E. BARROYER.

8.

P. R. (Bretagne), 7 janvier 1907.

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus vient de m'accorder une grâce inespérée

de conversion.

A la fin d'une neuvaine à cette petite sainte, une femme âgée, en état

de péché mortel dès avant sa première Communion qui fut mauvaise, après

une vie toute de désordres, de scandales et de sacrilèges, s'est sentie

prise d'un tel repentir, après avoir contemplé cinq minutes au plus

l'image de la Sainte Face, peinte par une de vos sœurs, qu'elle a

fondu en larmes et a voulu faire au plus tôt sa confession générale.

Vous dire son bonheur actuel et sa reconnaissance envers Sr Thérèse

de l'Enfant-Jésus est chose impossible.

9.

R. (Bretagne), 11 janvier 1907.

Au mois de juillet dernier, ma santé, déjà ébranlée par une longue

maladie d'estomac, me laissa dans un état de langueur difficile à

décrire; j'étais devenue si maigre qu'il me fut bientôt impossible de

faire un mouvement. Je m'alitai le 20 juillet, et, depuis ce jour,

incapable même de soulever ma tête sur l'oreiller, je fus obligée de me

confier complètement aux religieuses qui me soignaient. Cependant, mon

état s'aggravait encore: mon bras droit, devenu paralysé, me refusait

tout service; et les médecins me condamnèrent.

Ma sœur aînée, Carmélite à A., eut la pensée d'invoquer la sainte

Vierge, par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, pour

obtenir ma guérison. Deux neuvaines successives n'amenèrent aucune

amélioration. Enfin, nous commençâmes une troisième neuvaine, et la

Prieure des Carmélites m'envoya une relique de la robe de Sr Thérèse,

m'engageant à la porter sur moi. Pendant cette troisième neuvaine, mon

état devint plus alarmant, les médecins, perdant tout espoir, cessèrent

leurs visites; mes parents et les autres personnes qui m'entouraient

reconnurent que c'était la fin. Je reçus l'extrême-onction le 29 août au

soir; et, dans la pensée de chacun, tout devait être fini le lendemain

matin.

Ma mère eut cependant un dernier espoir; elle écrivit aussitôt au

sanctuaire de Notre-Dame des Victoires pour demander une messe. Nous

recourions ainsi de nouveau à la sainte Vierge, toujours par l'entremise

de la petite Sr Thérèse.

La messe fut célébrée le lendemain à 10 h. 1/2; pendant ce temps les

supplications redoublèrent, et cette fois le ciel se laissa fléchir.

Pendant la messe, une vigueur toute nouvelle me transforma: Sr

Thérèse, le dernier jour de la troisième neuvaine, exauçait enfin nos

prières en me guérissant.

MARIE-THÉRÈSE L. (22 ans).

10.

Carmel de Nîmes exilé à Florence, Italie, 3 avril 1907.

Avec quel bonheur je viens vous dire le miracle opéré par notre

angélique Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Aidez-nous à lui dire merci!

Oh! qu'elle est puissante, ma Mère!

Sr Joséphine, l'une de nos sœurs converses, fut atteinte, le 18

janvier 1907, d'une pneumonie déclarée infectieuse. En quatre jours,

elle fut à toute extrémité, la fièvre montait à 43°. Aussitôt que je

compris la gravité du mal, je m'adressai avec une confiance inébranlable

à l'ange de Lisieux; je plaçai son image au chevet du lit de la malade

qui, elle, ne désirait pas guérir.

Cependant, le sixième jour de la maladie, le docteur ne nous laissa

plus aucun espoir, et nous avertit de lui faire recevoir les derniers

sacrements, craignant un dénouement fatal pour le lendemain.

Je voulus passer cette dernière nuit auprès de notre chère enfant: mais

nos sœurs m'obligèrent à aller prendre un peu de repos, ce que je fis

pour ne pas les contrister, mais en redoublant mes instantes prières à

notre sœur du Ciel.

