Marche de l'armée russe.--Entrée à Braunau.--Retour de Duroc de sa
mission à Berlin.--Le général Giulay envoyé à Napoléon par l'empereur
d'Autriche.--Occupation de Vienne.--Affaire de Krems.--Surprise du pont
du Tabor.--Dispositions générales.--Examen que fait Napoléon du terrain
où il doit livrer bataille.
L'empereur revint coucher à Elchingen, et partit le lendemain pour
Augsbourg, où il logea chez l'évêque. Il y resta le temps nécessaire
pour organiser une nouvelle combinaison de marches, et partit.
Il avait appris d'une manière à peu près sûre que les Russes
approchaient. Des voyageurs arrivant de Lintz avaient vu entrer dans
cette ville les premières troupes de cette nation; à mesure qu'elles
débouchaient, elles se plaçaient sur des chariots rassemblés d'avance,
et partaient en poste vers la Bavière; cette précipitation était
vraisemblablement le résultat de l'avis qu'avait eu le général en chef
Kutusow, que nous avions passé le Rhin. Il ne tarda pas à apprendre les
événemens qui avaient eu lieu devant Ulm, et changea de projets.
D'Augsbourg, l'empereur alla à Munich; il y reçut toutes les autorités
bavaroises, et leur promit de ne pas oublier leur pays dans le traité de
paix.
L'électeur n'était pas encore rentré dans sa capitale, mais il n'avait
omis aucun ordre pour que la réception de l'empereur fût convenable et
proportionnée aux avantages que la Bavière retirait des premiers succès
de la campagne. Les Bavarois firent éclater leur reconnaissance par des
illuminations; et quoique la ville fût pleine de soldats français, ils
ne firent entendre aucune plainte. Cependant il était impossible qu'il
n'y eût pas de désordre.
Notre armée passa l'Iser sur tous les ponts, depuis celui de Munich
jusqu'à Plading, et s'approcha de l'Inn.
L'empereur, avec une forte partie de l'armée, prit la route de Mülhdorf;
les premières troupes russes étaient venues jusque-là, et s'en étaient
retournées après qu'elles eurent appris l'aventure du maréchal Mack.
À partir de Mülhdorf, nous ne trouvâmes pas un pont qui ne fût à refaire
en entier: les Russes les brûlaient d'une manière qui nous était
jusqu'alors inconnue, si bien que nous fûmes obligés de faire marcher à
l'avant-garde des compagnies de sapeurs avec des ingénieurs, qui eurent
fort à faire.
De Mülhdorf, l'empereur se rendit à Burkhausen, puis à Braunau. On
croyait qu'il y avait une garnison dans cette place; on fut fort étonné
d'en trouver les portes ouvertes, les fortifications en très bon état,
bien palissadées, l'artillerie sur les remparts, et des vivres plein les
magasins. Le pont de l'Inn était brûlé. Deux mille hommes dans cette
place nous eussent fait beaucoup de mal, en ce qu'ils nous auraient
obligés de les bloquer, et de déranger toutes les directions de nos
communications; ce qui eût été un grand inconvénient pour nous, parce
que la saison devenait très pluvieuse.
L'empereur jugea qu'il fallait qu'on eût perdu la tête pour commettre de
pareilles fautes, et fit de suite mettre la main à l'ouvrage pour
raccommoder le pont. Il était toujours à cheval, quelque temps qu'il
fît; il ne voyageait en voiture que quand son armée était à trois ou
quatre marches en avant; c'était un calcul de sa part: le point où il se
trouvait entrait toujours dans ses combinaisons, et les distances
n'étaient rien pour lui; il les franchissait avec la rapidité de
l'aigle.
Il ne resta à Braunau qu'une nuit, et partit par la route de Lintz;
l'armée était à peu près rassemblée. Il marchait avec précaution, de
manière à pouvoir manoeuvrer, et être partout de sa personne. Il alla
donc à petites journées jusqu'à Lintz.
