20 juillet 1865.

Enfin, le 20, Ahmadou, après avoir palabré avec les chefs, se résolut à

tenter une attaque. Les Talibés avaient juré que s’ils entraient dans le

village ils n’en ressortiraient plus. Le lendemain matin, on attaqua, en

effet, de tous côtés, mais sans ordre, et les Sofas n’arrivèrent même

pas à la muraille. Dans le tata on gagnait quelques cases et on entrait

par les dessous dans le grand village du côté du fleuve ; mais, somme

toute, c’était une attaque manquée. Elle avait cependant produit une

émotion dans le village, car pendant l’après-midi, toute une bande de

Bambaras voulut s’enfuir. Les Poulhs du Ouala Ouala les chargèrent et

les refoulèrent, ce qui fut cause qu’Ahmadou se décida à donner l’ordre

de laisser sortir les fugitifs, sauf à courir après quand ils seraient

dans l’impossibilité de rentrer.

Cependant le village n’était pas encore aux abois, et tout en cédant du

terrain, les Bambaras ne reculaient que pas à pas et en se fortifiant de

case en case, sans rien laisser dans celles qu’ils abandonnaient ; par

contre, chez nous on devenait de plus en plus mou.

Le vieux Badara, qui commandait les Soninkés du Ségou, voulut aussi

faire une attaque. Au début du siége, je l’avais vu réciter une prière

sur une poignée de sable qu’il avait remise à un de ses Talibés, en lui

disant de la jeter contre la muraille et affirmant que (_Ché allaho_)

elle tomberait devant lui. Je ne sais si c’est à un semblable procédé

qu’il dut de faire un grand trou dans la muraille de la ville, mais il

n’y entra pas et eut plusieurs hommes blessés. Pauvre vieux ! à ce

moment il eût préféré être dans son village, qui était aussi cerné par

les Bambaras que Sansandig l’était par nous.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 215 / 368 题