Réponse. «Sire, de savoir si Votre Majesté accepte les propositions qui
la concernent, dans ce qui a été convenu hier entre l'empereur
d'Autriche et l'empereur Napoléon.»
Alexandre. «Oui, je l'accepte; c'est pour le roi des Romains que je suis
venu; il me dégage, il est content de ce qui lui est promis, je dois
l'être aussi, puisque je ne formais point de voeux pour moi.»
Réponse. «L'empereur m'a chargé d'ajouter qu'il désirait que l'armée de
Votre Majesté sortît des États autrichiens dans le plus bref délai, et
par la route militaire la plus courte, en faisant chaque jour le chemin
ordinaire que fait une troupe en marche.»
Alexandre. «Mais votre maître exige donc que je m'en aille bien vite; il
est bien pressant.»
Réponse. «Non, sire; il ne demande pas que vous retourniez plus vite que
vous n'êtes venu; mais comment prendre une autre règle pour se fixer,
que d'admettre la route militaire et la distance d'étape, pour la marche
de chaque jour? On ne le stipulerait même pas, que ce serait l'unité de
mesure que l'on prendrait: il n'est donc pas déraisonnable d'en convenir
d'avance.»
Alexandre. «Eh bien! soit, j'y consens; mais quelle garantie exige votre
maître? et quelle garantie ai-je moi-même que, pendant que vous êtes
ici, vos troupes ne font pas quelques mouvemens contre moi? suis-je en
sûreté?»