CHAPITRE XIV.

Marche de l'armée russe.--Entrée à Braunau.--Retour de Duroc de sa

mission à Berlin.--Le général Giulay envoyé à Napoléon par l'empereur

d'Autriche.--Occupation de Vienne.--Affaire de Krems.--Surprise du pont

du Tabor.--Dispositions générales.--Examen que fait Napoléon du terrain

où il doit livrer bataille.

L'empereur revint coucher à Elchingen, et partit le lendemain pour

Augsbourg, où il logea chez l'évêque. Il y resta le temps nécessaire

pour organiser une nouvelle combinaison de marches, et partit.

Il avait appris d'une manière à peu près sûre que les Russes

approchaient. Des voyageurs arrivant de Lintz avaient vu entrer dans

cette ville les premières troupes de cette nation; à mesure qu'elles

débouchaient, elles se plaçaient sur des chariots rassemblés d'avance,

et partaient en poste vers la Bavière; cette précipitation était

vraisemblablement le résultat de l'avis qu'avait eu le général en chef

Kutusow, que nous avions passé le Rhin. Il ne tarda pas à apprendre les

événemens qui avaient eu lieu devant Ulm, et changea de projets.

D'Augsbourg, l'empereur alla à Munich; il y reçut toutes les autorités

bavaroises, et leur promit de ne pas oublier leur pays dans le traité de

paix.

L'électeur n'était pas encore rentré dans sa capitale, mais il n'avait

omis aucun ordre pour que la réception de l'empereur fût convenable et

proportionnée aux avantages que la Bavière retirait des premiers succès

de la campagne. Les Bavarois firent éclater leur reconnaissance par des

illuminations; et quoique la ville fût pleine de soldats français, ils

ne firent entendre aucune plainte. Cependant il était impossible qu'il

n'y eût pas de désordre.

Notre armée passa l'Iser sur tous les ponts, depuis celui de Munich

jusqu'à Plading, et s'approcha de l'Inn.

L'empereur, avec une forte partie de l'armée, prit la route de Mülhdorf;

les premières troupes russes étaient venues jusque-là, et s'en étaient

retournées après qu'elles eurent appris l'aventure du maréchal Mack.

À partir de Mülhdorf, nous ne trouvâmes pas un pont qui ne fût à refaire

en entier: les Russes les brûlaient d'une manière qui nous était

jusqu'alors inconnue, si bien que nous fûmes obligés de faire marcher à

l'avant-garde des compagnies de sapeurs avec des ingénieurs, qui eurent

fort à faire.

De Mülhdorf, l'empereur se rendit à Burkhausen, puis à Braunau. On

croyait qu'il y avait une garnison dans cette place; on fut fort étonné

d'en trouver les portes ouvertes, les fortifications en très bon état,

bien palissadées, l'artillerie sur les remparts, et des vivres plein les

magasins. Le pont de l'Inn était brûlé. Deux mille hommes dans cette

place nous eussent fait beaucoup de mal, en ce qu'ils nous auraient

obligés de les bloquer, et de déranger toutes les directions de nos

communications; ce qui eût été un grand inconvénient pour nous, parce

que la saison devenait très pluvieuse.

L'empereur jugea qu'il fallait qu'on eût perdu la tête pour commettre de

pareilles fautes, et fit de suite mettre la main à l'ouvrage pour

raccommoder le pont. Il était toujours à cheval, quelque temps qu'il

fît; il ne voyageait en voiture que quand son armée était à trois ou

quatre marches en avant; c'était un calcul de sa part: le point où il se

trouvait entrait toujours dans ses combinaisons, et les distances

n'étaient rien pour lui; il les franchissait avec la rapidité de

l'aigle.

Il ne resta à Braunau qu'une nuit, et partit par la route de Lintz;

l'armée était à peu près rassemblée. Il marchait avec précaution, de

manière à pouvoir manoeuvrer, et être partout de sa personne. Il alla

donc à petites journées jusqu'à Lintz.

