Au jour, j’allai saluer Ahmadou ; il était couché sur une simple natte,
en plein air, à plus de 100 mètres du camp, entouré de ses plus fidèles
Talibés ; il ne rentra qu’à 8 heures et demie. La journée se passa
tranquillement jusqu’au soir, où il y eut une vive fusillade du côté des
Sofas. C’étaient les Bambaras qui, entrés la veille dans la ville et
n’ayant rien trouvé à manger, disaient les déserteurs de Sansandig,
voulaient sortir. On les repoussa, mais ils crièrent : « Faites ce que
vous voudrez, nous sortirons tout de même. » En effet, dès la nuit
suivante, une partie au moins ressortit.
A partir de ce moment, on fut sur un qui-vive continuel. Ahmadou
maintenait l’armée nuit et jour aux postes de combat, y couchant lui-
même et ne rentrant qu’au moment des tornades.