13 septembre 1864.

Samba N’diaye lui-même essaya de nous intimider, et, sachant fort bien

que le docteur ne l’aimait pas, il me prit à part. L’occasion était

belle ; j’étais seul avec lui. Je fis semblant de croire à ses craintes

sur notre départ et je lui dis d’un air profondément triste que j’étais

résolu à mourir plutôt que de rester à Ségou sans savoir jusqu’à quand

j’y resterais ; que j’étais las et dégoûté de tous les mensonges de la

ville, aussi bien de ceux qui concernaient les Bambaras que de ceux qui

venaient du Macina ; que lui-même m’avait trompé en m’affirmant que je

partirais pour Hamdallahi après l’arrivée de l’armée de Nioro, et que je

ne resterais que lorsque Ahmadou lui-même, qui, disait on, ne mentait

jamais, m’aurait donné une assurance au sujet de mon retour à Saint-

Louis ou de mon départ pour le Macina.

Et pour exciter son zèle je lui fis confidence d’un projet que j’avais

de remonter le fleuve avec des bateaux à vapeur, des canons et de venir

donner un coup de main à Ahmadou pour soumettre tout le pays.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 136 / 368 题