123.
N.-D. de la Miséricorde de Lisieux, 2 janvier 1911.
Louise Lamy a été atteinte de grosseurs le long de la jambe droite en
1900. Il s'est formé du pus et une plaie. Avec les soins le mal a cédé,
mais pour reparaître les années suivantes, et, à deux reprises surtout,
a été très difficile à enrayer.
La malade ne pouvait rester couchée sur le côté droit sans être
réveillée par les douleurs, et souffrait en marchant.
En 1907, le mal fit de tels progrès que, le 28 janvier, Louise dut
entrer à l'infirmerie. Le médecin constata une nécrose à la cuisse
droite. Il s'y forma trois trous sur une superficie de 15 à 20
centimètres. Le pus sortait en telle abondance qu'il fallait passer des
drains pour l'écoulement, la plaie était pansée plusieurs fois par jour,
et des paquets de linge étaient employés à chaque fois.
Les plaies et l'état général donnaient des craintes si sérieuses que le
docteur commençait à désespérer de la guérison.
La malade ne pouvait supporter le moindre pansement sans souffrir
d'atroces douleurs; elle ne pouvait s'appuyer aucunement sur la jambe,
l'appétit avait disparu ainsi que le sommeil, et on s'attendait à un
dénouement prochain.
Notre chère malade, qui aimait beaucoup Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus,
eut l'idée de lui faire une neuvaine. Elle la commença avec une grande
confiance. Pendant cette neuvaine elle souffrit davantage. On lui
conseilla d'en recommencer une seconde, puis, pour les pansements, on se
servit d'une goutte d'huile bénite de la Sainte Face, pour laquelle
Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus avait tant de dévotion. Vers le milieu
de la neuvaine, Jeudi Saint, 28 mars, notre malade, qui avait passé une
bonne nuit, sentit en s'éveillant qu'elle pouvait remuer la jambe et dit
à la Mère infirmière qui se disposait à faire le pansement matinal:
«Vous pouvez aller à la Messe sans me changer, je suis mieux.»
En effet, il restait de petits trous, mais qui ne la faisaient pas
souffrir. La suppuration avait cessé. Les plaies mirent deux ou trois
jours à se fermer. La malade s'était levée vers neuf heures. Le docteur
venu pour la voir ne pouvait en croire ses yeux. «Je suis guérie, lui
dit-elle, je ne souffre plus.»
L'après-midi, elle descendit à la cuisine et remonta les escaliers sans
souffrance.
Le jour de Pâques, 31 mars, elle fut à la Messe à la chapelle, et
s'agenouilla à la sainte Table, comme ses compagnes. Le docteur ne
pouvait revenir d'un tel changement, car il ne voyait pas de remède à ce
mal affreux.
L'année suivante, novembre 1908, ce même docteur demande à voir sa
malade. Il est frappé de sa mine de santé; puis, après examen sérieux,
ne trouvant aucune trace de l'horrible plaie, il se retire persuadé de
l'intervention de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Depuis, aucune rechute, la santé est excellente.
Sr X.
_Supérieure._
Suit le certificat du médecin.
124.
Trouville-s.-Mer (Calvados), 2 janvier 1911.
J'avais, depuis l'enfance, une grosseur sous l'aisselle droite,
semblable à une bille mobile placée entre cuir et chair. Elle se sentait
très nettement à la palper, mais n'était pas visible à l'extérieur. Je
n'en souffrais nullement.
Il y a quatre ans, elle augmenta de volume et devint douloureuse. Je
consultai alors un médecin de Bernay qui l'appela «ganglion tubéreux» et
me conseilla une opération pour plus tard.
Souffrant davantage, je consultai durant l'été 1905 un médecin de
Trouville qui me fit subir un traitement continu, pendant trois mois et
dix-sept jours. Il appela mon mal «kyste néogéne» et me l'ouvrit très
souvent, c'est-à-dire plusieurs fois chaque semaine. Il en extrayait
alors, à l'aide de pinces, de petits cheveux enroulés en forme de
limaçon. Après ce traitement je souffris un peu moins, mais je n'étais
nullement guéri.
Au printemps 1910, je fus repris plus violemment et incapable de
travailler. La douleur se faisait sentir non pas seulement sous le bras
qui me semblait comme rongé intérieurement, mais encore dans tout le
côté du corps et de la tête, si bien que mon caractère avait
complètement changé et que j'étais devenu, par la persistance du mal,
d'humeur chagrine et irascible.
Une opération fut donc décidée par le docteur X. et le jour fixé à l'un
des derniers samedis de mai, je ne sais plus lequel.--Par une
coïncidence providentielle, une personne pieuse engagea ma femme à faire
une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pour ma guérison. C'était
la première fois que nous entendions parler de cette Sœur; nous nous
empressâmes quand même de suivre le conseil.
Or, chaque jour de la neuvaine, nous constations que le kyste diminuait
de grosseur et de dureté, si bien que le samedi, jour de clôture de la
neuvaine et jour fixé pour mon entrée à la clinique, où l'opération
devait avoir lieu le surlendemain lundi, la grosseur avait complètement
disparu. J'hésitai à me rendre à la consultation; sur les instances de
ma femme, je m'y décidai. Je trouvai le docteur X. en compagnie d'un
autre chirurgien qu'il me demanda de faire assister à l'opération, à
titre de témoin, car, disait-il, mon cas était intéressant et rare. Je
lui répondis en souriant--car j'avais repris ma gaieté d'autrefois--que
la présence d'un autre docteur ne me gênait nullement... puis je
découvris l'épaule et le bras, et le docteur parut stupéfait quand,
après avoir examiné et palpé de toutes façons le siège du mal, il
constata qu'il n'y avait plus rien, que j'étais complètement guéri. Il
me demanda si j'avais employé des remèdes nouveaux et lesquels; et, sur
ma réponse négative, il me renvoya en disant: «C'est étrange! Enfin, si
le mal vous reprend, je suis toujours là: vous viendrez me retrouver.»
Depuis cette époque, fin mai 1910, je n'ai plus jamais senti la moindre
trace de cette grosseur, ni éprouvé la moindre douleur à l'endroit jadis
malade; et pourtant, je me suis livré aux plus pénibles travaux.
En foi de quoi j'ai signé de plein cœur la présente attestation,
attribuant ma guérison uniquement à la puissante intercession de Sr
Thérèse de l'Enfant-Jésus dont je n'ai jamais cessé depuis lors de
porter les reliques et d'implorer la bienfaisante protection.