Dès ce moment on ne se battit plus dehors et on se battit mollement en
dedans du tata. On cernait la maison de Mahmady Sougoulé[212] ou du
moins on essayait de la cerner ; elle avait été en partie déménagée,
mais elle était toujours le siége d’une vive résistance. Enfin, le 25,
on annonça qu’on allait l’attaquer le lendemain et chercher à en finir.
Si on y fût parvenu, on eût de là dominé tout ce quartier, on eût forcé
les chefs à l’évacuer, et ils auraient été alors bien près de leur
perte. Mais le 26 il y eut une pluie abondante et l’attaque fut remise :
des femmes sortirent du village et annoncèrent que Mahmady Sougoulé
était blessé mortellement ; c’était exagéré, mais il avait été blessé.
Le fait sur lequel on était unanime, et que, du reste, confirmait la
maigreur des gens qui sortaient, c’est que la ville manquait de vivres.
Chaque jour il en sortait du monde, et la garde était si mal faite que
dans la nuit du 28 au 29 toute une foule en sortit, sans éveiller
l’attention de notre camp, avec des bœufs porteurs, des femmes, des
enfants et même des chiens.
Par contre, chez nous, il y avait un mécontentement très-vif contre
Ahmadou, qui ne sortait pas de la case qu’il s’était fait bâtir, et
donnait de là ordres et contre-ordres.