28 janvier 1865.

Le 28 janvier, nous fûmes réveillés par le tabala ; nous nous hâtâmes de

faire nos préparatifs. Le docteur, qui, quand il m’avait vu décidé à

accompagner Ahmadou, m’avait simplement dit de demander aussi un cheval

pour lui, était prêt ; on assurait qu’Ahmadou partait à deux heures, et,

comme il avait dit à Samba N’diaye de me prêter son cheval, je lui en

fis demander un second, et il répondit de le demander à Aguibou, mais

qu’il allait d’ailleurs m’envoyer Oulibo.

En effet, vers une heure, Oulibo vint me dire qu’Ahmadou craignait pour

nous les fatigues et les dangers de l’expédition, et que si nous

voulions rester à Ségou, nous ne manquerions de rien ; que si nous

voulions partir, il ne nous en empêcherait pas, mais qu’il fallait que

nous sussions qu’il allait se battre jusqu’à la victoire et qu’il ne

reculerait pas devant les Bambaras, _Ché-Allaho_.

Il était évident qu’Ahmadou ne demandait pas mieux que de nous voir

l’accompagner ; les Talibés qui étaient avec Oulibo ne le cachaient même

pas. J’insistai et ne trouvai pas de résistance. Il avait seulement

voulu mettre sa responsabilité à l’abri en cas d’accident.

A deux heures, le second cheval arrivait, et à deux heures et demie nous

allions rejoindre Ahmadou sous les arbres de la place, dont il ne

bougeait plus depuis trois jours. On assemblait devant lui la poudre et

les balles, et, à quatre heures, après le salam, on en fit la

distribution aux porteurs qui commencèrent tout de suite à se mettre en

marche. J’emmenais tous mes hommes, à l’exception de Boukary Gnian, qui,

ayant un gros abcès, ne pouvait marcher.

Les munitions se composaient de :

140 barils de poudre du pays, d’environ 30 kilogrammes l’un ; soit

4200 kilogrammes.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 156 / 368 题