On suivait les Russes à la trace; mais le raccommodage des ponts nous

prenait un temps qui leur donnait de l'avance.

Le pont de Lintz était brûlé; l'empereur ordonna de le rétablir; il fit

passer de l'infanterie sur la rive gauche, et comme il animait tout par

sa présence, la cavalerie ne tarda pas à pouvoir passer.

On en jeta sur les routes de la Bohême, et on fit marcher, pour

l'appuyer, deux divisions d'infanterie, commandées par le maréchal

Mortier. L'empereur fit ces dispositions, parce qu'il craignait que les

Russes ne lui dérobassent leur retraite, en passant le Danube à

l'improviste; et comme il était arrêté à chaque pas par la rupture des

ponts, il imagina de faire marcher par les deux rives du fleuve, attendu

que le corps qui descendait la rive gauche, ne rencontrant pas les mêmes

obstacles, pouvait aisément déborder les Russes, et, par conséquent, les

obliger à aller chercher un passage plus loin.

L'empereur reçut dans cette ville la visite de l'électeur de Bavière,

qui, arrivé à Munich après son départ, était accouru lui rendre ses

devoirs, conduisant son fils aîné avec lui; ils dînèrent l'un et l'autre

avec l'empereur, et retournèrent à Munich.

Le maréchal Duroc, expédié, comme je l'ai dit plus haut, au roi de

Prusse, avant le départ de Boulogne, joignit également l'empereur dans

cette ville. Il ne rapportait rien de satisfaisant de sa mission; mais

du moins il donnait l'assurance que la conduite du cabinet de Berlin

serait subordonnée aux événemens, c'est-à-dire qu'il faudrait combattre

cette puissance, si la fortune nous était défavorable. L'empereur pensa

que les événemens d'Ulm lui avaient fait faire des réflexions, mais, en

résultat, que nous n'avions rien de solidement établi à Berlin.

L'empereur reçut à Lintz des nouvelles de l'armée d'Italie sous les

ordres du maréchal Masséna; elle avait passé l'Adige, et avait attaqué

l'armée de l'archiduc Charles dans la position de Caldiero: l'affaire,

quoiqu'indécise, fut fort meurtrière; cependant l'archiduc se retira,

vraisemblablement parce qu'il avait connaissance de la marche de

l'empereur sur Vienne.

Il vint à Lintz un parlementaire de l'empereur d'Autriche; c'était le

général Giulay qui avait été compris dans la capitulation d'Ulm. Il

avait vu notre armée dans cette circonstance, et en avait été rendre

compte à Vienne. D'une autre part, la monarchie était gravement

compromise, malgré les ressources qu'elle conservait encore; elle avait

besoin de gagner du temps pour rallier l'armée de l'archiduc à l'armée

russe, et elle voulait les réunir par le pont de Vienne. Si elle eût pu

opérer cette jonction, elle se fût trouvée dans une situation

respectable.

Le général Giulay venait, en conséquence, assurer des intentions

pacifiques de son souverain, et proposer un armistice. L'empereur lui

répondit qu'il ne demandait pas mieux que de faire la paix, mais qu'on

pouvait traiter sans suspendre le cours des opérations. Il observa au

général Giulay qu'il n'avait pas de pouvoirs de la part des Russes, qui,

d'après cela, seraient en droit de ne pas reconnaître l'armistice; il

l'invita à aller se mettre en règle et le congédia.

Il partit de Lintz, et prit la route de Vienne. Arrivé à Saint-Polten,

il y fut retenu un ou deux jours par un accident arrivé au corps du

maréchal Mortier, sur la rive gauche du Danube: une de ses deux

divisions avait considérablement devancé l'autre, et s'était portée

jusqu'à Krems. Avertie de cette circonstance, l'armée russe fit ses

dispositions et marcha sur nous; elle attaqua la division française, à

laquelle elle était incomparablement supérieure, l'enveloppa, lui fit

éprouver de grandes pertes, et l'aurait infailliblement détruite, si la

deuxième division ne fût venue la dégager. Les Russes nous prirent trois

aigles: ce sont les premières que nous ayons perdues.

