Jésus te présente la croix, une croix bien pesante! et tu t'effraies de
ne pouvoir porter cette croix sans faiblir; pourquoi? Notre Bien-Aimé,
sur la route du Calvaire, est bien tombé trois fois, pourquoi
n'imiterions-nous pas notre Epoux?
Quel privilège de Jésus! Comme il nous aime pour nous envoyer une si
grande douleur! Ah! l'éternité ne sera pas assez longue pour l'en bénir.
Il nous comble de ses faveurs, comme il en comblait les plus grands
saints. Quels sont donc ses desseins d'amour sur nos âmes? Voilà un
secret qui ne nous sera dévoilé que dans notre patrie, le jour _où le
Seigneur essuiera toutes nos larmes_[192].
Maintenant, nous n'avons plus rien à espérer sur la terre, _les fraîches
matinées sont passées_[193], il ne nous reste que la souffrance! Oh!
quel sort digne d'envie! Les Séraphins dans les cieux sont jaloux de
notre bonheur.
J'ai trouvé ces jours-ci cette parole admirable: «_La résignation est
encore distincte de la volonté de Dieu, il y a la même différence qui
existe entre l'union et l'unité; dans l'union on est encore deux, dans
l'unité on n'est plus qu'un._»[194]
Oh! oui, ne soyons qu'un avec Dieu, même dès ce monde; et pour cela
soyons plus que résignées, embrassons la croix avec joie.
Lettre IVe.