6 septembre 1865.

Enfin le 6, Ahmadou appela les chefs du conseil chez lui ; deux Somonos

qui avaient été pris par les Bambaras à Banacoro, venaient de s’échapper

de chez Mari, et annonçaient que son armée avait traversé le Bakhoy, et

que depuis deux jours elle traversait le Djoliba un peu au-dessous de

Sibila. Mari avait envoyé quatorze cents hommes, mais il n’avait pas

voulu venir en personne, malgré les prières des chefs de Sansandig.

Ahmadou envoya des cavaliers en éclaireurs. Quelques chefs émirent

l’idée de faire une attaque sur le village, de tenter de le prendre

pendant qu’il était affaibli et qu’il ne pouvait résister, et avant que

ces nouveaux renforts lui arrivassent. Mais cette proposition eut peu

d’écho. On décida, sur la proposition d’Abdoul Kadi, qu’on allait faire

sortir du tata tous les Talibés, excepté deux compagnies, et qu’on se

préparerait à recevoir l’ennemi s’il venait attaquer.

Le lendemain il y eut un grand émoi ; on entendait des coups de fusil

dans le N.-E. ; mais d’informations en informations, on apprit que

c’étaient des Talibés qui avaient voulu aller, comme ils le faisaient

depuis quelque temps, récolter le fognio[215] des Bambaras dans

l’intérieur, et qui avaient été reçus à coups de fusil. Plusieurs

revenaient blessés.

Le même soir, beaucoup de monde sortit du village ; mais Boubou Cissey

et ses captifs sortirent en même temps et les forcèrent à y rentrer.

Cela montrait assez la triste situation de Sansandig.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 231 / 368 题