Ce petit échec donna de l'humeur à l'empereur, et le fit rester à

Saint-Polten vingt-quatre heures de plus. Le général Giulay, qui avait

déjà été prendre ses instructions, le rejoignit dans cette ville. Il

était plus pressant que la dernière fois, car le mal empirait, mais il

n'était pas plus en règle, de sorte qu'il n'eut pas une meilleure

réception. L'Autriche voulait évidemment sauver Vienne et gagner du

temps; il n'y avait que danger pour nous à accorder ce qu'elle

demandait.

L'on partit de Saint-Polten pour Vienne: les maréchaux Lannes et Murat

étaient entrés dans cette capitale. Ils exécutèrent une surprise qui a

eu une si grande influence sur le reste de la campagne, que l'on ne peut

la passer sous silence.

Le général Giulay n'était pas encore de retour aux avant-postes

autrichiens, lorsque nos troupes entrèrent à Vienne. Le bruit d'un

armistice y était répandu par les ennemis eux-mêmes: on savait que le

général Giulay était encore chez l'empereur. On le voyait aller et venir

continuellement depuis une quinzaine de jours. Comme il n'était pas

repassé, le bruit d'armistice acquérait de la vraisemblance. Les

Autrichiens, placés sur la rive gauche du Danube, avaient fait les

dispositions nécessaires pour brûler le pont du Tabor, et s'étaient

bornés à le couvrir par un poste de hussards.

Les maréchaux Lannes et Murat, voulant sauver ce moyen de passage si

essentiel à l'armée, se rendirent eux-mêmes, accompagnés de quelques

officiers, au poste autrichien, où ils répétèrent tous les propos qui

couraient au sujet de l'armistice. Le commandant du poste les prit pour

de simples officiers; ils se promenèrent à pied avec lui, et ils le

menèrent sur le pont même, qui est d'une longueur extrême. Des officiers

autrichiens des troupes qui étaient à l'autre bord, c'est-à-dire de la

rive gauche, vinrent prendre part à la conversation. La colonne de

grenadiers du maréchal Lannes, qu'un officier intelligent conduisait,

profita du moment où ils avaient le visage tourné vers la rive gauche.

Elle s'était avancée par les rues des faubourgs de Vienne qui sont dans

l'île du Prater; elle empêcha les vedettes de hussards de retourner pour

donner l'alerte: l'officier français leur dit que c'était un poste qu'il

allait poser sur le bord du fleuve; elles le crurent, n'avertirent pas

leur poste, qui vit tout d'un coup déboucher derrière lui, à l'entrée du

grand pont, la tête de la colonne. Les hussards autrichiens de cette

grande garde ne voyant point leur officier, qui était sur le pont avec

les maréchaux Lannes et Murat, ayant d'ailleurs l'esprit plein des idées

d'armistice, ne bougèrent pas. La colonne de grenadiers, prenant le pas

redoublé, entra sur le pont et se hâta de gagner l'autre rive, en jetant

à l'eau tous les artifices disposés pour incendier le pont.

Les officiers autrichiens s'aperçurent trop tard de la faute qu'ils

avaient faite, mais il n'était plus temps; et leurs canonniers, qui

étaient à leurs pièces à l'autre bord, ne concevant rien à ce qui se

passait sous leurs yeux, n'osaient pas tirer, parce qu'ils voyaient

leurs officiers sur le pont en conversation avec les nôtres. Ils

laissèrent arriver la colonne jusqu'à eux, et virent bientôt prendre

leurs canons, ainsi qu'eux-mêmes et tout ce qui était là.

Jamais surprise ne fut mieux conduite et n'eut un plus grand résultat.

La réunion des armées russes avec celle que l'archiduc Charles ramenait

d'Italie fut dès-lors impossible.

L'armée se dirigea de tous les points sur Vienne; elle passa le Danube,

et se mit en marche par la route de Znaim pour joindre les Russes, qui

avaient repassé le Danube à Stein.

