23 novembre 1865.

Le 23 novembre, Oulibo m’affirma qu’Ahmadou ne manquerait pas à sa

parole et que nous partirions, et comme le lendemain était un vendredi,

j’allai après le salam saluer Ahmadou, qui répondit à ma demande

éternelle que l’affaire de l’armée n’était pas terminée. En même temps

je vis Tierno Abdoul Kadi, qui essayait de palabrer avec les Talibés

récalcitrants, mais qui ne réussissait pas.

Les derniers jours du mois se passèrent à recevoir de fausses nouvelles,

dont quelques-unes étaient assez menaçantes pour m’empêcher d’aller

importuner Ahmadou ; heureusement elles étaient presque aussitôt

démenties que publiées.

Je commençais à être exaspéré de ces retards ; je ne savais plus que

faire.

Je consultai le docteur qui, par extraordinaire, fut d’avis qu’il

fallait attendre quelques jours avant de faire un éclat.

Décembre 1865.

Enfin, avec le mois de décembre les menaces des Bambaras s’évanouirent.

Badara Tunkara mêlait ses supplications aux nôtres pour obtenir

d’Ahmadou de se mettre en route, mais la dispute d’Ahmadou et des

Talibés durait toujours, et ce ne fut que le 11 décembre qu’ils

consentirent à demander pardon à Ahmadou de leur entêtement à ne pas

sortir, sans recevoir de cadeaux. Encore ce fut à l’influence d’Abdoul

Kadi que fut dû ce résultat.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 261 / 368 题