8 mai 1865.

En attendant la fin de ces fêtes, diverses compagnies étaient parties

faire des razzias. Le 8 mai 1865, Aguibou vint me voir avec ses Talibés

et ses Sofas : la fête continuait. Il fut plus aimable que jamais et

même expansif. Il me répéta les nouvelles du Macina que j’avais déjà

entendu colporter, et auxquelles je n’attachais pas grand crédit, mais

il m’annonça, ce qui était plus sérieux, que des Bambaras étaient venus

se rendre à l’almami de Kénenkou.

Peu à peu et par une pente insensible la conversation devint générale et

Aguibou y mêla de temps en temps quelques paroles. Le sujet en était

léger, quelquefois obscène, et tout à fait du goût des musulmans, qui

adorent ce genre de conversation.

Enfin, avant de partir, Aguibou me fit cadeau de dix gourous, et Samba

N’diaye étant venu, il lui en fit acheter qu’il me donna encore.

Je partageai les gourous en partie entre les assistants, mais j’en mis

quelques-uns en réserve, car je commençais à y prendre goût, et

plusieurs fois, dans cette dernière expédition, j’en avais éprouvé les

bons effets.

Si aimable qu’il fût d’habitude, j’avais remarqué quelque chose

d’extraordinaire dans la manière d’être d’Aguibou ; en effet, il voulait

avoir un peu de poudre française, et en partant il avait chargé Samba

Yoro de m’en demander pour lui.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 198 / 368 题