12 août 1865.

Chaque jour les désertions continuaient à Sansandig, et chaque jour on

exécutait quelques prisonniers. Tous s’accordaient à déclarer que la

faim les chassait du village. L’armée de Sibila commençait à en souffrir

elle-même et voulait s’en aller ; Boubou Cissey, pour la retenir,

faisait des sacrifices ; il achetait à prix d’or les quelques animaux

qui étaient encore dans le village. Le 12 août, les captifs de la maison

de Coro Mama commencèrent à sortir ; jusque-là surveillés de très-près,

ils n’avaient pu fuir, car on savait qu’ils s’étaient soumis à Ahmadou :

ce furent les premiers hommes qui furent épargnés. Jusque-là, les femmes

seulement de la case étaient sorties. Du reste, telle était la

surveillance de Boubou Cissey, qu’à chaque poste il avait placé des

Sofas, et quand une femme demandait à sortir et aller couper de l’herbe

pour manger, elle était obligée de laisser ses pagnes et de sortir

entièrement nue pour qu’elle ne pût pas fuir. Malgré cela plusieurs

préférèrent braver toute honte et vinrent se jeter dans nos rangs sans

le moindre vêtement, tant il est vrai que la faim n’a plus de pudeur.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 222 / 368 题