L. B.

71.

Monastère de X.. Canada, 18 janvier 1910.

Je venais à peine d'achever la lecture du récit des grâces

extraordinaires que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus accorde de tous

côtés, que l'occasion s'est présentée pour moi d'avoir recours à sa

puissance sur le divin Cœur de Jésus.

Un de nos frères qui travaille au moulin s'était fait une blessure

grave. Il venait de descendre au bas du moulin (à la turbine) lorsqu'il

s'aperçoit que quelque dérangement se produisait à l'étage supérieur. Il

remonte précipitamment l'escalier, quand tout à coup le couteau qu'il

porte toujours suspendu à la ceinture est venu heurter le manche contre

le degré de l'escalier, et la lame sur laquelle il a frappé de toute sa

force est entrée profondément dans le genou, entre la rotule et le

kondyle; cette lame, de 6 centimètres de long, était si fortement

engagée que le pauvre frère ne pouvait la retirer. Mais le plus grand

mal venait de ce que le sang, au lieu de sortir de la plaie, avait coulé

à l'intérieur; le médecin, qui ne se dissimulait pas la gravité du coup,

disait que la poche ou récipient à synovie était percé, et il eut

grand'peine à faire sortir un peu de sang au dehors; il restait au fond

du récipient, ce qui faisait craindre qu'il ne se corrompît et ne formât

un abcès. Le docteur décida, que, dans quelques jours, il faudrait

seringuer fortement la plaie.

Le travail était urgent au moulin, et personne pour remplacer notre

frère meunier. J'eus alors l'inspiration de m'adresser à la chère sainte

Thérèse de l'Enfant-Jésus. Pendant qu'on donnait des soins au blessé,

je disais intérieurement: «Puisque vous avez promis de faire descendre

du ciel une pluie de roses, _laissez tomber une petite feuille de rose

sur ce genou_.»

Tout le jour, le frère souffrit beaucoup; son estomac ne pouvait rien

supporter, pas même du liquide, et il se trouvait toujours près de

s'évanouir. Il m'a avoué depuis qu'il avait pensé à me demander les

derniers sacrements.--Nuit sans sommeil.--Le lendemain, le bon frère me

dit: «_J'ai vu Sr Thérèse cette nuit, elle était vêtue de blanc et

couronnée de fleurs blanches. Elle passa près de moi et me sourit..._»

De fait, la plaie était fermée... plus de douleur, même à forte

pression. L'obéissance seule a été capable de retenir le blessé au

repos; trois jours après, il a échappé et est revenu au moulin.

Ma reconnaissance et ma confiance sont acquises pour toujours à cette

âme privilégiée. Je la prie souvent, et mon grand désir serait d'avoir

quelque petit objet qui lui ait appartenu.

Fr. X., _prieur_.

72.

Québec, Canada, 18 janvier 1910.

Ma mère souffrait depuis longtemps de vives douleurs à un pied,

tellement qu'au mois de décembre, elle n'avait plus d'espoir que dans

une opération. Je pris alors une image de Sr Thérèse de

l'Enfant-Jésus que je plaçai le soir dans le bandage, et le lendemain

tout mal avait disparu.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 278 / 403 题