21 août 1865.

Enfin, le 21, nous eûmes un nouveau spectacle, celui d’un combat naval.

Une soixantaine de pirogues essayaient de remonter le fleuve et de

passer près de la rive droite entre l’île et la berge, pour venir entrer

dans Sansandig. Pendant que les coups de fusil du camp des Somonos sur

la rive droite les assaillaient, cinq des pirogues du Macina, montées

par de nombreux Talibés, partaient de notre rive pour les attaquer. Les

pirogues des Bambaras battirent en retraite, et, avec une maladresse

inouïe, on les laissa fuir. Certes, avec vingt laptots, j’eusse pris ce

convoi en lui coupant la ligne de retraite. On avait empêché de

ravitailler le village, c’était déjà quelque chose : aussi, l’après-

midi, les armées de Sansandig venaient essayer une sortie, mais elles ne

commirent pas la même faute que la première fois, et, voyant que leur

fusillade à distance n’avait pas ébranlé les compagnies qui gardaient le

village, elles se décidèrent à rentrer.

Tout cela était mal conduit aussi bien d’un côté que de l’autre.

A ce moment, on recevait de bonnes nouvelles de Ségou. Le vieux Tierno-

Abdoul y était allé prendre le commandement de la ville, et cent Pouls

lui avaient été adjoints pour courir le pays. Ils avaient atteint sur

les bords du Bakhoy une armée de Bambaras qui venait de piller un petit

village, et l’avaient culbutée dans la rivière, en lui tuant beaucoup de

monde et lui prenant son tabala, qu’on envoyait à Ahmadou. D’un autre

côté, le bruit de l’approche d’une armée de Mari se fortifiait sans que

personne songeât à s’en inquiéter.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 227 / 368 题