paraissait avoir, je cherchais en

vain quelle illusion, quelle raison d’être attachait ce malheureux à la

vie. Ce n’était pas l’amour, ce n’était pas non plus l’espoir en une

justice des hommes, puisque les hommes ne sont justes qu’envers ceux

qu’ils aiment... Qu’était-ce donc alors?

Une ardente curiosité m’incitait à faire sa connaissance, à pénétrer

dans le secret de cette âme, dans le drame de cette existence. Je montai

dans le même compartiment, je pris place en face de lui.

Nous n’étions pas seuls. Dans les coins opposés, deux voyageurs

sommeillaient sous la lueur molle d’une veilleuse, luttant avec les

reflets pâles du jour qui commençait à baisser. Notre train s’ébranla,

puis s’enfonça dans les campagnes désolées déjà par les premiers

souffles de l’hiver.

Une heure presque entière s’écoula... Je ne trouvais pas la phrase

banale par quoi débute un entretien. Je ne sais quelle émotion

m’obstruait la gorge. Visiblement, d’ailleurs, il n’était pas disposé à

causer; il ne semblait préoccupé que de me cacher son visage, de se

soustraire aux investigations de ma pensée. Tantôt, la tête penchée à la

portière du wagon, il regardait défiler les paysages, s’effondrer et se

reconstituer tour à tour les horizons; tantôt, il baissait les paupières

et se prenait le front dans les mains. Mais je sentais qu’il ne dormait

pas; son esprit poursuivait quelque longue méditation... Un moment, il

rouvrit les yeux, nos regards se rencontrèrent. Je dis enfin:

--Pardon, monsieur, la fumée vous dérange-t-elle?

Il fit signe que non. Je repris aussitôt:

--C’est long, ces voyages, quand on ne dort pas en chemin de fer... On

est tout de même content de rentrer à Paris. Et quelle triste ville nous

venons de quitter!... J’avoue que pour rien au monde je n’aurais

consenti à y rester vingt-quatre heures de plus... Sans doute y

étiez-vous de passage comme moi, par pure fantaisie... Voulez-vous me

permettre de vous offrir un cigare?

--Merci, dit-il, je ne fume pas.

--Vous rentrez aussi à Paris?

--Oui.

--Vous habitez Paris?

--Oui.

Décidément, il ne voulait pas causer, il n’était pas liant. Peut-être se

défiait-il ou pressentait-il chez moi une curiosité qui le froissait,

qu’il se refusait à satisfaire, par dignité, par cette sorte de pudeur

qu’ont les âmes fières de ne point s’étaler à nu. Je craignais d’être

importun en insistant davantage. Pourtant, une heure après environ, je

parvins encore, péniblement, à lui arracher quelques lambeaux de

phrases, d’ailleurs insignifiants, et qui ne m’apprirent rien de son

passé, de ses sentiments, de tout ce que pouvait contenir cette vie que

jamais sans doute n’avait épanouie une joie, une espérance, un sourire,

ni même peut-être l’aumône presque insultante de la pitié.

Plus je l’observais cependant, plus je me persuadais qu’il n’était pas

né ainsi, que seul un accident pouvait l’avoir défiguré si

effroyablement, car, sur cet amas de chairs torturées, il y avait comme

les ravages d’un incendie.

La seule chose qui me frappa, ce fut le son de sa voix, une voix

harmonieuse, joliment timbrée, un peu chevrotante et qui avait quelque

chose de la plainte d’un enfant abandonné. Et c’était une stupéfaction

que cette voix douce, caressante, qui sortait de ce monstre.

Le silence s’était fait. Le train roulait à roues fébriles, précipitant

sa course dans la nuit, avec des souffles et des sifflets de hâte.

Je m’endormis... Lui, sans doute, ne dormit pas, car chaque fois que je

me réveillais, je revoyais ses grands yeux ouverts, profonds et pensifs,

si impressionnants que j’en pouvais à peine supporter l’éclat,

l’éloquence trop forte, quand par hasard ils rencontraient les miens.

Le lendemain, à l’aube, nous arrivâmes à Paris.

La gangue · 第 9 / 28 题