On suivait les Russes à la trace; mais le raccommodage des ponts nous
prenait un temps qui leur donnait de l'avance.
Le pont de Lintz était brûlé; l'empereur ordonna de le rétablir; il fit
passer de l'infanterie sur la rive gauche, et comme il animait tout par
sa présence, la cavalerie ne tarda pas à pouvoir passer.
On en jeta sur les routes de la Bohême, et on fit marcher, pour
l'appuyer, deux divisions d'infanterie, commandées par le maréchal
Mortier. L'empereur fit ces dispositions, parce qu'il craignait que les
Russes ne lui dérobassent leur retraite, en passant le Danube à
l'improviste; et comme il était arrêté à chaque pas par la rupture des
ponts, il imagina de faire marcher par les deux rives du fleuve, attendu
que le corps qui descendait la rive gauche, ne rencontrant pas les mêmes
obstacles, pouvait aisément déborder les Russes, et, par conséquent, les
obliger à aller chercher un passage plus loin.
L'empereur reçut dans cette ville la visite de l'électeur de Bavière,
qui, arrivé à Munich après son départ, était accouru lui rendre ses
devoirs, conduisant son fils aîné avec lui; ils dînèrent l'un et l'autre
avec l'empereur, et retournèrent à Munich.
Le maréchal Duroc, expédié, comme je l'ai dit plus haut, au roi de
Prusse, avant le départ de Boulogne, joignit également l'empereur dans
cette ville. Il ne rapportait rien de satisfaisant de sa mission; mais
du moins il donnait l'assurance que la conduite du cabinet de Berlin
serait subordonnée aux événemens, c'est-à-dire qu'il faudrait combattre
cette puissance, si la fortune nous était défavorable. L'empereur pensa
que les événemens d'Ulm lui avaient fait faire des réflexions, mais, en
résultat, que nous n'avions rien de solidement établi à Berlin.
L'empereur reçut à Lintz des nouvelles de l'armée d'Italie sous les
ordres du maréchal Masséna; elle avait passé l'Adige, et avait attaqué
l'armée de l'archiduc Charles dans la position de Caldiero: l'affaire,
quoiqu'indécise, fut fort meurtrière; cependant l'archiduc se retira,
vraisemblablement parce qu'il avait connaissance de la marche de
l'empereur sur Vienne.
Il vint à Lintz un parlementaire de l'empereur d'Autriche; c'était le
général Giulay qui avait été compris dans la capitulation d'Ulm. Il
avait vu notre armée dans cette circonstance, et en avait été rendre
compte à Vienne. D'une autre part, la monarchie était gravement
compromise, malgré les ressources qu'elle conservait encore; elle avait
besoin de gagner du temps pour rallier l'armée de l'archiduc à l'armée
russe, et elle voulait les réunir par le pont de Vienne. Si elle eût pu
opérer cette jonction, elle se fût trouvée dans une situation
respectable.
Le général Giulay venait, en conséquence, assurer des intentions
pacifiques de son souverain, et proposer un armistice. L'empereur lui
répondit qu'il ne demandait pas mieux que de faire la paix, mais qu'on
pouvait traiter sans suspendre le cours des opérations. Il observa au
général Giulay qu'il n'avait pas de pouvoirs de la part des Russes, qui,
d'après cela, seraient en droit de ne pas reconnaître l'armistice; il
l'invita à aller se mettre en règle et le congédia.
Il partit de Lintz, et prit la route de Vienne. Arrivé à Saint-Polten,
il y fut retenu un ou deux jours par un accident arrivé au corps du
maréchal Mortier, sur la rive gauche du Danube: une de ses deux
divisions avait considérablement devancé l'autre, et s'était portée
jusqu'à Krems. Avertie de cette circonstance, l'armée russe fit ses
dispositions et marcha sur nous; elle attaqua la division française, à
laquelle elle était incomparablement supérieure, l'enveloppa, lui fit
éprouver de grandes pertes, et l'aurait infailliblement détruite, si la
deuxième division ne fût venue la dégager. Les Russes nous prirent trois
aigles: ce sont les premières que nous ayons perdues.
