SUC DE GROSEILLES ROUGES.

Je fais cueillir la groseille rouge bien mûre, je la fais écraser sur

des tamis clairs; je soumets à la presse le marc qui reste sur les

tamis, pour en extraire tout le suc qui peut y rester, et que je mêle

avec le premier; je parfume le tout avec un peu de suc de framboises. Je

passe cette décoction au tamis un peu plus fin que les premiers[38]. Je

mets en bouteilles, etc., et j'expose au bain-marie avec la même

attention que pour la groseille en grains, etc.

[38] Quoiqu'il n'entre pas dans les attributions de mon ouvrage de

parler de différens objets qui paraissent n'avoir aucun rapport avec

lui, cependant je crois devoir, pour l'intérêt même du manipulateur,

le prévenir des accidens qui pourraient arriver dans le courant de ses

préparations, et dont la pratique et l'expérience seules m'ont fait

apercevoir.

Par exemple, dans les grandes opérations, on peut se trouver dans le

cas de manquer de vases pour contenir les sucs qu'on doit mettre

ensuite en bouteilles. Alors, il ne faut jamais se servir de vases

d'étain et de cuivre étamé, ni de fer-blanc, ni même de fer, parce que

les deux premières espèces, de rouge qu'était le suc qu'on leur avait

confié, le rendent violet, et les deux autres le rendent noir. En

général, il faut bien se garder de se servir de pareils vases, surtout

pour des sucs acides: les vases de terre, de grès, de faïence, ou de

bois, n'occasionnent aucun inconvénient.

J'opère de même pour le suc de groseilles blanches.

Pour les grandes opérations, j'ai fait construire des tamis de canevas

de vingt-quatre à trente pouces de diamètre, assez serré pour retenir

les pepins; je les ai fait ajuster sur un cuvier placé sur un trépied

peu élevé. Ce cuvier est armé à sa base d'un robinet ou d'une broche. Je

mets douze à quinze livres de groseilles dans un baquet, et avec un

rabot ou morceau de bois de huit pouces de longueur sur trois pouces

d'épaisseur bien emmanché, j'écrase les groseilles en les appuyant

contre les parois du vase. Lorsque le fruit est bien écrasé, je le verse

de suite sur le grand tamis de canevas, et le promène dessus, au moyen

d'une spatule de bois, en ayant soin d'appuyer légèrement pour ne pas

fatiguer le tamis. Dès que tout le suc est passé à travers le tamis, je

mets à la presse le marc qui reste pour en extraire le suc qui s'y

trouve, et je le réunis à celui qui est sur les tamis. On continue

jusqu'à la fin de l'opération. C'est ainsi que j'ai employé jusqu'à deux

mille quatre cents livres de groseilles en un jour.

Lorsque tout le suc est extrait, on met en bouteilles, on bouche, etc.

Le livre de tous les ménages ou l'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales · 第 61 / 161 题