Cette surprise du pont du Tabor fit grand plaisir à l'empereur. Il vint

mettre son quartier-général au château de Schoenbrunn, et fit ses

dispositions pour manoeuvrer avec toutes ses forces, soit sur les Russes,

soit sur l'archiduc Charles, suivant que l'un ou les autres se

trouveraient à portée.

L'armée du général Kutusow, qui avait repassé le Danube à Stein,

marchait par Znaim pour rejoindre à Olmutz la grande armée russe, où se

trouvait l'empereur Alexandre. Si, au lieu de repasser le Danube, ce

général fût venu occuper Vienne, il aurait donné une autre face aux

affaires. Il ne le fit pas, on le croit du moins, parce qu'il craignit

que le corps du maréchal Davout, qui marchait à notre droite, ne

descendît des montagnes du Tyrol, après avoir battu et dispersé le corps

autrichien du général Merfeld, et ne parvînt à entrer à Vienne avant

lui, ce qui aurait pu arriver; mais s'il eût pris cette résolution

depuis son départ de Lintz et qu'il eût marché, rien ne l'eût arrêté.

On trouva dans les magasins et arsenaux de Vienne de l'artillerie et des

munitions pour faire deux campagnes; nous n'eûmes plus besoin de rien

tirer de Strasbourg ni de Metz, nous pûmes au contraire faire refluer un

matériel considérable sur ces deux grands établissemens.

Vienne était devenue la capitale de l'empereur, et la source de tous ses

moyens. La marche de tous les convois en devint plus rapide.

L'occupation de Vienne et la surprise du grand pont du Tabor changèrent

la situation des affaires. L'archiduc Charles fut obligé de se jeter à

droite et de gagner la Hongrie; pour lui allonger le chemin, on fit

marcher de suite sur Presbourg, ce qui éloignait de beaucoup le point

par où il aurait pu se mettre en contact avec les Russes.

L'empereur mit dans Vienne le corps du maréchal Mortier, et en dehors,

observant les routes d'Italie et de Hongrie, le corps du général

Marmont; ce qui faisait ensemble quatre divisions.

Le maréchal Ney était resté dans le pays de Salsbourg devant Kuffstein,

qui avait une forte garnison.

Toutes ces troupes eussent été les premières employées, s'il avait été

plus avantageux ou plus urgent d'agir contre l'archiduc Charles.

L'empereur témoigna un peu de mécontentement de ce que le maréchal

Masséna ne marchait pas de manière à pouvoir se joindre à lui, en même

temps que l'archiduc aurait pu joindre les Russes; il croyait que cela

lui était possible. L'empereur ne voulait jamais s'imaginer que là où il

n'était pas, le zèle, quoique le même, rencontrait souvent des obstacles

dans la hiérarchie de sous-ordres. Le fait est que l'arrivée du maréchal

Masséna lui eût fait un extrême plaisir; mais il fut obligé de manoeuvrer

de manière à pouvoir s'en passer.

Après avoir fait ses dispositions sur la rive droite, il partit pour

Znaim, emmenant avec lui le reste de l'armée. Le jour même de son

départ, notre avant-garde, sous les ordres des maréchaux Lannes et

Murat, joignit l'arrière-garde du corps russe du général Kutusow; ce fut

à Hollabrunn que la rencontre eut lieu. Depuis que les Russes avaient

repassé le Danube, ils auraient dû être fort loin, mais enfin on les

trouva là. La lutte fut chaude; ils s'y conduisirent en gens de valeur,

et nous comme des hommes qui les cherchaient depuis long-temps. Le

général Oudinot fut blessé dans cette affaire. On sut après que c'était

la seule division du prince Bagration qui s'était trouvée là: elle eut

beaucoup de monde de tué; nous eûmes de notre côté trois brigades

employées.

Les Russes continuèrent à se retirer sur Znaim, et nous à les poursuivre

avec tous nos moyens.

