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R. R. (Orne), 10 janvier 1910.
En allant à Lisieux, le 4 août dernier, accomplir un pèlerinage à la
tombe de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, je passai à Caen pour
consulter un oculiste renommé, car je souffrais beaucoup des yeux. Il me
les trouva, en effet, très malades et me condamna à subir une opération
dans le délai d'un mois.
Sur la tombe de la petite sainte je fus délivrée de doutes cruels dont
je souffrais depuis plusieurs années, je retrouvai la paix de l'âme et
je passai des horreurs de l'enfer aux suavités du ciel. Pendant que
Sr Thérèse soulevait ainsi la montagne de ma détresse d'âme, j'eus la
pensée de lui demander de guérir aussi mes yeux. Je les appuyai sur la
croix de sa tombe avec confiance. Il me sembla alors qu'elle y mettait
du velours et le mal disparut... Je n'ai fait aucun remède et n'ai point
eu à subir d'opération. Je travaille sans fatigue à la lumière, ce que
je ne pouvais plus faire.