«À Potsdam, ce 26 octobre 1806, à 4 heures du matin.». ]
[51: Ces capitulations étaient plutôt des démissions du service
militaire, car les hommes, pour la plupart, retournaient chez eux.]
[52: Duroc n'était pas dans l'habitude de se trouver sur le passage de
l'empereur, chaque fois qu'il sortait ou rentrait.]
[53: Il fallait que ces gouverneurs eussent perdu la tête, car peu de
jours auparavant, des détachemens de troupes égarés s'étaient présentés
devant les mêmes places, dont l'entrée leur avait été refusée.]
[54: Mes instructions étaient ainsi conçues:
«Berlin, le 18 novembre, au quartier-général.
«D'après les intentions de l'empereur, vous voudrez bien, général,
partir sur-le-champ pour vous rendre devant Hameln.
«Vous prendrez le commandement des troupes qui bloquent cette
forteresse, et vous aurez soin de faire retrancher par de bonnes
redoutes tous les postes du blocus.
«Vous ferez prendre dans la place de Binteln des obusiers et des canons
pour bombarder la ville, y mettre le feu, et accélérer la reddition.
Vous ferez garnir les redoutes de petites pièces de campagne, afin
d'empêcher l'ennemi de faire lever le blocus, et afin de suppléer, au
moyen des retranchemens et d'un bon service, au peu de troupes que vous
avez sous vos ordres.
«Aussitôt votre arrivée, vous ferez passer à l'empereur l'état de
l'organisation du blocus, et vous correspondrez avec moi le plus
fréquemment possible.
«Vous tirerez vos vivres et tout ce dont vous aurez besoin du pays
d'Hanovre.
«Le 12e régiment d'infanterie légère doit être parti aujourd'hui de
Cassel pour Hameln. S'il n'était pas arrive, vous écririez au général
Lagrange, à Cassel, de le faire venir sans délai, et si vous aviez
réellement besoin d'un plus grand nombre de troupes, vous demanderiez
également au général Lagrange quelques uns des détachemens de cavalerie
qu'il a à Cassel. L'intention de S. M. est que vous suppléiez par de
bonnes dispositions, de l'activité et de l'énergie, au peu de troupes
que vous avez.
«S. M. vous autorise, au surplus, à accorder à la garnison une
capitulation par laquelle elle sera prisonnière de guerre, les officiers
sur parole et les soldats envoyés en France. Vous aurez soin que toutes
les caisses des régimens et tout ce qui appartiendrait au roi de Prusse
nous restent.--Faites-moi passer aussi, général, un rapport qui fasse
connaître l'état de la place de Binteln.»]
[55: «Monsieur le duc,
«Le roi a vu avec un extrême mécontentement que vous ayez appelé
l'attention publique sur de funestes souvenirs dont il avait commandé
l'oubli à tous ses sujets.
«Sa Majesté m'ordonne en conséquence de vous faire connaître que son
intention est que vous vous absteniez de vous présenter dans son palais.
«J'ai l'honneur d'être avec considération, monsieur le duc,
«Votre très humble et obéissant serviteur.
«Le président du conseil des ministres, chargé du portefeuille de la
maison du roi pendant l'absence de M. le marquis de Lauriston.
«_Signé_ comte de VILLÈLE.»]
[56: _Voyez_ chapitre V.]
[57: _Éclaircissemens donnés par le citoyen Talleyrand à ses
concitoyens_.--À Paris, chez Laran, libraire, Palais-Égalité, galerie de
bois, n° 245, an VII.]
[58: _Voyez_ chapitre V.]
[59: Le lendemain, ajoute M. de Massias, il fit une distribution
publique et solennelle des croix de la Légion-d'Honneur, qu'il avait
nouvellement instituée. D'après ses réglemens, j'y avais droit, et comme
chargé d'affaires, et comme portant les épaulettes de colonel; il la
distribua à tous mes collègues présens, et je fus le seul à qui il ne la
donna pas. Le général Lannes, que je vis le soir, me dit que l'empereur
avait été très content de mon courage et de ma probité, mais qu'il avait
voulu punir mon manque de respect envers mon supérieur.
Je revins à Carlsruhe. Un ou deux mois après mon retour, on me dit qu'un
chambellan de Sa Majesté demandait à me parler; c'était M. le comte de
Beaumont, qui me remit une lettre du grand-maréchal du palais, Duroc,
dans laquelle il était dit que l'empereur devant bientôt envoyer à
Carlsruhe sa fille adoptive, la princesse Stéphanie, épouse du grand-duc
de Bade, il la confiait à mes soins et à ma probité; que, pour tout ce
qui la concernait, je ne devais point correspondre avec le ministre des
affaires étrangères, mais directement avec lui-même.
Un an environ après l'arrivée de la princesse, l'empereur me nomma
résident-consul-général à Dantzick. J'occupais à peine depuis huit jours
ce nouveau poste, que je reçus ma nomination à la place d'intendant de
la ville, avec de gros émolumens.
À mon retour en France, où ma santé me força de revenir en congé, il me
nomma baron, avec l'autorisation de créer un majorat.]
[60: Il serait possible que cette lettre fût celle dont l'empereur
Napoléon a voulu parler en répondant à M. O'Méara, quand il s'est plaint
qu'on ne la lui avait remise qu'après la mort du prince... D'après des
informations prises auprès des personnes attachées au cabinet de
l'empereur, on n'a point eu connaissance d'une lettre du duc d'Enghien.]
[61: Pièce n° 3 au _Recueil_ public par M. Dupin.]
[62: Extrait de l'ouvrage intitulé: _Notice historique sur S. A. I.
monseigneur le duc d'Enghien_, par un bourgeois de Paris, pages 150 et
151, chez Blaise, libraire, rue Férou, Paris, 1822, 1 volume.]
[63: Cet ordre a été donné le jour même de la tenue du conseil privé.]
[64: L'ordre précédent, du premier consul au ministre de la guerre, est
du 10 mars, à onze heures du soir. Le ministre l'aura transmis au
général Ordener, au plus tôt à deux ou trois heures du matin le 11; il
est probable que le général n'aura pu partir que le soir de ce même
jour.]
[65: Il avait donc été question de ces émigrés avant la tenue du conseil
privé du 10. Alors, comment M. de Talleyrand n'a-t-il pas fait avertir
le duc d'Enghien même avant la tenue de ce conseil?]
[66: Ce décret du 16 est la conséquence de la lettre de M. de
Talleyrand, en date du 11. Elle a donc été remise au moins le 15.
Probablement, M. de Massias avait écrit le même jour, et conséquemment
sa lettre aura dû arriver à Paris avant le duc d'Enghien, qui n'est
parti de Strasbourg que le 18 au soir.]