Ce petit échec donna de l'humeur à l'empereur, et le fit rester à
Saint-Polten vingt-quatre heures de plus. Le général Giulay, qui avait
déjà été prendre ses instructions, le rejoignit dans cette ville. Il
était plus pressant que la dernière fois, car le mal empirait, mais il
n'était pas plus en règle, de sorte qu'il n'eut pas une meilleure
réception. L'Autriche voulait évidemment sauver Vienne et gagner du
temps; il n'y avait que danger pour nous à accorder ce qu'elle
demandait.
L'on partit de Saint-Polten pour Vienne: les maréchaux Lannes et Murat
étaient entrés dans cette capitale. Ils exécutèrent une surprise qui a
eu une si grande influence sur le reste de la campagne, que l'on ne peut
la passer sous silence.
Le général Giulay n'était pas encore de retour aux avant-postes
autrichiens, lorsque nos troupes entrèrent à Vienne. Le bruit d'un
armistice y était répandu par les ennemis eux-mêmes: on savait que le
général Giulay était encore chez l'empereur. On le voyait aller et venir
continuellement depuis une quinzaine de jours. Comme il n'était pas
repassé, le bruit d'armistice acquérait de la vraisemblance. Les
Autrichiens, placés sur la rive gauche du Danube, avaient fait les
dispositions nécessaires pour brûler le pont du Tabor, et s'étaient
bornés à le couvrir par un poste de hussards.
Les maréchaux Lannes et Murat, voulant sauver ce moyen de passage si
essentiel à l'armée, se rendirent eux-mêmes, accompagnés de quelques
officiers, au poste autrichien, où ils répétèrent tous les propos qui
couraient au sujet de l'armistice. Le commandant du poste les prit pour
de simples officiers; ils se promenèrent à pied avec lui, et ils le
menèrent sur le pont même, qui est d'une longueur extrême. Des officiers
autrichiens des troupes qui étaient à l'autre bord, c'est-à-dire de la
rive gauche, vinrent prendre part à la conversation. La colonne de
grenadiers du maréchal Lannes, qu'un officier intelligent conduisait,
profita du moment où ils avaient le visage tourné vers la rive gauche.
Elle s'était avancée par les rues des faubourgs de Vienne qui sont dans
l'île du Prater; elle empêcha les vedettes de hussards de retourner pour
donner l'alerte: l'officier français leur dit que c'était un poste qu'il
allait poser sur le bord du fleuve; elles le crurent, n'avertirent pas
leur poste, qui vit tout d'un coup déboucher derrière lui, à l'entrée du
grand pont, la tête de la colonne. Les hussards autrichiens de cette
grande garde ne voyant point leur officier, qui était sur le pont avec
les maréchaux Lannes et Murat, ayant d'ailleurs l'esprit plein des idées
d'armistice, ne bougèrent pas. La colonne de grenadiers, prenant le pas
redoublé, entra sur le pont et se hâta de gagner l'autre rive, en jetant
à l'eau tous les artifices disposés pour incendier le pont.
Les officiers autrichiens s'aperçurent trop tard de la faute qu'ils
avaient faite, mais il n'était plus temps; et leurs canonniers, qui
étaient à leurs pièces à l'autre bord, ne concevant rien à ce qui se
passait sous leurs yeux, n'osaient pas tirer, parce qu'ils voyaient
leurs officiers sur le pont en conversation avec les nôtres. Ils
laissèrent arriver la colonne jusqu'à eux, et virent bientôt prendre
leurs canons, ainsi qu'eux-mêmes et tout ce qui était là.
Jamais surprise ne fut mieux conduite et n'eut un plus grand résultat.
La réunion des armées russes avec celle que l'archiduc Charles ramenait
d'Italie fut dès-lors impossible.
L'armée se dirigea de tous les points sur Vienne; elle passa le Danube,
et se mit en marche par la route de Znaim pour joindre les Russes, qui
avaient repassé le Danube à Stein.