L'empereur avait fait marcher le corps du maréchal Davout sur Vienne,

par la route de Nicolsbourg.

Depuis que nous étions dans la ligne de retraite des Russes, nous

aurions pu les suivre par leurs traînards et leurs malades; leurs

soldats, qui arrivaient pour la première fois en lice, avaient un air de

stupidité qui ne les rendait pas redoutables aux nôtres. Il était aisé

de voir combien il devait manquer de choses au mécanisme de cette armée,

qui depuis a beaucoup acquis.

À Znaim, l'empereur apprit que l'armée russe avait marché par la route

de Brunn, et il fit prendre ce même chemin à son armée.

Il fut joint dans cette ville par les quatre régimens de cavalerie

légère du maréchal Bernadotte qui étaient commandés par le général

Kellermann; ils arrivaient par la route de Budweis, et avaient laissé

Bernadotte[29] et son corps à Iglau, en Bohême. L'infanterie bavaroise

était allée avec lui: on lui envoya la cavalerie de la même nation pour

remplacer celle de Kellermann.

Cette cavalerie bavaroise, commandée par le général Wrede, était

exténuée de fatigue: on l'avait fait marcher en tout sens; mais comme on

la rapprochait des événemens, l'archiduc Ferdinand, que l'on poursuivait

depuis Ulm sur cette direction de la Bohême, n'était plus alors l'objet

dont on s'occupait le plus attentivement.

L'empereur partit de Znaim pour Brunn. Il avait donné le commandement

des grenadiers réunis au maréchal Duroc, auquel il désirait faire faire

quelque chose pendant la campagne. Le général Oudinot, blessé, avait été

transporté à Vienne.

En arrivant à Brunn, l'empereur trouva la citadelle évacuée, les

magasins pleins de munitions, et, par une négligence qui ne peut se

concevoir, de munitions de guerre confectionnées, que nous pûmes

employer de suite; les fonctionnaires autrichiens nous remettaient tout

cela avec une si grande fidélité, qu'on aurait cru qu'ils en avaient

l'ordre.

L'empereur poussa, le même soir, toute la cavalerie sur la route

d'Olmutz, et s'y porta lui-même. On rencontra l'arrière-garde ennemie à

la première poste sur cette route. La cavalerie russe chargea bravement

tout ce qui la poursuivait, et nous aurait menés battant, si les

grenadiers à cheval de la garde, qui étaient là, n'eussent coupé en deux

cette ligne russe. Les cuirassiers achevèrent de disperser l'autre

partie qui talonnait nos troupes légères.

Il était nuit close quand cette échauffourée se termina. L'empereur

retourna à Brunn, et vint le lendemain sur le terrain où s'était passée

cette affaire, pour placer son armée, qui arrivait dans plusieurs

directions. Il porta sa cavalerie d'avant-garde jusqu'à Vichau; il y

alla lui-même, et en revenant, il parcourut au pas de son cheval toutes

les sinuosités et ondulations du terrain situé en face de la position

qu'il avait ordonné de prendre. Il s'arrêtait à chaque hauteur, faisait

mesurer des distances, et nous disait souvent: _Messieurs, examinez bien

le terrain; vous aurez un rôle à y jouer_. C'était celui où s'est livrée

la bataille d'Austerlitz, et qui était occupé par les Russes,

c'est-à-dire la position qu'ils avaient avant la bataille. Il passa

toute la journée à cheval, vit la position de chacun des corps de son

armée, et remarqua, à la gauche de la division du général Suchet, un

monticule isolé, dominant tout le front de cette division. Le Centon

était là comme exprès; il y fit placer, dans la même nuit, quatorze

pièces de canon autrichiennes, de celles trouvées à Brunn. Comme on ne

pouvait pas y mettre de caissons, on amassa derrière chacune d'elles

deux cents gargousses; puis on fit couper le pied du Centon en

escarpement, de manière à se garantir d'un assaut. L'empereur revint

coucher à Brunn.

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 2 · 第 18 / 47 题