Vers 2 heures du matin, je fus réveillée par une force mystérieuse,

j'avais l'intuition que notre Sr Joséphine était à l'agonie.

J'accourus immédiatement et la trouvai, en effet, sur le point de rendre

le dernier soupir, elle était noire... les yeux vitrés... D'une voix

étouffée elle balbutia: «Ma Mère, je ne puis pas mourir!»

Je dis à la Mère Sous-Prieure qui me pressait de faire les prières des

agonisants: «Non, la petite Thérèse la guérira», et je récitai le Credo

avec toute l'énergie de ma foi. J'avais dans l'âme une sorte de

saisissement, comme si notre petite S' Thérèse de l'Enfant-Jésus m'eût

touchée, pour me signifier que le miracle était obtenu. Et je crus à

cette touche inoubliable et je dis tout haut: «S' Joséphine est sauvée!»

Elle l'était, en effet. La crise de suffocation s'apaisa, les yeux

reprirent de la vie et de l'éclat. Le lendemain, le docteur vint

constater lui-même la résurrection de celle dont il croyait constater la

mort. A plusieurs reprises, il s'écria: «C'est un miracle! oui, c'est

bien un miracle.»

Et maintenant, ma Révérende Mère, que vous dirai-je? Jusqu'à mon dernier

soupir, ces souvenirs resteront gravés dans mon cœur pour en rendre

grâce à Dieu.

Sr M., _prieure_.

Suit le certificat du médecin.

11.

Dinan (Côtes-du-Nord), 7 mai 1907.

Au mois de juin 1902, le jour de la Fête-Dieu, ma mère, souffrante

depuis le matin, fut obligée de se coucher. Nous croyions à une grippe,

mais, le lendemain et les jours suivants, elle fut très malade. Le

docteur vint chaque jour pendant plusieurs semaines, essayant de tout et

ne voyant pas de quelle nature pouvait être la maladie. Il était

impossible de faire prendre à ma mère aucune nourriture, les œufs

l'empoisonnaient. Elle était arrivée à un tel état de faiblesse que le

docteur ne put nous cacher la gravité du mal. Un second médecin fut

alors appelé. Tous deux disaient: «Elle se meurt.»

Madame la Supérieure de l'hospice de Dinan, très dévouée à ma famille,

ne nous cachait pas son extrême inquiétude. Un jour, la sœur qui

soignait ma mère nous appela en toute hâte. Nous montâmes, mon frère et

moi. Maman n'avait plus de connaissance, ses yeux étaient vitrés.

Epouvantés, nous envoyons chercher le docteur; il fit une piqûre d'éther

et la connaissance revint. Depuis plusieurs jours, elle ne pouvait

parler qu'avec une extrême difficulté; ce jour-là, ce fut bien pis et

les crises se renouvelèrent dans l'après-midi. Enfin, le soir, vers 8 h.

1/2, une dernière faiblesse survint. Quand la violence de la crise fut

un peu calmée, la connaissance ne revenant pas, Monsieur l'Aumônier de

l'hospice apporta les Saintes Huiles. Mon frère et moi, nous étions

comme fous de douleur. Alors, je me rappelle que nous avions une relique

de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus: c'étaient des cheveux. Je la mets au

cou de maman: immédiatement elle s'endort. Quelques heures après, elle

se réveille, parlant parfaitement; elle me dit qu'elle était très bien.

La sœur et moi n'eûmes pas un instant de doute, ce n'était pas un

mieux trompeur. Maman était guérie. Le lendemain elle s'est levée, a

voulu manger des œufs; je ne les lui donnai qu'en tremblant, mais ils

ne lui firent aucun mal. Le docteur vint encore pendant plusieurs jours,

car il ne voulait pas croire à cette guérison. Il fut bien forcé de

convenir de la vérité.

Est-il nécessaire de vous dire, ma Révérende Mère, quels furent notre

bonheur et notre reconnaissance. Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, une

fois de plus, _avait fait du bien sur la terre_.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 211 / 403 题