Cette surprise du pont du Tabor fit grand plaisir à l'empereur. Il vint
mettre son quartier-général au château de Schoenbrunn, et fit ses
dispositions pour manoeuvrer avec toutes ses forces, soit sur les Russes,
soit sur l'archiduc Charles, suivant que l'un ou les autres se
trouveraient à portée.
L'armée du général Kutusow, qui avait repassé le Danube à Stein,
marchait par Znaim pour rejoindre à Olmutz la grande armée russe, où se
trouvait l'empereur Alexandre. Si, au lieu de repasser le Danube, ce
général fût venu occuper Vienne, il aurait donné une autre face aux
affaires. Il ne le fit pas, on le croit du moins, parce qu'il craignit
que le corps du maréchal Davout, qui marchait à notre droite, ne
descendît des montagnes du Tyrol, après avoir battu et dispersé le corps
autrichien du général Merfeld, et ne parvînt à entrer à Vienne avant
lui, ce qui aurait pu arriver; mais s'il eût pris cette résolution
depuis son départ de Lintz et qu'il eût marché, rien ne l'eût arrêté.
On trouva dans les magasins et arsenaux de Vienne de l'artillerie et des
munitions pour faire deux campagnes; nous n'eûmes plus besoin de rien
tirer de Strasbourg ni de Metz, nous pûmes au contraire faire refluer un
matériel considérable sur ces deux grands établissemens.
Vienne était devenue la capitale de l'empereur, et la source de tous ses
moyens. La marche de tous les convois en devint plus rapide.
L'occupation de Vienne et la surprise du grand pont du Tabor changèrent
la situation des affaires. L'archiduc Charles fut obligé de se jeter à
droite et de gagner la Hongrie; pour lui allonger le chemin, on fit
marcher de suite sur Presbourg, ce qui éloignait de beaucoup le point
par où il aurait pu se mettre en contact avec les Russes.
L'empereur mit dans Vienne le corps du maréchal Mortier, et en dehors,
observant les routes d'Italie et de Hongrie, le corps du général
Marmont; ce qui faisait ensemble quatre divisions.
Le maréchal Ney était resté dans le pays de Salsbourg devant Kuffstein,
qui avait une forte garnison.
Toutes ces troupes eussent été les premières employées, s'il avait été
plus avantageux ou plus urgent d'agir contre l'archiduc Charles.
L'empereur témoigna un peu de mécontentement de ce que le maréchal
Masséna ne marchait pas de manière à pouvoir se joindre à lui, en même
temps que l'archiduc aurait pu joindre les Russes; il croyait que cela
lui était possible. L'empereur ne voulait jamais s'imaginer que là où il
n'était pas, le zèle, quoique le même, rencontrait souvent des obstacles
dans la hiérarchie de sous-ordres. Le fait est que l'arrivée du maréchal
Masséna lui eût fait un extrême plaisir; mais il fut obligé de manoeuvrer
de manière à pouvoir s'en passer.
Après avoir fait ses dispositions sur la rive droite, il partit pour
Znaim, emmenant avec lui le reste de l'armée. Le jour même de son
départ, notre avant-garde, sous les ordres des maréchaux Lannes et
Murat, joignit l'arrière-garde du corps russe du général Kutusow; ce fut
à Hollabrunn que la rencontre eut lieu. Depuis que les Russes avaient
repassé le Danube, ils auraient dû être fort loin, mais enfin on les
trouva là. La lutte fut chaude; ils s'y conduisirent en gens de valeur,
et nous comme des hommes qui les cherchaient depuis long-temps. Le
général Oudinot fut blessé dans cette affaire. On sut après que c'était
la seule division du prince Bagration qui s'était trouvée là: elle eut
beaucoup de monde de tué; nous eûmes de notre côté trois brigades
employées.
Les Russes continuèrent à se retirer sur Znaim, et nous à les poursuivre
avec tous nos moyens.
