Notre fillette, âgée de trois ans, tomba malade après avoir mangé des
mûres où se trouvait probablement quelque insecte venimeux. Elle fut
prise d'un tel délire qu'elle ne nous reconnaissait plus. Elle avait le
ventre enflé et dur comme une pierre; elle reposait très peu et ne
pouvait supporter qu'on la touche sans pousser de grands cris, tant la
souffrance était atroce. Ses violentes crises la laissaient épuisée et
mourante; à peine pouvait-elle prendre quelques gouttes de lait. Le
médecin était très inquiet.
Le 24 octobre, une personne pieuse, touchée de notre douleur, donna à la
grand'mère qui soignait notre pauvre petite, une relique de Sr
Thérèse de l'Enfant-Jésus et l'engagea à commencer une neuvaine à cette
sainte religieuse. De retour à la maison, notre mère profita d'un moment
très court où la petite s'était assoupie--car elle criait lorsqu'on
s'approchait d'elle, craignant qu'on ne la touche--pour poser la relique
sur la partie douloureuse. Un instant après, l'enfant se réveillait en
souriant. Emue et pleine de confiance, la grand'mère se mit alors à
genoux, reprit dans ses mains la relique et demanda avec ferveur à Sr
Thérèse de l'Enfant-Jésus la guérison de sa petite-fille. Immédiatement
elle se sentit enveloppée d'un parfum délicieux qui l'embauma pendant
plusieurs minutes. A partir de ce moment, sans recourir à aucun remède
humain, l'enfant alla de mieux en mieux, et le dernier jour de la
neuvaine, qui était celui de la Toussaint, elle était complètement
guérie.
Suit la signature des parents.
115.
A., Belgique, 2 décembre 1910.
Le soussigné E. T., vicaire de Saint-Augustin à A., atteste que Mlle
Marie V., âgée de 74 ans, portait depuis quatre à cinq ans sur la joue
droite une espèce de durillon bien vilain. Ce mal, tout petit dans les
commencements de son apparition, se développait peu à peu et prenait
dans ces derniers temps des proportions inquiétantes, à tel point qu'on
songea à le faire enlever par une opération chirurgicale; mais on
craignait un résultat désastreux, surtout pour une personne d'un âge si
avancé. En un mot, il s'agissait d'un cancer.
Au mois de novembre dernier, une religieuse du Carmel de M... envoya à
l'intéressée une petite relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, avec
conseil d'appliquer la relique sur la partie malade et d'invoquer avec
confiance la petite sainte. Il fut fait ainsi; et, dés le premier jour
de la neuvaine, après qu'on eut appliqué la relique, le durillon
commença à diminuer progressivement.--Il noircit, blanchit, enfin se
détacha et disparut.
Les membres de la famille et les connaissances de Mlle V. sont
unanimes à exprimer leur grand étonnement au sujet de cette disparition
merveilleuse, disparition coïncidant d'une façon surprenante avec
l'application de la relique ainsi qu'avec les prières de la neuvaine.
Le soussigné déclare avoir suivi les différentes phases du développement
et surtout de la disparition rapide et extraordinaire de ce mal si
inquiétant.
Abbé E. T., _vicaire_.
116.
Carmel de Tulle (Corrèze), novembre 1910.