R. P. B.

48.

Chine, 20 juillet 1909.

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus m'a aidé auprès d'une païenne dont je

désirais plus spécialement la conversion. Pendant son sommeil, elle vit

un être ravissant et mystérieux qui lui montrait le ciel sans proférer

une parole; elle me parla longuement de son costume, et je fus frappé en

reconnaissant, dans sa description, l'habit de carmélite, absolument

inconnu au Sutchuen. A la fin, je lui montrai une image de Sr Thérèse

de l'Enfant-Jésus, devant laquelle elle s'écria, comme en présence d'une

découverte: «Mais c'est cela, mais c'est bien cela! je la reconnais!»

Elle va donc se faire instruire; déjà ses deux enfants étudient chez moi

depuis une semaine.

R. Père A.

49.

Monastère de la Visitation de Caen (Calvados), 25 juillet 1909.

Vers le mois de décembre 1908, je commençai à souffrir de l'estomac; je

pus cependant encore continuer les travaux de nos sœurs converses

jusqu'au mois de février. Mais au commencement de ce mois, je fus prise

de douleurs si aiguës qu'il me semblait qu'une bête me dévorait

l'estomac. Quand ces douleurs me prenaient, je ne pouvais plus marcher,

et lorsqu'il me fallait prendre un peu de nourriture, elles augmentaient

encore.

Le docteur, ayant reconnu un ulcère, me condamna au repos complet et me

fit suivre un régime qui consistait à ne prendre que du lait coupé d'eau

de Vals. Mais bientôt les vomissements reprirent et devinrent plus

fréquents; quatre à cinq fois par jour, je rejetais le peu de lait que

je prenais, et chaque vomissement était mêlé de sang.

Me voyant dans ce triste état, je fus inspirée de faire une neuvaine à

S' Thérèse de l'Enfant-Jésus. Nous la commençâmes le jeudi 24 juin; nos

sœurs la firent avec moi. Pendant la neuvaine, les souffrances ne

firent qu'augmenter; malgré cela ma confiance était inébranlable.

Le dernier jour de la neuvaine, vers midi, j'eus une crise très forte;

il me semblait que l'on m'arrachait l'estomac, la douleur était la même

dans le dos; cela dura un quart d'heure à peu près.

A 1 heure, sœur Françoise-Thérèse (LÉONIE), sœur de la bien-aimée

petite Thérèse de l'Enfant-Jésus, me donna à boire un peu d'eau dans

laquelle elle avait mis un pétale de rose dont Sr Thérèse de

l'Enfant-Jésus s'était servie pour caresser son crucifix, et, en même

temps, notre Mère, pleine de foi en la puissante intercession de la

petite sainte, se mit à genoux et dit un _Laudate_ et un _Gloria Patri_.

Sa confiance ne fut pas déçue... Aussitôt que j'eus pris cette eau

miraculeuse, je sentis quelque chose de très doux qui cicatrisait la

plaie.

A partir de ce moment, je ne ressentis plus aucune douleur, mais une

faim dévorante. Je bus aussitôt une tasse de lait qui passa très bien,

puis, jusqu'au soir, j'en bus un litre et j'avais encore faim.

Le lendemain, au déjeuner, on me servit comme la communauté: je mangeai

de l'omelette, des pois, de la salade... Enfin, je me trouve aujourd'hui

dans un état de santé des meilleurs. J'ai fait une neuvaine d'action de

grâces pour remercier ma chère bienfaitrice, mais mon cœur aura pour

elle une éternelle reconnaissance.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 260 / 403 题