L'empereur avait fait marcher le corps du maréchal Davout sur Vienne,
par la route de Nicolsbourg.
Depuis que nous étions dans la ligne de retraite des Russes, nous
aurions pu les suivre par leurs traînards et leurs malades; leurs
soldats, qui arrivaient pour la première fois en lice, avaient un air de
stupidité qui ne les rendait pas redoutables aux nôtres. Il était aisé
de voir combien il devait manquer de choses au mécanisme de cette armée,
qui depuis a beaucoup acquis.
À Znaim, l'empereur apprit que l'armée russe avait marché par la route
de Brunn, et il fit prendre ce même chemin à son armée.
Il fut joint dans cette ville par les quatre régimens de cavalerie
légère du maréchal Bernadotte qui étaient commandés par le général
Kellermann; ils arrivaient par la route de Budweis, et avaient laissé
Bernadotte[29] et son corps à Iglau, en Bohême. L'infanterie bavaroise
était allée avec lui: on lui envoya la cavalerie de la même nation pour
remplacer celle de Kellermann.
Cette cavalerie bavaroise, commandée par le général Wrede, était
exténuée de fatigue: on l'avait fait marcher en tout sens; mais comme on
la rapprochait des événemens, l'archiduc Ferdinand, que l'on poursuivait
depuis Ulm sur cette direction de la Bohême, n'était plus alors l'objet
dont on s'occupait le plus attentivement.
L'empereur partit de Znaim pour Brunn. Il avait donné le commandement
des grenadiers réunis au maréchal Duroc, auquel il désirait faire faire
quelque chose pendant la campagne. Le général Oudinot, blessé, avait été
transporté à Vienne.
En arrivant à Brunn, l'empereur trouva la citadelle évacuée, les
magasins pleins de munitions, et, par une négligence qui ne peut se
concevoir, de munitions de guerre confectionnées, que nous pûmes
employer de suite; les fonctionnaires autrichiens nous remettaient tout
cela avec une si grande fidélité, qu'on aurait cru qu'ils en avaient
l'ordre.
L'empereur poussa, le même soir, toute la cavalerie sur la route
d'Olmutz, et s'y porta lui-même. On rencontra l'arrière-garde ennemie à
la première poste sur cette route. La cavalerie russe chargea bravement
tout ce qui la poursuivait, et nous aurait menés battant, si les
grenadiers à cheval de la garde, qui étaient là, n'eussent coupé en deux
cette ligne russe. Les cuirassiers achevèrent de disperser l'autre
partie qui talonnait nos troupes légères.
Il était nuit close quand cette échauffourée se termina. L'empereur
retourna à Brunn, et vint le lendemain sur le terrain où s'était passée
cette affaire, pour placer son armée, qui arrivait dans plusieurs
directions. Il porta sa cavalerie d'avant-garde jusqu'à Vichau; il y
alla lui-même, et en revenant, il parcourut au pas de son cheval toutes
les sinuosités et ondulations du terrain situé en face de la position
qu'il avait ordonné de prendre. Il s'arrêtait à chaque hauteur, faisait
mesurer des distances, et nous disait souvent: _Messieurs, examinez bien
le terrain; vous aurez un rôle à y jouer_. C'était celui où s'est livrée
la bataille d'Austerlitz, et qui était occupé par les Russes,
c'est-à-dire la position qu'ils avaient avant la bataille. Il passa
toute la journée à cheval, vit la position de chacun des corps de son
armée, et remarqua, à la gauche de la division du général Suchet, un
monticule isolé, dominant tout le front de cette division. Le Centon
était là comme exprès; il y fit placer, dans la même nuit, quatorze
pièces de canon autrichiennes, de celles trouvées à Brunn. Comme on ne
pouvait pas y mettre de caissons, on amassa derrière chacune d'elles
deux cents gargousses; puis on fit couper le pied du Centon en
escarpement, de manière à se garantir d'un assaut. L'empereur revint
coucher à Brunn.