Enfin le 6, Ahmadou appela les chefs du conseil chez lui ; deux Somonos
qui avaient été pris par les Bambaras à Banacoro, venaient de s’échapper
de chez Mari, et annonçaient que son armée avait traversé le Bakhoy, et
que depuis deux jours elle traversait le Djoliba un peu au-dessous de
Sibila. Mari avait envoyé quatorze cents hommes, mais il n’avait pas
voulu venir en personne, malgré les prières des chefs de Sansandig.
Ahmadou envoya des cavaliers en éclaireurs. Quelques chefs émirent
l’idée de faire une attaque sur le village, de tenter de le prendre
pendant qu’il était affaibli et qu’il ne pouvait résister, et avant que
ces nouveaux renforts lui arrivassent. Mais cette proposition eut peu
d’écho. On décida, sur la proposition d’Abdoul Kadi, qu’on allait faire
sortir du tata tous les Talibés, excepté deux compagnies, et qu’on se
préparerait à recevoir l’ennemi s’il venait attaquer.
Le lendemain il y eut un grand émoi ; on entendait des coups de fusil
dans le N.-E. ; mais d’informations en informations, on apprit que
c’étaient des Talibés qui avaient voulu aller, comme ils le faisaient
depuis quelque temps, récolter le fognio[215] des Bambaras dans
l’intérieur, et qui avaient été reçus à coups de fusil. Plusieurs
revenaient blessés.
Le même soir, beaucoup de monde sortit du village ; mais Boubou Cissey
et ses captifs sortirent en même temps et les forcèrent à y rentrer.
Cela montrait assez la triste situation de Sansandig.